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Trouble bipolaire - Informations et spécialistes

Rédaction de Leading Medicine Guide
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Le trouble bipolaire n'est pas une dépression classique. Alors qu'une dépression unipolaire s'accompagne d'une humeur dépressive, les patients atteints d'un trouble bipolaire souffrent de fluctuations émotionnelles extrêmes. Ils traversent à la fois des phases dépressives profondes et des épisodes maniaques. La manie se caractérise par une euphorie et un sentiment d'exaltation. Comme les personnes concernées oscillent entre deux pôles, la maladie est appelée « bipolaire ». 

Vous trouverez ici de plus amples informations ainsi qu'une sélection de spécialistes pour le traitement du trouble bipolaire.

Codes CIM de cette maladie: F31

Aperçu rapide :

  • Qu'est-ce que le trouble bipolaire ? Il s'agit d'une maladie mentale qui fait osciller les personnes touchées entre des dépressions profondes et des phases maniaques caractérisées par l'euphorie et une humeur exaltée.
  • Formes : la maladie se manifeste différemment selon les patients. Les médecins la classent en trouble bipolaire de type I et de type II. Il existe également des formes atténuées et des évolutions dans lesquelles les deux phases s’alternent particulièrement rapidement.
  • Symptômes: L'épisode dépressif se manifeste par les mêmes symptômes que ceux d'une dépression classique : humeur déprimée et baisse de la motivation. Les épisodes maniaques sont exactement le contraire : le patient est actif et plein d’énergie, mais aussi irritable et prêt à prendre des risques.
  • Diagnostic : comme pour toutes les maladies psychiques, le diagnostic est difficile à établir, car il nécessite la coopération du patient, c'est-à-dire des consultations régulières chez un médecin.
  • Prévalence : Entre 1 et 3 % de la population souffre d'un trouble bipolaire au moins une fois dans sa vie.
  • Causes : Les causes exactes restent à ce jour inconnues. Il est probable que divers facteurs se combinent, tels que des modifications du métabolisme cérébral ou des changements hormonaux. La prédisposition au trouble bipolaire peut également être héréditaire.
  • Traitement : Une psychothérapie, parfois associée à des médicaments, est la solution la plus efficace pour les personnes concernées. La thérapie comportementale constitue par exemple un pilier important du traitement.
  • Quel rôle jouent les proches ? Les proches du patient souffrent souvent beaucoup, car ils sont eux-mêmes affectés par ses sautes d’humeur. Les groupes d’entraide peuvent les aider à faire face à la maladie.

Aperçu des articles

En 2008, l'acteur Mel Gibson a évoqué son diagnostic dans le documentaire *Acting Class of 1977*. Il illustre parfaitement le fait que même les personnes atteintes d'une maladie mentale sont capables de grandes performances. Dans le même temps, une telle maladie comporte un risque particulier. En effet, le trouble bipolaire présente un taux de suicide accru de 15 % (taux de comorbidité élevé). (Source : Deutsches Ärzteblatt ; DOI : 10.3238)

Types de troubles bipolaires

Le trouble bipolaire évolue de manière très différente d'une personne à l'autre. C'est pourquoi le tableau clinique n'est pas toujours facile à reconnaître.

  • Les personnes souffrant de manies sévères peuvent développer des psychoses s'accompagnant, par exemple, de délires de persécution ou de mégalomanie.
  • Les personnes atteintes d'un trouble bipolaire de type I présentent des dépressions et des manies prononcées. 
  • Les personnes atteintes d'un trouble bipolaire de type II présentent également une alternance entre dépression et manie. Cependant, les phases maniaques sont moins prononcées (hypomanie).
  • La cyclothymie est une forme atténuée du trouble bipolaire. Dans ce cas, la personne concernée présente de fortes fluctuations de l'humeur pendant au moins deux ans. Celles-ci sont toutefois moins marquées que lors des phases dépressives-maniaques.
  • Dans les cas de cycles rapides, les phases maniaques et dépressives alternent fréquemment. Dans les cas les plus légers, les patients connaissent quatre phases dépressives ou maniaques au cours d’une année. Les cas extrêmes se caractérisent par des alternances quotidiennes entre dépression et manie au moins quatre jours par semaine.

Symptômes d'un épisode dépressif

Comme mentionné précédemment, les personnes en phase dépressive souffrent d’une humeur morose et d’une baisse de motivation. Elles perdent également tout intérêt pour les choses qui leur tenaient à cœur auparavant. Vous trouverez plus d’informations sur le tableau clinique de la dépression sur nos pages.

Si un épisode dépressif survient dans le cadre d'un trouble bipolaire, le diagnostic selon la CIM-10 (classification des maladies de l'Organisation mondiale de la santé) est le suivant : F31.3. Trouble affectif bipolaire, épisode dépressif actuel léger ou modéré sans symptômes psychotiques.

Les épisodes dépressifs sévères reçoivent dans ce contexte le code F31.4.

Frau mit DepressionenPendant une phase dépressive, l'humeur est abattue @ MP Studio /AdobeStock

Symptômes de la manie

Les symptômes principaux suivants caractérisent les phases maniaques :

  • Humeur exaltée
  • Irritabilité
  • Énergie accrue
  • Activité accrue

Un exemple illustrant le lien entre l'humeur exaltée et l'irritabilité : une personne en phase maniaque aiguë parle sans arrêt à sa compagne. Il lui explique qu'il veut définitivement quitter son travail et partir sur le chemin de Compostelle. Tout en parlant, il cherche sur Internet le vol qui lui convient. Il est tout feu tout flamme à cette idée. Sa compagne explique qu’elle ne comprend pas son projet. Il ne lui a jamais fait part de tels souhaits auparavant. Elle serait irritée par la légèreté avec laquelle il met son emploi en péril. Il réagit avec véhémence à ses objections et remet la relation en question.

Si une personne atteinte ne présente que des symptômes légers, les médecins parlent d’une phase hypomaniaque.

Bipolarer Mann in manischer PhaseDans les phases d'excitation extrême (manie), les personnes atteintes d'un trouble bipolaire sont exubérantes, actives, irritables, instables et agitées @ LunaLu /AdobeStock

Symptômes des phases hypomaniaques

On parle d’épisode hypomaniaque lorsque la personne concernée présente une humeur inhabituellement irritable ou euphorique pendant au moins quatre jours consécutifs.

En même temps, au moins trois des caractéristiques suivantes apparaissent :

  • Besoin de sommeil réduit
  • Comportement imprudent ou risqué
  • Sociabilité accrue
  • Loquacité
  • Problèmes de concentration
  • Agitation intérieure
  • Besoin d'activité
  • Augmentation de la libido

Au cours de ces phases, les capacités et la créativité des personnes concernées dépassent considérablement la norme. Les symptômes ne sont pas nécessairement suffisamment prononcés pour que la personne concernée soit victime d'exclusion ou perde son emploi.

Diagnostic du trouble bipolaire

Le diagnostic est difficile à établir car il existe différentes formes de l'évolution de la maladie maniaco-dépressive. Une étude prospective menée au Canada conclut qu'il s'écoule en moyenne six ans avant qu'un patient ne reçoive son diagnostic.

Pourquoi cela prend-il autant de temps ? Les maladies psychiques, dont le trouble maniaco-dépressif, ne peuvent pas encore être facilement mesurées par des analyses de laboratoire.

De nombreux patients consultent un médecin pendant une phase dépressive. Lorsqu’ils se sentent mieux parce qu’ils entrent en phase d’hypomanie, ils interrompent le traitement. Ils se sentent bien et n’ont guère conscience de leur maladie.

Autre aspect important : entre 70 et 80 % des troubles bipolaires commencent par une dépression. Certains signes spécifiques permettent de suspecter un trouble maniaco-dépressif.

Le patient est :

  • Très instable sur le plan émotionnel
  • Psychomoteur inhibé (par exemple, au niveau des expressions faciales)
  • Présente des symptômes psychotiques (délires)
  • Fait état de membres de sa famille ayant reçu un diagnostic de trouble bipolaire

De plus, la maladie débute à un âge précoce et son évolution est très fluctuante.

Fréquence des troubles bipolaires

Environ 1 à 3 % des personnes souffrent d'un trouble bipolaire au cours de leur vie. Les hommes et les femmes sont touchés à parts égales. La dépression unipolaire, par exemple, est plus fréquente chez les femmes.

La Société allemande des troubles bipolaires indique sur son site web que les personnes maniaco-dépressives souffrent souvent d'autres troubles psychiques.

Parmi celles-ci, on compte :

Le trouble bipolaire peut toucher n'importe qui. Le risque de développer cette maladie est individuel et variable. Dans la plupart des cas, la maladie se déclare au début de l'âge adulte.

Quelles sont les causes d'un trouble bipolaire ?

À ce jour, la médecine n'a pas encore pu identifier de cause claire à l'origine d'un trouble bipolaire. C'est pourquoi les experts partent du principe qu'il s'agit d'un processus multifactoriel. Cela signifie que différents facteurs, combinés de diverses manières, peuvent déclencher un trouble bipolaire. Le terme technique pour désigner ce phénomène est « modèle biopsychosocial ».

Voici quelques exemples de ces facteurs :

  • Modifications du métabolisme cérébral : les neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline se déséquilibrent
  • Facteurs génétiques : selon l'état actuel de la recherche, le trouble bipolaire n'est pas directement héréditaire, mais la prédisposition à le développer l'est.
  • Événements de vie critiques
  • Changements hormonaux (puberté, grossesse, ménopause)
  • Facteurs environnementaux : le stress chronique, les expériences traumatisantes (décès soudain d'un proche, accident) ou d'autres événements marquants peuvent être des facteurs déclenchants.

Traitement du trouble bipolaire

Les personnes atteintes d'un trouble bipolaire suivent généralement une psychothérapie. Dans certains cas, un traitement médicamenteux d'accompagnement peut s'avérer utile. Le traitement vise à réduire les symptômes actuels et à prévenir les rechutes.

Dans le traitement de la maladie maniaco-dépressive, les approches psychothérapeutiques telles que la thérapie comportementale constituent un pilier central. Avec le psychothérapeute, on prend en compte les problèmes individuels, mais aussi les points forts du patient.

La personne concernée s'entraîne à mettre en œuvre des stratégies qui l'aident à gérer sa maladie. Cela est également très important car cela lui permet de gagner en confiance en soi et de travailler activement à son rétablissement.

Dans certains cas, les médecins impliquent les proches. Si possible, cela devrait se faire dès le début de la thérapie, à condition que le patient y consente.

Les médicaments sont fréquemment utilisés dans le traitement de la manie. Ces « stabilisateurs de phase » (par exemple le lithium) ne peuvent pas empêcher à 100 % la survenue d’un nouvel épisode. Cependant, ils réduisent le risque de rechute et atténuent l’intensité d’éventuelles nouvelles poussées de la maladie. Associé à une psychothérapie, ce traitement réduit considérablement le risque de rechute.

Quelles sont les possibilités qui s'offrent aux amis et aux proches des personnes concernées ?

Les sautes d'humeur extrêmes sont très éprouvantes pour les proches et l'entourage. Il peut être utile que les proches se renseignent de manière approfondie sur les conséquences et les symptômes d'un trouble bipolaire. Cela leur permet de mieux cerner le comportement de la personne atteinte et de développer une meilleure compréhension de la maladie.

Un exercice d'équilibre permanent

Si les proches souhaitent soutenir le patient pendant une phase aiguë de la maladie, ils doivent faire preuve d’attention et de sérénité. Ils se trouvent dans un équilibre constant entre prise de distance et attention. D’une part, il s’agit de faire preuve de compassion envers la personne atteinte. D'autre part, les membres de la famille doivent veiller à ne pas s'épuiser ni à négliger leur propre vie. Un véritable défi !

Groupe d'entraide pour les proches

Pour les proches, il peut être utile de rejoindre un groupe d’entraide destiné aux proches. Ils peuvent y échanger avec d’autres personnes et y trouver du soutien. Ils se sentent ainsi compris et moins seuls.

Entraide pour les personnes concernées et services pour les « professionnels concernés »

Comme pour toutes les maladies graves, il existe des groupes d’entraide régionaux et des forums Internet destinés aux personnes concernées. La Société allemande des troubles bipolaires soutient également les professionnels de santé atteints de troubles bipolaires grâce à des services spécialisés. Pour ces groupes professionnels en particulier (notamment les médecins, le personnel soignant et les psychothérapeutes), le diagnostic représente un défi de taille.

Conclusion

Un trouble bipolaire représente un défi énorme pour les personnes concernées et leur entourage. L'aspect positif : il existe différentes offres thérapeutiques et de soutien qui améliorent la qualité de vie de tous.

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