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« Nous sommes un centre de traitement de la grippe ! » Entretien avec le Prof. Dr méd. Dr méd. habil. Thomas Wustrow, spécialiste ORL

02.03.2020
Rédaction de Leading Medicine Guide
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Rédaction de Leading Medicine Guide

C'est surtout pendant la saison froide que les cabinets des oto-rhino-laryngologistes sont très fréquentés. Le rhume, les refroidissements et les virus sont des compagnons gênants en hiver. La spécialité médicale de l'oto-rhino-laryngologie, ou ORL, couvre cependant bien d'autres maladies, infections et troubles touchant l'ensemble de la région de la tête et du cou. Le simple fait que deux organes sensoriels, les oreilles et le nez, relèvent de son champ d'action rend la discipline de l'oto-rhino-laryngologie passionnante. La rédaction du Leading Medicine Guide s'est entretenue avec le Prof. Dr méd. Dr méd. habil. Thomas P. U. Wustrow, spécialiste en oto-rhino-laryngologie au Centre ORL de Munich, afin d'approfondir différents aspects de cette discipline médicale fascinante. Il s'est avéré que ce spécialiste, doté d'une approche holistique et extrêmement engagé, est exactement l'interlocuteur qu'il faut sur ce sujet !

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S'agit-il d'une « infection banale » ou bien de la grippe ?

Les virus sont gênants, tenaces et, de surcroît, contagieux. Parmi eux figure la grippe, également appelée « vraie » grippe ou grippe virale, qui touche chaque année de nombreuses personnes en Allemagne. Outre la toux, le rhume et l’enrouement, s’ajoutent des maux de tête et des courbatures, une grande fatigue, des poussées de fièvre, des frissons et, parfois, des nausées et de la diarrhée. Bien sûr, en cas de suspicion d’infection grippale, il convient de déterminer s’il s’agit d’une grippe ou peut-être « simplement » d’un rhume. « Nous sommes un centre de dépistage de la grippe », explique le professeur Wustrow à propos du diagnostic, « et nous pouvons déterminer en dix minutes, à l’aide d’un frottis, si le patient est porteur du virus de la grippe ». Un diagnostic aussi précis est important, car la grippe n’est pas un simple rhume, mais une maladie grave qui peut durer des semaines et clouer le patient au lit.


Rien qu’au cours des sept premières semaines de l’année 2020, l’Office régional de la santé a recensé 24 962 cas de grippe dans le seul Land de Bavière. Cela représente environ 50 % de plus qu’à la même période l’année dernière.


Vaccin contre la grippe : oui ou non ?

Selon le Centre fédéral d'éducation pour la santé, la vaccination contre la grippe est la mesure d'intervention la plus efficace et la plus économique pour se protéger soi-même et protéger son entourage. Dans les médias, on entend toutefois parler d'une lassitude croissante à l'égard de la vaccination. « On constate en Allemagne un rejet idéologique général de la vaccination », estime le Prof. Dr Wustrow, qui précise toutefois : « Dans notre cabinet, nous observons une augmentation de la fréquence des vaccinations contre la grippe. Les gens ont une crainte justifiée d’attraper une infection grippale. La vaccination contre la grippe est vivement recommandée pour les personnes âgées et fragiles ». Bien sûr – il faut garder à l’esprit qu’au cours de l’hiver 2017/2018, environ 25 000 personnes sont décédées des suites d’une infection grippale – et ce, rien qu’en Allemagne. « Outre le groupe à risque que constituent les personnes âgées et celles souffrant de maladies préexistantes comme le cancer, la vaccination contre la grippe est également une question de responsabilité envers soi-même et ses semblables pour certaines catégories professionnelles. Cela concerne par exemple les enseignants ou les médecins – cela s’applique à toutes les professions qui impliquent un contact fréquent avec le public. Les grands voyageurs devraient eux aussi se protéger ! », recommande le Prof. Dr Wustrow.

Des germes tenaces dans le nez

Si la grippe n'est pas soignée, une pneumonie potentiellement mortelle peut se développer. Mais même un « simple » rhume peut entraîner des complications graves. « Lorsque les germes ne disparaissent tout simplement pas et qu’une maladie a été mal ou insuffisamment traitée et soignée, on parle d’une prolongation de la maladie, qui peut alors devenir chronique », prévient le Prof. Dr Wustrow.

La sinusite, mal aimée de tous, est par exemple le résultat de germes tenaces. « En cas de sinusite, dite rhinosinusite aiguë, un antibiotique peut être pris pour guérir la maladie si celle-ci est d’origine bactérienne et purulente. L’inflammation des sinus perturbe la ventilation, ce qui en fait un formidable terrain propice à la prolifération des germes », explique le Prof. Dr Wustrow, avant d’ajouter : « Pour un soulagement immédiat supplémentaire, les sinus peuvent être aspirés à l’aide d’un endoscope. »

La remarque concernant les « lavages nasaux » est intéressante. À ce sujet, le Prof. Dr Wustrow déclare : « Les lavages nasaux, souvent vantés dans les publicités télévisées, ne sont pas mauvais en soi. Mais la prudence est de mise en cas de sinusite aiguë. Car dans ce cas, les germes risquent d’être rapidement poussés plus en profondeur. » Se moucher de manière incorrecte ou se curer le nez peut également réactiver les germes. Il est bon que les sécrétions soient évacuées du nez en se mouchant. Mais mieux vaut se moucher avec précaution plutôt que de barrir comme un éléphant.

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Si un traitement conservateur ne soulage pas le patient, la chirurgie endoscopique permet, en cas d’inflammation chronique, de retirer la muqueuse sinusale atteinte et d’assurer une bonne ventilation. Cette intervention consiste à éliminer les rétrécissements ou les facteurs perturbateurs tels que les polypes nasaux. Le Prof. Dr Wustrow est notamment qualifié pour ce type de cas et pour la chirurgie spéciale de la tête et du cou – en tant que patient, vous devez absolument y prêter attention !

Et si les amygdales doivent être retirées… ?

Restons dans le domaine chirurgical. Vous vous en souvenez certainement : autrefois, en cas d’inflammations fréquentes des amygdales chez les enfants, on recommandait très vite de les retirer. La perspective de manger beaucoup de glaces rendait l’idée d’un séjour à l’hôpital au moins supportable. Lorsque la bouche est grande ouverte, on peut voir les amygdales à droite et à gauche dans la gorge – mais la plupart des gens n’en savent pas beaucoup plus à leur sujet. Et en avons-nous vraiment besoin, si elles peuvent être retirées si rapidement sur simple diagnostic ? « Les amygdales constituent, entre autres, la première ligne de défense après la naissance. Tous les germes déclenchent la réponse immunitaire chez les nouveau-nés. Les amygdales sont très importantes au cours de cette première phase de la vie ; elles constituent la première barrière de défense contre les germes qui tentent de pénétrer dans les voies respiratoires supérieures », explique le professeur Wustrow, qui traite également de nombreux enfants au sein de son cabinet médical à Munich.


De nombreux enfants ont des amygdales hypertrophiées. Cela peut rétrécir les voies respiratoires, ce qui peut entraîner, par exemple, des ronflements et des pauses respiratoires pendant le sommeil. Un mauvais sommeil chronique peut à son tour entraîner divers problèmes et maladies.


« Lorsque les enfants atteignent l’âge de six mois ou d’un an, les amygdales perdent leur fonction », explique le professeur Wustrow. « Les dernières recommandations préconisent toujours l’administration d’antibiotiques en premier lieu en cas d’amygdalites fréquentes. Une inflammation grave et persistante des amygdales peut en effet se propager dans la circulation sanguine et libérer des toxines, ce qui fait craindre des complications. Les amygdalectomies sont également devenues plus rares, car cette intervention présente un risque accru d’hémorragie et nécessite la présence permanente d’un médecin pour surveiller le patient. Les amygdales hypertrophiées peuvent être réduites sans problème par une tonsillotomie. « Il ne faut pas s’attendre à une douleur intense ni à une perte de sang importante, ce qui en fait une intervention courante », explique le professeur Wustrow, qui fait toujours preuve d’une grande empathie et de beaucoup de sensibilité envers les parents lorsqu’il traite leur enfant.

La fascination de l’oreille

Il existe une théorie selon laquelle l’oreille serait le premier organe pleinement fonctionnel chez l’être humain. Les bébés peuvent déjà entendre dans le ventre de leur mère et perçoivent clairement des sons tels que la parole et la musique. Un manque de réactivité du bébé après la naissance peut donc tout à fait être lié à une déficience auditive ou à une perte auditive. « Je doute que l’oreille soit le premier organe à se développer ; je pense plutôt au cœur. Mais aujourd’hui, un dépistage néonatal est effectué dans les quatre premiers jours suivant la naissance. Il s’effectue à l’aide de clics et constitue ainsi une mesure objective de l’audition », explique le professeur Wustrow.

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En Allemagne, environ un à trois enfants sur mille naissent avec des troubles auditifs. Ceux-ci doivent être traités rapidement, car ils peuvent fortement nuire au développement de l’enfant. Lors d’un dépistage auditif néonatal, on mesure les émissions otoacoustiques et on vérifie le bon fonctionnement de l’oreille interne et des cellules ciliées externes. Les examens sont totalement indolores et peuvent parfaitement être réalisés pendant les phases de sommeil.


« Les six premières semaines de vie sont décisives. Les causes fréquentes d’une perte auditive chez les bébés peuvent être une accumulation de liquide dans l’oreille, une hypertrophie des amygdales pharyngées ou une surdité congénitale. On procède alors à une audiométrie du tronc cérébral, qui mesure les réponses du cerveau, comparable à un EEG (électroencéphalogramme). Cela permet d’étudier les réactions nerveuses qui se produisent lors du traitement des stimuli auditifs dans le cerveau », explique le Prof. Dr Wustrow. Même si une surdité est diagnostiquée, il existe néanmoins une solution. Grâce à la pose chirurgicale d’un implant cochléaire, une prothèse auditive destinée aux personnes sourdes et malentendantes, l’audition redevient possible. La pose d’un implant cochléaire est bien sûr également possible chez les adultes et est aujourd’hui même pratiquée chez les personnes souffrant d’une perte auditive sévère, c’est-à-dire les patients conservant une audition résiduelle.

Il est ressorti clairement de l’entretien avec le professeur Wustrow qu’il est un médecin véritablement passionné. Le professeur Wustrow bénéficie depuis 1996 d'une excellente collaboration avec ses trois collègues au sein du cabinet de groupe ORL de Munich, qui existe depuis 1959, et y apporte son expertise avec beaucoup d'engagement. Un grand merci pour cet aperçu passionnant du monde de l'oto-rhino-laryngologie ! Vous trouverez ici de nombreuses informations supplémentaires sur le centre ORL de Munich et le professeur Wustrow !