Le cancer colorectal désigne une tumeur maligne du côlon, de l'intestin grêle ou du rectum. Cette tumeur résulte d'une transformation de cellules bénignes en cellules malignes de la muqueuse intestinale. Dans la plupart des cas, les tumeurs se développent dans le gros intestin ou le rectum. Les tumeurs de l'intestin grêle sont extrêmement rares.
Les médecins classent le cancer colorectal selon les termes techniques suivants :
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Le carcinome du côlon désigne une tumeur du gros intestin. La chirurgie du côlon traite cette forme de cancer colorectal.
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Le carcinome rectal désigne le cancer du rectum. Dans ce cas, la tumeur se situe dans la partie terminale de l'intestin.
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Le carcinome colorectal désigne les tumeurs du gros intestin et du rectum.
En Allemagne, le cancer colorectal occupe la deuxième place parmi les cancers les plus fréquents, tant chez les hommes que chez les femmes (Institut Robert Koch 2006).
En Allemagne, environ 73 000 personnes développent un cancer colorectal chaque année et environ 28 000 en meurent. Statistiquement, 6 personnes sur 100 développent un cancer colorectal au cours de leur vie en Allemagne, soit une personne sur dix-sept.
En règle générale, le cancer colorectal se développe à partir de polypes intestinaux bénins. La transformation d’un polype intestinal bénin (adénome) en cancer malin (carcinome) s’étend sur de nombreuses années (séquence adénome-carcinome).
Cette dégénérescence repose sur de nombreuses modifications génétiques successives (mutations) au niveau des cellules muqueuses de la paroi intestinale. Celles-ci entraînent finalement une perte de contrôle de la croissance cellulaire. Les cellules peuvent alors se diviser sans entrave et se propager de manière maligne.
Le processus de dégénérescence se déroule en plusieurs étapes :
Les cellules de la muqueuse commencent à se superposer localement, de sorte qu'une petite tumeur, appelée adénome, se forme progressivement. La manifestation la plus courante d'un tel adénome est le polype intestinal. Un polype se développe sous la forme d'un bourgeon visible dans la lumière intestinale. Il peut ainsi être facilement détecté lors d'une coloscopie et, le cas échéant, également retiré.

Ablation d'un polype lors d'une coloscopie | © Ortenau Klinikum, licence : CC BY 3.0
Si le polype n'est pas détecté, les mutations génétiques s'accumulent dans les cellules jusqu'à ce qu'elles se transforment finalement en cellules cancéreuses malignes. Lorsqu'elles commencent à envahir les tissus environnants, on parle de croissance tumorale « invasive ».
Les cellules tumorales envahissent lentement toute la paroi intestinale. De plus, certaines cellules peuvent se détacher et être transportées par le sang ou la lymphe vers d’autres parties du corps. Elles peuvent y former des tumeurs secondaires (métastases). On estime que l'ensemble de ce processus, du polype au cancer, s'étend sur une période de 5 à 10 ans. Le risque d'une telle dégénérescence augmente avec l'âge ; la plupart des patients atteints d'un cancer colorectal ont plus de 50 ans.
Les mutations génétiques peuvent toutefois être héréditaires (environ 20 à 30 % des cas). Cela signifie que le cancer peut se développer dès le plus jeune âge. Si le cancer colorectal est fréquent dans une famille, une vigilance particulière s’impose.
Parmi les autres facteurs susceptibles de modifier les gènes et de favoriser ainsi l'apparition d'un cancer, on peut citer notamment
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la fumée de tabac
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une consommation excessive d'alcool
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le surpoids
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mode de vie et alimentation malsains (peu de fruits, de légumes et d'activité physique)
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les inflammations chroniques (maladie de Crohn, colite ulcéreuse)
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divers produits chimiques
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rayonnement radioactif
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Rayons UV
Certaines autres formes de cancer augmentent également le risque de développer un cancer colorectal. C'est le cas, par exemple, du cancer du sein ou de l'ovaire.
Au stade précoce, le cancer colorectal ne présente généralement aucun ou très peu de symptômes. Au fur et à mesure de son évolution, les premiers signes suivants peuvent apparaître :
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modification des habitudes intestinales (alternance de constipation et de diarrhée, changements de consistance, de couleur ou d'odeur des selles, ou envie fréquente d'aller à la selle)
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présence de sang dans les selles
La présence de sang dans les selles n'est pas nécessairement synonyme de cancer colorectal. D'autres maladies sont bien plus fréquentes, telles que
. Il convient toutefois de toujours procéder à un examen approfondi dans ces cas-là !
D'autres signes d'alerte sont
Ces symptômes ne sont toutefois en aucun cas une preuve de cancer colorectal. Ils peuvent également survenir dans le cadre d'autres maladies. C'est pourquoi un examen approfondi est recommandé.
Plus le cancer colorectal est détecté et traité tôt, meilleures sont les chances de guérison. Grâce à des examens de dépistage réguliers, il est possible de prévenir ou de guérir presque totalement le cancer colorectal. Le programme de dépistage du cancer colorectal proposé par les caisses d'assurance maladie obligatoires peut et doit être utilisé par toute personne à partir de 50 ans. Jusqu'à 55 ans, on a droit à un toucher rectal et à un test de recherche de sang occulte dans les selles une fois par an.
Après 55 ans, une coloscopie est également proposée à titre préventif, même en l'absence de symptômes. En cas d'antécédents familiaux de cancer colorectal, la coloscopie peut, dans certains cas, être réalisée plus tôt. En effet, lorsqu'il est détecté à un stade précoce, le cancer du côlon a un très bon pronostic et peut être complètement guéri.

Détecté à un stade précoce, le cancer colorectal se traite bien. Le dépistage est donc très important ! © Wolfilser | AdobeStock
Méthodes d'examen pour le dépistage ou la détection du cancer colorectal
Dans un premier temps, le médecin procède à un examen palpatoire du rectum (toucher rectal). Il palpe et examine le rectum, le sphincter et la prostate. Tout résultat anormal à la palpation doit être clarifié par une coloscopie.
Le cas échéant, d'autres examens peuvent suivre. L'objectif est de
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déterminer s'il s'agit effectivement d'un cancer colorectal (détection de la tumeur),
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et, si c'est le cas, de déterminer à quel stade il en est (stade de la tumeur).
Au cours d'un entretien approfondi, le médecin vous interrogera sur vos symptômes actuels, vos comorbidités et vos facteurs de risque.
Test de recherche de sang occulte dans les selles (test de sang occulte, Hémococcult)
Le rectum, le sphincter et la prostate peuvent être palpés et examinés au doigt. Tout résultat anormal à la palpation doit être clarifié par une coloscopie.
Test de recherche de sang occulte dans les selles (test de sang occulte, Hämokkult)
Trois échantillons de selles consécutifs sont analysés en laboratoire pour détecter la présence de sang invisible à l'œil nu. En cas de détection de sang dans les selles, une coloscopie doit être réalisée pour approfondir le diagnostic.
Coloscopie
Seule la coloscopie, associée à un prélèvement de tissu, permet de détecter avec certitude un cancer colorectal. De plus, le médecin peut ainsi détecter des polypes intestinaux, qui constituent des lésions précancéreuses potentielles, et les retirer immédiatement.
Selon la partie de l'intestin examinée et l'endoscope utilisé (instrument muni d'une caméra et d'une source lumineuse), la coloscopie peut être subdivisée en :
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Coloscopie (examen flexible de l'ensemble du côlon)
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sigmoïdoscopie (examen flexible de la partie inférieure du gros intestin et du rectum)
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Rectoscopie (examen rigide du rectum jusqu'à environ 15-20 cm)

Coloscopie sans anomalie | Licence : CC-BY-SA-3.0
Radiodiagnostic, tomodensitométrie et IRM
Ces examens radiologiques ne font pas partie des examens de dépistage de routine, mais peuvent s’avérer importants dans certains cas particuliers. La tomodensitométrie (TDM) ou l'imagerie par résonance magnétique (IRM) permettent de réaliser des coupes de l'intérieur du corps. Celles-ci sont ensuite traitées à l'aide de logiciels spécialisés pour obtenir une vue en trois dimensions de l'intérieur de l'intestin.
La radiographie pulmonaire sert non seulement à l'évaluation générale du cœur et des poumons, mais aussi à la recherche d'éventuelles métastases du cancer colorectal dans les poumons. La tomodensitométrie permet de visualiser non seulement la tumeur elle-même, mais aussi d'éventuelles hypertrophies ganglionnaires ou métastases.
L'IRM n'utilise pas de rayons X, mais des champs magnétiques alternants. Cette technique permet d'obtenir la représentation la plus précise de l'étendue et de l'anatomie d'une tumeur. Cela est important pour la planification de l'intervention chirurgicale, par exemple en cas de cancer du rectum. Comme pour le scanner, elle permet également de bien détecter les ganglions lymphatiques hypertrophiés ou d'autres métastases organiques (notamment dans le foie).
Examen radiographique (lavement baryté)
Lors d'un lavement baryté, le côlon est rempli d'un produit de contraste par l'anus et visualisé sur des clichés radiographiques. Cependant, les inflammations et les petits polypes sont plus difficiles à évaluer qu'avec une coloscopie. À cela s'ajoutent l'exposition aux rayons X et l'utilisation limitée du scanner/IRM pour les patients porteurs d'implants métalliques, de stimulateurs cardiaques ou souffrant de claustrophobie.
Échographie abdominale
L'échographie (sonographie) est une méthode d'examen simple et sans risque permettant de visualiser les organes internes tels que le foie, les reins ou la rate. L'échographie de l'abdomen permet de déterminer s'il existe des métastases du cancer colorectal dans d'autres organes abdominaux (par exemple le foie).

L'échographie fait partie des techniques d'imagerie utilisées dans le diagnostic du cancer © auremar | AdobeStock
Analyses sanguines, y compris les marqueurs tumoraux (CEA)
Les analyses sanguines permettent de déterminer ce que l'on appelle les marqueurs tumoraux. Les marqueurs tumoraux sont des substances produites en plus grande quantité par les cellules tumorales, mais qui peuvent également être présentes chez les personnes en bonne santé.
Un marqueur tumoral négatif ou normal n'exclut pas un cancer, pas plus qu'un marqueur tumoral élevé ne le confirme. Ces valeurs servent donc principalement à suivre l'évolution de la maladie. Une augmentation des valeurs après une opération de la tumeur indiquerait une récidive de la maladie.
Le marqueur tumoral le plus important pour le cancer colorectal est le CEA (antigène carcino-embryonnaire).
Tomographie par émission de positons (TEP)
Les cellules cancéreuses se développent plus rapidement et consomment donc plus d'énergie et de sucre que les cellules normales. La tomographie par émission de positons permet de visualiser ce phénomène.
Pour cela, on injecte un sucre marqué, qui est absorbé plus fortement par les cellules cancéreuses actives que par les cellules normales. La répartition différente du sucre marqué est alors mise en évidence sur une image d'examen spéciale.
La TEP ne fait pas partie des examens de routine dans le cancer colorectal, mais n’est utilisée que dans des cas particuliers. Il s’agit par exemple de
Les résultats de l'examen permettent également d'évaluer le risque lié à une intervention chirurgicale (opérabilité). Cela inclut également un examen approfondi du fonctionnement des organes vitaux tels que le cœur et les poumons.
L'ablation chirurgicale de la tumeur est l'élément le plus important du plan de traitement du cancer colorectal. La chirurgie représente généralement la seule chance de guérison complète.
En général, la guérison n'est toutefois possible que si les cellules tumorales ne se sont pas encore propagées à d'autres organes. De nos jours, une guérison n'est possible dans ces cas que dans certaines situations particulières.
C'est pourquoi il est très important de procéder à une évaluation précise de l'étendue de la maladie (stade) avant toute opération.
Carcinome du côlon (cancer du gros intestin)
En cas de cancer du côlon, l'opération est réalisée dès que possible après le diagnostic et la stadification. Le patient ne peut être guéri que si la tumeur est entièrement retirée.
Pour s'en assurer, la tumeur retirée est examinée et analysée par un pathologiste après l'opération. Celui-ci contrôle à la fois les marges de la lésion et les ganglions lymphatiques retirés.
En fonction des résultats, une chimiothérapie complémentaire peut s'avérer nécessaire.

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Carcinome du rectum (cancer du rectum)
En cas de cancer du rectum, il faut d'abord, après le diagnostic, déterminer la taille exacte et la profondeur d'invasion de la tumeur.
Pour les tumeurs de petite taille, l'ablation chirurgicale immédiate est recommandée. Pour les tumeurs de grande taille, on procède généralement d'abord à un traitement préalable par chimiothérapie et radiothérapie (ou radiothérapie seule) afin de réduire la taille de la tumeur.
Cela permet de simplifier l'intervention chirurgicale et d'en réduire les risques, tout en diminuant le risque de récidive de la tumeur après l'opération.

Accélérateur linéaire médical pour la radiothérapie oncologique © Thomas Hecker / Fotolia
La radiothérapie nécessite une planification très précise. Elle est réalisée en ambulatoire pendant quelques minutes, 5 jours par semaine, sur une période d'environ 5 semaines. Là encore, il existe des effets secondaires, parmi lesquels
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la diarrhée
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des irritations cutanées (sécheresse, rougeurs)
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des décolorations cutanées occasionnelles
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indurations du tissu adipeux sous-cutané
La nécessité d'une chimiothérapie complémentaire après l'opération dépend de différents critères histopathologiques.
La radiothérapie (généralement associée à une chimiothérapie) n'est toutefois utilisée que dans le cas d'un cancer du rectum. Avant l'opération (néoadjuvante), elle sert à réduire la taille de la tumeur, tandis qu'après l'opération (adjuvante), elle vise à prévenir les récidives.
Quelles informations l'examen pathologique du prélèvement chirurgical fournit-il ?
C'est après l'opération que commence le travail du pathologiste. Celui-ci procède à l'examen histologique des échantillons opératoires. Pour ce faire, l'échantillon ainsi que tous les ganglions lymphatiques retirés sont découpés en couches très fines. S'ensuit un traitement par coloration spéciale, qui permet de mieux identifier les tissus tumoraux.
Seuls ces examens permettent de
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déterminer la taille exacte de la tumeur,
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la profondeur d'infiltration et
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le degré de différenciation
.
De plus, le pathologiste vérifie que les marges de la coupe sont exemptes de tumeur afin de s'assurer que celle-ci a été entièrement retirée. En règle générale, il assiste à l'opération. Il peut ainsi demander que des tissus supplémentaires soient prélevés si nécessaire.

Tissu intestinal grossi 400 fois. Le pathologiste peut ici détecter directement les cellules cancéreuses © lukszczepanski | AdobeStock
Classification des tumeurs
L'examen de la préparation chirurgicale permet d'obtenir des informations importantes. Cela permet une classification précise de la tumeur.
Cette classification est appelée classification TNM. Elle reflète l'étendue individuelle de l'atteinte tumorale pour chaque patient. Elle est déterminante pour la suite du traitement. Dans la classification TNM, trois critères sont évalués comme suit :
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T = Tumeur : sert à évaluer la profondeur d'invasion et l'étendue de l'atteinte tumorale sur les différentes sections de l'intestin (T1 à T4)
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N = Nodus (ganglions lymphatiques) : sert à évaluer les métastases ganglionnaires régionales (N0 = aucune, N1 = peu, jusqu'à N2 = nombreuses). Les métastases ganglionnaires sont généralement associées à un pronostic plus défavorable pour le patient ; c'est pourquoi une chimiothérapie post-opératoire est recommandée à partir du stade N1.
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M = Métastases : sert à évaluer les métastases à distance dans d'autres organes. Le stade M est classé en M0 (= aucune métastase) ou M1 (= métastases).
Stade tumoral
Sur la base des résultats tumoraux recueillis et de la classification TNM qui en résulte, une classification selon les critères de l'UICC est effectuée. On distingue 4 stades I à IV :
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Stade I : T1 ou T2 N0 M0
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Stade II : T3 ou T4 N0 M0
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Stade III : tout T N1 ou N2 M0 (présence de métastases ganglionnaires)
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Stade IV : tout T, tout N, M1 (présence de métastases à distance)
De plus, on évalue également le « grading », qui indique le degré de différenciation de la tumeur. Le degré de différenciation décrit dans quelle mesure le tissu tumoral ressemble encore au tissu intestinal d'origine. Plus le tissu est déjà dégénéré, plus le cancer est agressif :
La classification R est un autre facteur important pour le pronostic et le traitement. Elle indique s’il reste une tumeur résiduelle dans l’organisme (statut tumoral résiduel).
Pour cela, on évalue les métastases restantes dans l'organisme et les marges de la pièce opératoire. Plus la distance entre les marges et la tumeur est grande, meilleur est le pronostic pour le patient :
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R0 = plus aucune tumeur visible au niveau histologique
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R1 = présence de tumeur résiduelle au niveau histologique
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R2 = présence de tumeur résiduelle ou de métastases visibles à l'œil nu.
Aux stades III et IV de la tumeur, un traitement supplémentaire contre la récidive ou les métastases peut être envisagé après l'opération du cancer colorectal. Le suivi post-opératoire est planifié et organisé en collaboration avec tous les médecins concernés. Les conditions préalables sont les suivantes
La nécessité et la fréquence d’un suivi post-opératoire ne peuvent être évaluées qu’une fois tous les résultats disponibles.
L'objectif du suivi est de détecter le plus tôt possible si
C'est au cours des deux premières années suivant l'opération du cancer colorectal que ce risque est le plus élevé. Des contrôles réguliers sont donc indispensables. Par la suite, le risque de récidive diminue progressivement avec le temps. Les intervalles entre les contrôles peuvent donc être progressivement allongés :
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tous les 6 mois pendant les 3 premières années pour le cancer du côlon, puis une fois par an au cours des 4e et 5e années
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en revanche, pour le cancer du rectum, des contrôles tous les 3 mois sont recommandés la première année.
Au bout de 5 ans, le suivi du cancer colorectal peut généralement être interrompu.
En quoi consiste le suivi post-tumoral en cas de cancer colorectal ?
Le suivi de base comprend
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l'entretien médical
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l'examen physique
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le contrôle des paramètres sanguins
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la détermination du marqueur tumoral CEA
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une échographie de la cavité abdominale
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une radiographie pulmonaire
La coloscopie fait également partie intégrante du suivi.
En cas de cancer du côlon, il est recommandé de réaliser une coloscopie une fois par an. La rectoscopie est particulièrement recommandée en cas de cancer du rectum, notamment au début, lors de chaque examen de suivi.
La tomodensitométrie (TDM) n'est pas systématiquement utilisée dans le suivi du cancer colorectal. Elle peut toutefois être utile pour établir un bilan initial après l'opération et ainsi détecter rapidement le moindre changement.
Alimentation après une opération du cancer colorectal
Grâce à son alimentation, le patient peut, après une opération du cancer colorectal, influencer de manière ciblée
. Il n'existe toutefois ni recommandations alimentaires contraignantes, ni interdictions générales.
Éviter certains aliments
La thérapie nutritionnelle repose sur le principe d’une « alimentation complète et légère », c’est-à-dire l’évitement des aliments et des boissons qui, d’après l’expérience, entraînent souvent des intolérances. Parmi ceux-ci figurent
Il est recommandé de tenir un journal des repas et des symptômes afin d'évaluer individuellement la tolérance alimentaire.
Recommandations alimentaires
Lors d'une opération du cancer colorectal, il arrive parfois qu'une dérivation intestinale soit créée au niveau de l'intestin grêle (iléostomie ou jéjunostomie). Dans ce cas, la fonction du côlon fait défaut, ce qui entraîne une diminution de la réabsorption d'eau et d'électrolytes. Il en résulte des selles liquides et pâteuses ainsi qu'une augmentation de la fréquence des selles.
Il est important que la personne concernée sache que toute prise de nourriture ou de boisson entraîne une évacuation. Manger et boire lentement ainsi que bien mâcher peuvent être très utiles dans ce cas.
À long terme, il est recommandé d'adopter un régime alimentaire de type méditerranéen. Celui-ci prévient non seulement les maladies cardiaques et le surpoids, mais aussi certaines formes de cancer. Le régime méditerranéen comprend
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la consommation quotidienne et abondante de fruits, de légumes et de salade
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la préférence pour les graisses végétales, telles que l'huile de colza, d'olive ou de soja
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la réduction des graisses (produits laitiers avec modération, consommation plus rare de viande rouge et de charcuterie)
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la consommation fréquente de poisson (2 à 3 portions par semaine)
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une consommation d'alcool aussi modérée que possible
De plus, le régime méditerranéen comprend également
.

La cuisine méditerranéenne aide à soutenir l'organisme après un traitement contre le cancer colorectal © aamulya | AdobeStock
Ai-je besoin d'une chimiothérapie après une opération du cancer colorectal ?
Si des ganglions lymphatiques atteints par la tumeur sont détectés, une chimiothérapie postopératoire (adjuvante) est recommandée.
Dans ce cas, la tumeur elle-même a certes été entièrement retirée. Il existe toutefois un risque (pouvant atteindre 50 %) que des cellules cancéreuses isolées se soient déjà implantées dans d’autres régions du corps. Celles-ci ne peuvent pas être détectées avec les méthodes actuelles.
Des études à grande échelle ont montré qu'une chimiothérapie prophylactique (adjuvante) réduit considérablement le risque de récidive.
D'autres indications pour une chimiothérapie adjuvante pourraient par exemple concerner des stades tumoraux moins avancés, lorsque
- la tumeur s'est rompue lors de l'opération du cancer colorectal,
- la tumeur présente une mauvaise différenciation cellulaire (G3) ou
- moins de 12 ganglions lymphatiques ont été retirés lors de l'opération.
Dans ces cas, les experts doivent décider au cas par cas si une chimiothérapie est indiquée ou non.
Si le cancer colorectal n'a été découvert qu'à un stade avancé, il a déjà formé des métastases. Dans ce cas, on parle de chimiothérapie palliative. Une guérison n'est alors généralement plus possible. L'objectif thérapeutique est alors d'améliorer la qualité de vie et de prolonger la survie.
Dans certains cas, la chimiothérapie peut réduire les métastases du cancer colorectal à un point tel qu'elles peuvent être retirées chirurgicalement.
La chimiothérapie cible les cellules qui, comme les cellules cancéreuses, se divisent rapidement. Malheureusement, cela concerne également les tissus sains présentant un taux de division élevé, comme les cellules capillaires. Le sang distribue les médicaments, également appelés cytostatiques, dans tout le corps ; il s'agit donc d'un « traitement systémique ».
Quels médicaments sont utilisés ?
Il existe aujourd’hui une grande variété de médicaments. Les oncologues les sélectionnent et les combinent en fonction du cas individuel du patient.
Le plus souvent, plusieurs médicaments sont utilisés selon un schéma thérapeutique bien établi (par exemple, le schéma FOLFOX). À moins que des problèmes de santé ne s’y opposent, la chimiothérapie peut être réalisée en ambulatoire. L'implantation d'un cathéter veineux peut être nécessaire pour l'administration des médicaments. Cela rend le traitement plus simple et plus agréable pour le patient atteint d'un cancer colorectal.
Une chimiothérapie adjuvante dure généralement six mois. La durée du traitement peut toutefois être prolongée au stade métastatique, en fonction de la réponse au traitement.
Dans ces cas, outre les cytostatiques classiques, on peut également recourir à des anticorps (par exemple le cétuximab ou le bévacizumab). Les anticorps se lient à certaines structures de surface des cellules cancéreuses qui jouent un rôle important dans la croissance tumorale et les bloquent. Dans le traitement « adjuvant » classique, les anticorps n'ont toutefois (à ce jour) pas encore leur place.
Quels sont les effets secondaires possibles d’une chimiothérapie ?
Les effets secondaires potentiels d’une chimiothérapie sont dus au fait que des cellules saines à division rapide sont également détruites. Ils ne surviennent toutefois pas systématiquement.
C'est le cas, par exemple, de la moelle osseuse, où se forment les différentes cellules sanguines, ce qui peut entraîner, au cours du traitement,
- anémie,
- des saignements et
- des infections
.
Les globules blancs jouent un rôle essentiel dans la défense contre les infections. Pendant une chimiothérapie, il est impératif de les surveiller régulièrement (hémogramme). Si leur nombre diminue trop fortement, le traitement doit être interrompu pour permettre une période de récupération.
Le tube digestif fait également partie des tissus à division cellulaire rapide. La chimiothérapie peut entraîner divers effets secondaires au niveau de cette partie du corps. Parmi ceux-ci, on compte
- des nausées
- des vomissements
- une perte d'appétit
- des troubles du goût
- diarrhées
Heureusement, il existe des médicaments très efficaces pour lutter contre ces effets secondaires (par exemple, des antiémétiques).

Dans certains cas, une chimiothérapie est utilisée pour traiter le cancer colorectal © Elnur | AdobeStock
La chute de cheveux est un autre effet secondaire possible de certains cytostatiques. Cependant, les combinaisons de médicaments utilisées contre le cancer colorectal ne devraient pas entraîner de perte totale de cheveux.
Dans tous les cas, les cheveux repoussent à la fin du traitement. Les autres effets secondaires mentionnés ci-dessus disparaissent également à la fin du traitement.
En ce qui concerne les anticorps déjà mentionnés, il n’y a généralement que peu d’effets secondaires à craindre. Comme il s’agit de protéines, des réactions allergiques peuvent rarement survenir (par exemple, une éruption cutanée de type acnéique avec le cétuximab). De manière générale, votre oncologue traitant devrait vous informer des effets secondaires auxquels vous pouvez vous attendre en fonction du schéma thérapeutique. Le cas échéant, il les traitera à l'aide de médicaments supplémentaires.
La recherche a montré qu’il n’existe pas de facteurs généraux susceptibles d’améliorer ou de détériorer notre qualité de vie. Le terme « qualité de vie » désigne l’expérience personnelle du cancer. Cela inclut les sensations et les troubles sur le plan psychique, physique et social.
Il existe donc de grandes différences entre les personnes dans la manière d’aborder la maladie. Chaque patient gère différemment le stress que la maladie ou le traitement peut causer.
Beaucoup de ces difficultés sont temporaires, mais elles peuvent aussi persister et nécessiter un traitement psychologique.
Pendant le traitement à l’hôpital, la peur de l’opération est souvent au premier plan. Il est important, lors des entretiens avec le médecin traitant, de poser toutes les questions que l’on souhaite poser pour mieux comprendre. Il faut également aborder ses propres inquiétudes et ses préoccupations. Après la sortie de l'hôpital, les nombreuses exigences à gérer peuvent souvent entraîner un sentiment de surmenage. La principale crainte de nombreux patients atteints d'un cancer est que la maladie réapparaisse ou s'étende (« peur de la progression »). Cette crainte est normale et justifiée, mais elle peut aussi prendre le dessus.
Dans cette situation, il peut être utile d’en parler et d’affronter cette peur. L’importance du travail psychologique sur la maladie est de plus en plus reconnue. C’est pourquoi il existe aujourd’hui une multitude de possibilités de soutien en psycho-oncologie.
Le pronostic global du cancer colorectal dépend avant tout de la capacité à retirer la tumeur dans son intégralité. Plus la tumeur est détectée et retirée tôt, meilleures sont les chances de guérison.
Grâce à l'amélioration des dépistages, plus de 50 % des cas sont aujourd'hui guérissables. Toutefois, si des métastases du cancer colorectal sont déjà présentes dans d'autres organes ou ganglions lymphatiques au moment du diagnostic, le pronostic est nettement moins favorable.
Les spécialistes du cancer colorectal proviennent généralement des services de chirurgie viscérale et/ou de gastro-entérologie. Ces deux services coopèrent, dans le traitement du cancer colorectal, notamment avec les disciplines suivantes
Outre ces disciplines médicales,
- la traitement de la douleur et la kinésithérapie,
- les soins oncologiques spécialisés et
- ce qu'on appelle la thérapie de soutien
jouent un rôle important. La thérapie de soutien comprend notamment
- l'accompagnement spirituel,
- la psycho-oncologie,
- les services sociaux,
- les conseils nutritionnels et
- les groupes d'entraide.
Ces derniers accompagnent les patients atteints d’un cancer colorectal et leurs proches tout au long du processus de traitement.
Quels sont les symptômes pouvant indiquer un cancer colorectal ?
La présence de sang dans les selles est un symptôme possible du cancer colorectal. D'autres symptômes peuvent inclure des changements dans les habitudes intestinales, des douleurs abdominales, une perte de poids ou de la fatigue. Les symptômes du cancer colorectal n'apparaissent souvent que lorsque la tumeur est déjà à un stade avancé. Les signes de cancer colorectal doivent donc toujours faire l'objet d'un examen médical.
Quelle est l'importance du dépistage du cancer colorectal ?
Le dépistage précoce du cancer colorectal joue un rôle central, car ce cancer est souvent guérissable à un stade précoce. Une coloscopie permet de détecter et de retirer les lésions précancéreuses ainsi que les polypes bénins. Le dépistage du cancer colorectal est particulièrement recommandé à partir de 50 ans.
Quels sont les facteurs qui augmentent le risque de cancer colorectal ?
Parmi les causes et les facteurs de risque les plus importants, on compte l'âge avancé, le manque d'activité physique, le surpoids et les antécédents familiaux. Les personnes ayant des antécédents familiaux de cancer colorectal ou présentant des syndromes familiaux de cancer colorectal ont un risque accru de développer un cancer colorectal. Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin peuvent également augmenter le risque de développer un cancer colorectal.
Comment traite-t-on le cancer colorectal ?
Le traitement du cancer colorectal dépend de la localisation et de l'étendue de la tumeur. Souvent, on procède d'abord à une intervention chirurgicale pour retirer la tumeur. Dans les cas de cancer colorectal avancé, d'autres traitements peuvent être nécessaires, en particulier si des métastases ou des tumeurs malignes sont déjà présentes dans d'autres organes.
Quelles sont les chances de guérison du cancer colorectal ?
Le pronostic du cancer colorectal dépend du moment du diagnostic et du stade de la maladie. Si le cancer colorectal est diagnostiqué avant la formation de métastases, les chances de guérison sont souvent très bonnes. Les patients atteints d'un cancer colorectal bénéficient tout particulièrement d'un diagnostic précoce et d'un traitement personnalisé.