La structure des articulations est très complexe, selon l'amplitude de mouvement, et présente donc de nombreuses possibilités de blessures.
Les os qui forment l'articulation sont recouverts, à leurs extrémités respectives, de fines couches de cartilage articulaire. Entre ces deux surfaces articulaires se trouve un espace étroit qui permet le mouvement : c'est ce qu'on appelle l'espace articulaire. Pour éviter que les surfaces du cartilage articulaire ne frottent à sec l'une contre l'autre, l'espace articulaire est rempli de liquide synovial. Ce « lubrifiant articulaire » nourrit le cartilage tout en assurant la mobilité de l'articulation.
Les articulations sont entourées d’une capsule articulaire qui soutient et protège l’articulation. Avec les ligaments articulaires et capsulaires, il en résulte un appareil capsulo-ligamentaire complexe qui stabilise l’articulation concernée et soutient son fonctionnement.
Cependant, ces systèmes extrêmement complexes sont également exposés à de nombreuses lésions.
En fonction de la gravité des lésions, on distingue quatre formes principales de blessures articulaires :
- contusion articulaire,
- entorse articulaire,
- luxation articulaire et
- fracture articulaire.
Les lésions du cartilage articulaire constituent une forme particulière de lésion articulaire. Elles peuvent survenir lors de contusions, de luxations ou d’entorses. Ainsi, on observe souvent, par exemple, de petits éclats de cartilage au niveau de la rotule lors de lésions du genou.
Ces fragments de cartilage peuvent entraîner, même plus tard, une usure plus importante des surfaces cartilagineuses de l'articulation. Cela peut par exemple conduire à une arthrose articulaire.
Les blessures articulaires sont généralement la conséquence d'un choc externe, par exemple une
- une torsion,
- des coups ou
- chutes.
En cas de choc très violent, comme lors d'un accident, on observe souvent des fractures ou des hémorragies.
Les blessures articulaires se reconnaissent généralement immédiatement à une douleur intense et soudaine. À cela s’ajoutent des gonflements et une limitation croissante des mouvements. Dans les cas graves, on observe également une luxation de l’articulation suite à l’accident.
Pour les premiers secours en cas de blessures articulaires, la formule PECH, facile à retenir, a été mise au point :
- Repos : l'articulation blessée doit être immobilisée immédiatement. Il convient de respecter la position de repos choisie par la personne concernée. C'est dans cette position que la douleur est la moins intense.
- Glace : le refroidissement de l'articulation blessée doit commencer très rapidement après la blessure. Pour cela, appliquez des compresses froides ou des poches de glace pendant environ 30 à 45 minutes.
- Compression : l'articulation blessée peut également être soutenue par un bandage compressif. Celui-ci soulage quelque peu la douleur. De plus, le bandage permet de maintenir en place une poche de glace ou un dispositif similaire.
- Surélévation : afin de réduire les saignements éventuels et la formation d'hématomes au niveau de l'articulation blessée, le membre concerné doit être surélevé.
En cas de blessures légères, il convient ensuite de consulter un médecin. Après un accident ou une blessure grave s'accompagnant notamment de saignements, il faut appeler les secours au 112.

Les enfants peuvent eux aussi se blesser rapidement aux articulations en tombant © famveldman | AdobeStock
Le diagnostic des blessures articulaires commence également par l'anamnèse et l'examen clinique. L'examen comprend une évaluation fonctionnelle de la mobilité articulaire ainsi que des réflexes, afin d'exclure toute lésion neurologique après un accident.
Pour évaluer l'étendue de la blessure, on a recours à des techniques d'imagerie, par exemple
Parmi les techniques diagnostiques mini-invasives, on trouve également la ponction articulaire et l'arthroscopie. Lors d'une arthroscopie, des instruments et une mini-caméra sont introduits directement dans l'articulation lésée par une petite incision chirurgicale.
Outre les premiers soins, les médicaments antidouleur et l'immobilisation de l'articulation touchée jouent généralement un rôle important au début.
En cas de luxation de l'articulation – fréquente au niveau du genou ou de l'épaule –, le médecin tentera de « remettre l'articulation en place » (réduction).
Les œdèmes consécutifs à une blessure articulaire entraînent souvent des gonflements douloureux autour de l'articulation. Dans ce cas, on pratique une ponction afin d'évacuer l'excès de liquide tissulaire et de réduire ainsi la pression exercée sur l'articulation.
Dans la plupart des cas, les blessures articulaires sont également traitées par la physiothérapie. La physiothérapie a pour objectif d’améliorer la mobilité de l’articulation. Après une immobilisation prolongée, elle vise à renforcer progressivement les muscles et les articulations.
Après des blessures articulaires graves, par exemple suite à un accident ou à une rupture ligamentaire, une intervention chirurgicale est généralement nécessaire :
- les ligaments déchirés de l'appareil ligamentaire de l'articulation sont suturés.
- En cas de fracture, les os et les parties cartilagineuses nécessitent parfois des plaques, des vis ou des agrafes pour être fixés et stabilisés. Dans ces cas, il faut s'attendre à une guérison plus longue des blessures articulaires et à une rééducation prolongée.
Plus la lésion articulaire a été grave et plus une articulation a subi de lésions au cours de la vie, plus le risque de développer l'une des séquelles à long terme est élevé. Il peut ainsi arriver, par exemple, que
- les personnes concernées développent une arthrose secondaire,
- des anomalies apparaissent lors de la consolidation osseuse,
- l'articulation devienne instable parce que l'appareil ligamentaire s'est « distendu » ou que la musculature de soutien est trop faible,
- l'articulation lésée se raidisse et devienne ainsi immobile.