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Embolie pulmonaire : quand un caillot sanguin devient dangereux

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Melanie Al Tikriti, BSc ·

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Une essoufflement soudain, des douleurs thoraciques lancinantes ou un rythme cardiaque accéléré peuvent être les signes d'une embolie pulmonaire. Il s'agit d'une urgence médicale qui doit être traitée immédiatement. Elle est généralement causée par un caillot sanguin qui obstrue un vaisseau sanguin dans les poumons, entravant ainsi l'apport en oxygène à l'organisme.

L'intensité des symptômes varie en fonction de la taille du vaisseau obstrué. Alors que les petites embolies pulmonaires ne provoquent parfois que des symptômes légers, les obstructions vasculaires plus importantes peuvent rapidement mettre la vie en danger. Il est donc d'autant plus important de reconnaître les signes avant-coureurs à un stade précoce et de ne pas perdre de temps en cas d'urgence. 

Comment un caillot sanguin parvient-il jusqu’aux poumons ?

Dans la plupart des cas, le caillot se forme d’abord dans une veine profonde de la jambe ou du bassin. Si une partie de ce caillot se détache, elle est transportée par la circulation sanguine, via le cœur, jusqu’aux poumons. Là, elle se loge dans un vaisseau pulmonaire et bloque la circulation sanguine.

Le sang ne peut alors plus être suffisamment oxygéné. Parallèlement, le cœur doit fournir un effort nettement plus important pour pomper le sang à travers les vaisseaux rétrécis. Plus le caillot est gros, plus la charge imposée à l’organisme est importante. 

Certains facteurs augmentent le risque

Une embolie pulmonaire ne survient généralement pas sans cause. Divers facteurs de risque favorisent la formation de caillots sanguins.

Parmi ceux-ci, on peut citer notamment :

  • une immobilisation prolongée au lit
  • les interventions chirurgicales
  • les fractures
  • les longs trajets en avion ou en voiture
  • les cancers
  • Grossesse et post-partum
  • Tabagisme
  • contraceptifs hormonaux
  • Troubles congénitaux de la coagulation

Les personnes ayant déjà souffert d'une thrombose ou d'une embolie pulmonaire présentent également un risque accru de récidive. 

Les symptômes peuvent être très variés

Toutes les embolies pulmonaires ne se manifestent pas de la même manière. Certaines personnes développent des symptômes graves en l'espace de quelques minutes, tandis que d'autres ne remarquent dans un premier temps que des symptômes légers.

Les signes typiques sont les suivants :

  • une essoufflement soudain
  • douleurs thoraciques lancinantes
  • accélération du rythme cardiaque
  • toux
  • expectorations sanglantes
  • vertiges
  • forte faiblesse
  • Évanouissement

Ces symptômes s'aggravent souvent lors d'un effort physique ou d'une inspiration profonde. Si un ou plusieurs de ces symptômes apparaissent soudainement, il faut immédiatement appeler les secours. 

L'embolie pulmonaire est souvent précédée d'une thrombose

De nombreuses embolies pulmonaires résultent d'une thrombose veineuse profonde. Dans ce cas, un caillot sanguin se forme dans une veine de la jambe ou du bassin.

Les signes avant-coureurs possibles d'une thrombose sont les suivants :

  • Gonflement d’une jambe
  • Sensation de tension
  • Douleurs au mollet
  • Sensation de chaleur
  • Peau rougie ou bleuâtre

Toute personne constatant de tels symptômes doit consulter un médecin. Une thrombose détectée à un stade précoce peut être traitée avant que le caillot ne se détache et n'atteigne les poumons. 

Comment établir le diagnostic

En cas de suspicion d’embolie pulmonaire, il faut agir rapidement. On commence par contrôler la tension artérielle, la saturation en oxygène, la fréquence cardiaque et la respiration.

De plus, des analyses sanguines peuvent fournir des indices d’une embolie. Les examens d'imagerie sont toutefois déterminants pour le diagnostic. On réalise souvent un scanner avec produit de contraste afin de visualiser les vaisseaux pulmonaires obstrués. En complément, des échographies des veines des jambes ou une échocardiographie peuvent s'avérer nécessaires. 

Quelles sont les options thérapeutiques ?

Le traitement commence généralement dès qu’une embolie pulmonaire est suspectée. Les anticoagulants empêchent le caillot de grossir davantage et la formation de nouveaux caillots. En cas d’embolies importantes, on peut recourir à des médicaments qui dissolvent le caillot. Dans les cas particulièrement graves, le caillot est retiré à l’aide d’un cathéter ou éliminé par voie chirurgicale.

Après le traitement d'urgence, de nombreuses personnes concernées doivent continuer à prendre des anticoagulants pendant plusieurs mois afin de prévenir de nouvelles embolies. 

Comment réduire le risque

Toutes les embolies pulmonaires ne peuvent pas être évitées. Le risque individuel peut toutefois être considérablement réduit grâce à certaines mesures.

Parmi celles-ci, on peut citer :

  • une activité physique régulière
  • éviter autant que possible de rester assis pendant de longues périodes
  • s'hydrater suffisamment
  • porter des bas de contention en cas de risque accru
  • se mobiliser rapidement après une opération
  • prendre rigoureusement les anticoagulants prescrits
  • ne pas fumer

Il est particulièrement important, après une opération ou un long voyage, d'être attentif aux premiers signes d'une thrombose. 

Conclusion : une intervention rapide peut sauver des vies.

Une embolie pulmonaire fait partie des urgences médicales et ne doit jamais être sous-estimée. Une détresse respiratoire ou des douleurs thoraciques soudaines nécessitent une consultation médicale immédiate. Grâce aux moyens de diagnostic et de traitement modernes, cette pathologie peut aujourd’hui être traitée avec succès dans de nombreux cas – à condition qu’elle soit détectée à temps.

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