Les pathologies courantes prises en charge par les services de neurochirurgie sont les suivantes :
Les autres domaines de spécialité des neurochirurgiens comprennent la chirurgie de la base du crâne, la neurochirurgie mini-invasive et la neuroendoscopie, la neurochirurgie fonctionnelle et la stéréotaxie, la neurotraumatologie et la médecine intensive, ainsi que la neurochirurgie pédiatrique, qui traite les particularités et les malformations du crâne et du système nerveux central chez l'enfant (par exemple, l'hydrocéphalie, les déformations crâniennes, les méningocèles).
Pour la planification et la réalisation précises d'une intervention neurochirurgicale, on utilise souvent des méthodes d'examen de pointe (par exemple, la tomodensitométrie, l'imagerie par résonance magnétique (IRM), l'angiographie).
La neurochirurgie traite les affections du système nerveux central et périphérique qui peuvent être traitées par voie chirurgicale @ romaset /AdobeStock
Ponction du corps calleux
Procédure de neurochirurgie consistant à percer le corps calleux (corpus callosum) dans le cerveau afin de permettre l'écoulement du liquide céphalo-rachidien (LCR). Cela permet de réduire la pression intracrânienne.
Dérivation cérébrale (dérivation du liquide céphalo-rachidien)
Dispositif médical utilisé en neurochirurgie (généralement un tube) permettant de drainer l'excès de liquide céphalo-rachidien des ventricules cérébraux vers l'intérieur du corps. Cela permet de ramener la pression intracrânienne à un niveau normal.
Le plus souvent, un fin tube en plastique est inséré sous la peau depuis la tête jusqu'à une autre cavité corporelle (par exemple la cavité abdominale ou l'oreillette du cœur), dans laquelle le liquide céphalo-rachidien accumulé peut s'écouler. Le shunt cérébral est notamment posé en cas d'hydrocéphalie (dilatation pathologique des cavités remplies de liquide céphalo-rachidien dans le cerveau).
Callosotomie
Procédure chirurgicale en neurochirurgie aujourd'hui rarement utilisée comme solution de dernier recours pour le traitement de l'épilepsie, consistant à sectionner chirurgicalement le corps calleux, qui relie les deux hémisphères cérébraux.
L'état du cerveau après cette section est appelé « cerveau divisé » (split brain). Cette intervention permet de réduire la fréquence des crises toniques, atoniques et tonico-cloniques secondaires généralisées.
Dénervation
Procédure de neurochirurgie consistant à interrompre totalement ou partiellement les voies nerveuses entre un organe et le cerveau ou entre une zone du cerveau et ses connexions nerveuses.
Chirurgie de l'épilepsie
Procédure de neurochirurgie éprouvée et reconnue pour le traitement de l'épilepsie focale, pratiquée dans des centres spécialisés.
Elle consiste à retirer la zone cérébrale responsable de la crise épileptique. L'électrocorticographie permet de localiser très précisément le tissu nerveux à l'origine de la crise. L'implantation temporaire d'électrodes sous le crâne ou dans le cerveau permet d'obtenir des informations précises sur l'origine de la crise et sur les conséquences possibles de l'opération sur les capacités mnésiques.
L'épilepsie est la maladie neurologique la plus fréquente @ Tunatura /AdobeStock
Drainage ventriculaire externe
En neurochirurgie, le drainage ventriculaire externe consiste à évacuer le liquide céphalo-rachidien (LCR) du système ventriculaire (système de cavités) du cerveau.
Spirale détachable de Guglielmi (DGC, coiling, occlusion endovasculaire d'anévrisme)
En neurochirurgie, spirale en platine étirée, souple et très fine, généralement utilisée pour l'occlusion d'anévrismes des artères cérébrales. Elle est introduite à l'aide d'un microcatheter à l'intérieur d'un vaisseau jusqu'à l'anévrisme, puis placée à l'intérieur de celui-ci.
Une fois en place, elle reprend sa forme spiralée et forme un enchevêtrement (coil).
Hémisphérectomie
Intervention neurochirurgicale rarement pratiquée, consistant à retirer un hémisphère cérébral. Elle est utilisée pour traiter les cas les plus graves d’épilepsie.
Capsulotomie
Procédure de neurochirurgie très rarement pratiquée, consistant à sectionner de manière stéréotaxique (la tête du patient est solidement fixée dans un cadre) les faisceaux de fibres de la capsule interne (une zone spécifique du cerveau). Cette intervention est utilisée dans le traitement des troubles psychiatriques résistants aux traitements (par exemple, les troubles obsessionnels compulsifs sévères ou les troubles dépressifs).
Craniectomie
Procédure de neurochirurgie consistant à retirer une partie de la voûte crânienne. Cette intervention neurochirurgicale permet de créer de l'espace pour le volume supplémentaire en cas d'hypertension intracrânienne. Le fragment osseux retiré peut être remis en place ultérieurement.
Craniotomie
Procédure standard de neurochirurgie consistant à ouvrir l'os crânien.
Laminectomie
Technique chirurgicale en neurochirurgie de la colonne vertébrale consistant à retirer l'arc vertébral et l'apophyse épineuse d'une ou plusieurs vertèbres. D'une part, cela permet de créer de l'espace pour une opération de la moelle épinière ou d'un disque intervertébral ; d'autre part, cela permet de soulager la moelle épinière en cas de pression trop élevée (par exemple en raison d'une tumeur dans le canal rachidien).
Décompression microvasculaire (opération selon Jannetta)
Procédure de neurochirurgie consistant à retirer les connexions pathologiques entre les artères et les nerfs crâniens dans le fossé crânien postérieur. Pour ce faire, on procède d'abord à une ouverture du crâne (trépanation), puis on identifie les connexions pathologiques entre les vaisseaux et les nerfs et on les élimine en intercalant un coussin de tissu musculaire ou de petites éponges en téflon.
Neurochirurgie endoscopique mini-invasive
Procédure diagnostique de neurochirurgie consistant à examiner, à l'aide d'un encéphaloscope ou d'un ventriculoscope, les ventricules (cavités internes du cerveau) ou les formations de cavités pathologiques dans le cerveau (par exemple, un abcès).
Neurolyse
Méthode chirurgicale en neurochirurgie consistant à éliminer, par microchirurgie, les rétrécissements d'un nerf (souvent dus à des adhérences cicatricielles) et, par conséquent, la pression exercée sur le nerf.
Neuronavigation
Procédure chirurgicale assistée par ordinateur en neurochirurgie, permettant de planifier des opérations au niveau du cerveau et facilitant l'orientation spatiale peropératoire. Grâce à la neuronavigation, la zone opératoire en cours de traitement et l'instrument chirurgical sont localisés et représentés avec précision sur des images tridimensionnelles du patient, obtenues par tomodensitométrie (TDM), imagerie par résonance magnétique (IRM) et échographie.
Neurotomie (section nerveuse)
En neurochirurgie, on appelle neurotomie la section complète ou partielle d'un nerf (dénervation) sans perte de substance.
Nucléotomie
En neurochirurgie, le terme de nucléotomie désigne l'intervention chirurgicale pratiquée en cas de hernie discale, au cours de laquelle les parties du disque intervertébral qui ont fait saillie sont retirées du canal rachidien ou du canal nerveux spinal.
Les parties du disque hernié exercent une pression sur les nerfs de la moelle épinière, ce qui peut entraîner des paralysies musculaires et des troubles de la sensibilité cutanée, mais aussi une incontinence urinaire et fécale.
Réservoir d'Ommaya (réservoir de Rickham)
Un réservoir d'Ommaya est un système de cathéter implanté en neurochirurgie dans le système ventriculaire du cerveau et fréquemment utilisé pour la chimiothérapie locale des tumeurs cérébrales.
Psychochirurgie
Domaine de la neurochirurgie qui englobe d'une part les interventions chirurgicales sur le cerveau visant à traiter des troubles psychiques graves (par exemple la schizophrénie, le trouble obsessionnel compulsif), mais aussi le traitement neurochirurgical des formes sévères d'autres maladies (par exemple le syndrome de Parkinson, le syndrome de Tourette, épilepsie).
Chirurgie cérébrale stéréotaxique
Procédure de neurochirurgie mini-invasive dans laquelle la tête du patient et les instruments médicaux sont fixés dans un cadre solidement vissé.
Les chirurgies cérébrales stéréotaxiques sont souvent associées à une imagerie en temps réel par tomodensitométrie, imagerie par résonance magnétique ainsi qu’à un guidage assisté par ordinateur des instruments. Cela permet un déplacement précis et pratiquement sans risque de lésion à l’intérieur du cerveau.
Cette technique neurochirurgicale est utilisée pour
- le diagnostic de lésions profondes,
- le prélèvement d'échantillons cellulaires,
- l'ablation de tumeurs cérébrales (stéréotaxie oncologique) et de malformations vasculaires dans le cerveau, ainsi que
- au traitement des troubles du mouvement (par exemple, tremblements, syndrome de Tourette, maladie de Parkinson) et de certaines formes de douleurs chroniques (stéréotaxie fonctionnelle).
Thalamotomie
Intervention chirurgicale stéréotaxique du cerveau pratiquée en neurochirurgie en dernier recours, au cours de laquelle certaines zones du thalamus sont désactivées par coagulation.
Cette procédure neurochirurgicale est utilisée en cas de douleurs sévères, impossibles à traiter par d’autres moyens (dans les bras, au niveau du cou ou du visage), en cas de syndrome de Parkinson ou d’autres douleurs d’origine thalamique.
Stimulation cérébrale profonde (DBS, deep brain stimulation, « stimulateur cérébral »)
Procédure de neurochirurgie visant à corriger des dysfonctionnements d'origine pathologique. Lors de cette intervention neurochirurgicale, de fines électrodes sont implantées dans le cerveau et reliées, par des câbles placés sous la peau, à un stimulateur (situé au niveau de la poitrine ou de la partie supérieure de l'abdomen).
Le générateur d’impulsions, et donc les électrodes, envoient des impulsions électriques vers la région cible du cerveau, ce qui permet, selon la fréquence de l’impulsion, soit de stimuler, soit de désactiver cette région.
La stimulation cérébrale profonde est par exemple utilisée pour traiter la maladie de Parkinson @ Teeradej /AdobeStock
Hypothermie profonde (arrêt cardiaque hypothermique)
Procédé parfois utilisé en neurochirurgie lors d'opérations du cerveau ou pour protéger le cerveau lors d'interventions sur l'aorte, consistant à provoquer intentionnellement une hypothermie du corps humain.
Cela permet, pendant une opération du cerveau, de réduire l'irrigation sanguine du cerveau ou de l'interrompre complètement pendant un court instant.
Trépanation
La trépanation est une procédure chirurgicale consistant à ouvrir mécaniquement des cavités osseuses ou autrement fermées. En neurochirurgie, la craniotomie (ouverture chirurgicale du crâne) est une forme de trépanation.
L'ouverture du crâne peut se faire soit par un forage, soit par le retrait d'un fragment osseux.
Si le fragment osseux prélevé du crâne est réutilisé pour refermer la plaie chirurgicale, on parle de trépanation ostéoplastique. Dans le cas d'une trépanation ostéoclastique, la plaie chirurgicale est refermée d'une autre manière (par exemple à l'aide d'implants métalliques ou en plastique).
Craniotomie éveillée
Procédure de neurochirurgie au cours de laquelle le patient est réveillé brièvement pendant l'opération (après ouverture de la voûte crânienne). Cette technique neurochirurgicale est utilisée, par exemple, en chirurgie tumorale et en chirurgie de l'épilepsie afin de déterminer la quantité de tissu cérébral pouvant être retirée sans entraîner de déficits fonctionnels.
Zingulotomie
Opération radicale du cerveau humain pratiquée en dernier recours, au cours de laquelle le gyrus cingulaire (le cingulum) est sectionné de manière permanente, ce qui modifie de façon irréversible la psyché du patient. Cette intervention neurochirurgicale est utilisée pour traiter les troubles psychiques les plus graves (par exemple, le syndrome du TOC).