De nombreuses mycoses peuvent toucher l'être humain. La plupart des mycoses se manifestent localement et superficiellement sur la peau. Cependant, il arrive parfois que des organes soient également touchés. Selon le type précis de mycose, différents traitements sont nécessaires pour la combattre. C'est pourquoi il est important d'identifier précisément l'agent pathogène à l'aide d'un diagnostic fongologique minutieux.
Le diagnostic médical des mycoses comprend toujours une anamnèse (entretien avec le patient) et un examen physique. En cas de diagnostic incertain, on procède en outre à une analyse en laboratoire d'un échantillon de tissu et à la mise en culture du champignon.
On entend par anamnèse l'entretien entre le patient et le médecin. Elle constitue toujours la première étape d'un diagnostic. Le médecin vous interrogera notamment sur
- vos symptômes,
- des facteurs de risque éventuels et
- antécédents médicaux.
L'anamnèse fournit au médecin des indications importantes sur la maladie en question.
À quelles questions dois-je m'attendre lors de l'évaluation des facteurs de risque ?
Le médecin cherchera à identifier les facteurs pouvant indiquer une déficience immunitaire. Les agents fongiques peuvent s’implanter plus facilement chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Attendez-vous donc à des questions sur
- antécédents médicaux,
- d'allergies et
- votre état de santé actuel.
Le médecin souhaitera notamment savoir si vous souffrez des maladies suivantes :
Les informations concernant les blessures de toute nature peuvent également être utiles au médecin pour établir un diagnostic fongique. Les blessures, même les plus petites, permettent aux agents pathogènes de pénétrer facilement dans l'organisme. Si vous avez récemment eu une plaie ouverte ou une blessure, vous devez en informer le médecin. Même une petite coupure peut être significative dans ce contexte.
Le médecin vous interrogera également sur vos voyages passés. Ceux-ci peuvent également jouer un rôle. Certaines mycoses sont plus fréquentes sous certaines latitudes. Ainsi, les champignons du genre Coccidioides ne se trouvent que dans les régions désertiques du continent américain.
Des voyages récents dans ces régions ainsi que des symptômes correspondants indiquent donc la présence d'un agent pathogène spécifique.
Questions sur les symptômes et les troubles
En cas d'infection superficielle, les symptômes et la lésion sont généralement très faciles à localiser. Parmi les symptômes typiques d'une infection fongique superficielle, on trouve
- une rougeur de la peau,
- une forte desquamation de la peau,
- des sensations de brûlure et des démangeaisons,
- une suintation de la peau,
- formation de vésicules,
- présence de pus ainsi que
- des plaies sanglantes sur la peau.
L'agent pathogène peut facilement pénétrer dans l'organisme par des lésions cutanées. Dans le pire des cas, cela peut entraîner une mycose systémique.
Une mycose systémique peut se manifester par une forte fièvre et un malaise général. Les symptômes n'apparaissent toutefois qu'un certain temps après l'infection par l'agent pathogène.
En cas d'atteinte pulmonaire, une détresse respiratoire grave survient dans la plupart des cas. Si les symptômes ne s'atténuent pas après quelques jours, consultez un médecin pour en déterminer la cause.
La prochaine étape en cas de suspicion d'infection fongique est l'examen physique. Celui-ci permet de bien diagnostiquer une infection superficielle. Le médecin, généralement un dermatologue, examine alors attentivement la zone touchée.
Grâce aux symptômes typiques, il peut souvent déjà cerner plus précisément l'agent pathogène responsable de la mycose. Ainsi, dans le cas d'une candidose oropharyngée, on observe par exemple des dépôts jaunâtres-blanchâtres sur la muqueuse de la bouche et de la gorge.
En cas d'infection fongique systémique, l'examen s'avère beaucoup plus difficile. Peu après l'implantation de l'agent pathogène, l'infection systémique est difficilement distinguable d'une infection bactérienne. Cela conduit souvent à des erreurs de diagnostic et à un retard dans le début du traitement.
Dans de rares cas, le patient peut même décéder des suites de l'infection fongique en raison d'une mauvaise évaluation du médecin. Cela fait du diagnostic précoce d'une infection systémique un véritable défi.
Les techniques d'imagerie sont utiles pour diagnostiquer une mycose systémique. Une tomodensitométrie (TDM) des poumons ou du cerveau peut mettre en évidence la présence d'une mycose.
Cette étape n'est pas nécessaire pour toutes les mycoses. Toutefois, en cas de diagnostic incertain, l'identification précise de l'agent pathogène est très importante pour le traitement.
La détection microscopique d'un agent pathogène fongique consiste tout d'abord à confirmer la présence effective d'une mycose. Au microscope, il est possible de déterminer si c'est un champignon ou une autre affection qui est à l'origine des symptômes.
Vient ensuite l'identification de l'agent pathogène en cause. Le médecin peut ainsi adapter le traitement précisément à cette infection fongique.
Pour l'examen microscopique, le médecin prélève un échantillon de tissu dans la zone touchée. Celui-ci est ensuite examiné au microscope en laboratoire.
Souvent, la mise en culture d'un échantillon fongique est nécessaire pour identifier l'agent pathogène. Cela permet de déterminer avec précision, après quelques jours à plusieurs semaines, quel agent pathogène est à l'origine de l'infection.
En matière de diagnostic médical, on distingue les genres fongiques suivants :
- dermatophytes (champignons filamenteux),
- les levures et
- moisissures.
Prélèvement d'un échantillon de tissu pour la détection microscopique
La détection des agents pathogènes au microscope et la mise en culture de champignons fournissent des résultats précis. Il s'agit là des méthodes standard du diagnostic fongologique.
Il est désormais également possible de procéder à une identification moléculaire de l'agent pathogène. Cette méthode consiste à identifier des segments génétiques spécifiques au type de champignon concerné. Elle est toutefois très coûteuse et ne fait donc pas encore partie des procédures de diagnostic de routine.
En cas de suspicion d'infection fongique touchant l'épiderme, les ongles ou les cheveux, la détection directe de l'agent pathogène s'effectue à l'aide d'un prélèvement. Celui-ci est réalisé de manière stérile, par exemple à l'aide d'une spatule en bois.
Si le champignon s'est implanté sur la peau, l'échantillon doit être prélevé à la périphérie de la zone touchée. C'est généralement le seul endroit où l'on trouve des champignons vivants. Ceux-ci fournissent le matériel d'échantillonnage le plus fiable pour une détection réussie de l'agent pathogène. En cas de mycose des ongles, l'échantillon est également prélevé sous l'ongle, car c'est là que la présence de champignons vivants est la plus probable.
Pour le prélèvement, on peut utiliser une curette annulaire. Il s'agit d'un instrument en forme de pince servant à prélever des échantillons de tissu.
Si des zones de peau poilues sont touchées par une mycose, le médecin a besoin de poils, y compris de la racine. À l'aide d'une pince à épiler, il arrache quelques poils de la zone touchée. Les champignons se multiplient dans le follicule pileux. Si l'on se contente de couper les cheveux, on n'obtient souvent pas d'échantillon vivant et donc utilisable pour la détection de l'agent pathogène.
Détection de l'agent pathogène au microscope
L'échantillon prélevé est ensuite déposé sur une lame de microscope avec de la potasse caustique (15 à 20 %). La potasse est une solution aqueuse fortement alcaline et corrosive d'hydroxyde de potassium. Elle libère les agents pathogènes fongiques de l'échantillon, par exemple une squame cutanée, en environ 30 minutes.
L'échantillon doit généralement être conservé dans un environnement humide afin d'éviter la formation de cristaux. Les cristaux rendraient la détection de l'agent pathogène difficile, voire impossible.
Lors de l'identification des agents pathogènes, on commence par un grossissement de 100 fois. Ce n'est qu'après un examen minutieux qu'un grossissement de 400 fois est utilisé. À ce grossissement, on peut
- des filaments fongiques (hyphes) ou
- des spores (forme de reproduction unicellulaire des champignons)
. Si celles-ci sont présentes, il est certain qu'il s'agit d'une mycose.
Les hyphes ou les spores peuvent en outre être colorés. Cela facilite la détection de l'agent pathogène. Pour ce faire, on ajoute du bleu de méthylène à la potasse caustique comme colorant.
L'utilisation de colorants fluorescents en combinaison avec un microscope à fluorescence est également possible. Après coloration d'un échantillon avec un colorant fluorescent, celui-ci est irradié avec une lumière d'une longueur d'onde spécifique. Les agents pathogènes commencent alors à émettre eux-mêmes de la lumière.
Au microscope, on utilise des filtres spéciaux qui permettent de ne voir que la lumière émise par l'échantillon. Son motif peut être utilisé pour détecter l'agent pathogène.
L'examen microscopique de l'échantillon ne permet toutefois pas encore de déterminer l'espèce ou le genre de l'agent pathogène. Pour cela, il est nécessaire de réaliser une culture fongique.
Détection des agents pathogènes par culture fongique
Pour une culture fongique, le matériel prélevé sur l'échantillon de tissu est mis en culture surdes plaques de gélose. Il s'agit de plaques de gel nutritives à base d'extraits d'algues.
Pour une détection claire de l'agent pathogène, une culture propre, exempte d'agents étrangers tels que des bactéries, des levures ou des moisissures, est nécessaire. À cette fin, on utilise des inhibiteurs et l'environnement du laboratoire doit être stérile.
Dans certains cas, des colorants sont également appliqués sur les plaques de gélose. Ils permettent de mettre en évidence les métabolites spécifiques de certaines espèces fongiques par coloration. Ils peuvent donc également être utilisés pour la détection des agents pathogènes.
Les échantillons doivent être incubés pendant deux à trois semaines à une température comprise entre 28 et 30 degrés. Ce n'est que dans le cas des cultures dites liquides que trois jours à 37 degrés suffisent généralement pour l'identification de l'agent pathogène.
Les cultures fongiques se sont alors suffisamment développées pour permettre la détection de l'agent pathogène au microscope. Le pathologiste évalue l'aspect de la culture. Certaines caractéristiques de croissance de l'échantillon permettent déjà de restreindre le champ des agents pathogènes possibles.

La culture fongique permet d'identifier précisément l'agent pathogène fongique © luchschenF | AdobeStock
La mise en évidence proprement dite de l'agent pathogène s'effectue au microscope.
Une fois que la culture de l'échantillon s'est suffisamment développée au bout de deux à trois semaines, on procède à l'identification de l'agent pathogène au microscope, en plus de l'évaluation de son aspect.
Pour ce faire, une partie de la culture de dermatophytes est prélevée et déposée sur une lame imprégnée d’une solution colorante. On utilise généralement du bleu de méthylène pour colorer l’échantillon.
La disposition spécifique des filaments fongiques, des fructifications et des spores permet alors d'identifier l'espèce.
La culture fongique présente également l'avantage de permettre de tester des options thérapeutiques. Il est ainsi possible de vérifier l'efficacité d'un médicament sans que le patient ait déjà à le prendre.
L'identification définitive de l'agent pathogène peut prendre plusieurs semaines en raison de la culture fongique.
En cas de mycose systémique, il est toutefois nécessaire d'agir rapidement afin d'empêcher l'agent pathogène de se propager davantage. C'est pourquoi un traitement par antifongiques est souvent déjà mis en place, même si l'identification de l'agent pathogène n'est pas encore terminée.
On utilise alors généralement des antifongiques à large spectre. Ceux-ci ne combattent pas un seul agent pathogène, mais plusieurs à la fois. Il peut toutefois arriver que le traitement ne soit pas efficace, car l'agent pathogène spécifique n'est pas ciblé.
Un diagnostic précoce de la mycose et la mise en place d'une culture fongique revêtent donc une grande importance.