Selon les recommandations de la DGN (Société allemande de neurologie), la kinésithérapie constitue la base du traitement de la spasticité. Chez les patients immobiles ou en cas de spasticité musculaire sévère, un traitement au baclofène est souvent prescrit. Pour cela, les médecins implantent une pompe à baclofène. Vous trouverez ci-dessous de plus amples informations ainsi que la liste des spécialistes pratiquant le traitement par pompe à baclofène.
Qu'est-ce que le baclofène ?
Le baclofène est un médicament utilisé par les médecins pour traiter les symptômes d'une spasticité sévère. Ce médicament peut être pris par voie orale, ce qui fonctionne très bien chez la plupart des patients.
Chez certaines personnes concernées, les effets secondaires suivants peuvent toutefois apparaître :
- vertiges
- Nausées
- Somnolence ou
- Faiblesse musculaire
Dans ce cas, on utilise souvent une pompe à baclofène.
Qu'entend-on par spasticité ?
La spasticité est une raideur musculaire qui s'accompagne de douleurs, de spasmes, d'immobilité, de déformations ou de réflexes anormaux. Elle touche la moelle épinière ou le cerveau et peut considérablement réduire la qualité de vie des personnes concernées.
Les personnes atteintes de spasticité souffrent d'une augmentation pathologique de la tension musculaire @ Marcos /AdobeStock
Quand utilise-t-on une pompe à baclofène ?
Si le patient prend le baclofène par voie orale, la majeure partie du médicament reste dans la circulation sanguine. Même à forte dose, seule une petite quantité atteint l'espace sous-arachnoïdien, la cible du médicament.
Grâce à une pompe à baclofène, le médicament est acheminé directement dans le liquide céphalo-rachidien. Les neurologues l'administrent via un système ITB exactement là où il est nécessaire. La dose est ainsi plus faible, l'efficacité s'en trouve améliorée et les effets secondaires sont réduits.
Comment fonctionne une pompe à baclofène ?
Une pompe à baclofène libère une dose déterminée de baclofène intrathécal dans l'espace sous-arachnoïdien (espace intrathécal). Un chirurgien implante la pompe sous la peau de l'abdomen. Il la relie ensuite à un cathéter (tube fin et souple).
Le chirurgien fait ensuite passer ce cathéter jusqu’à l’espace sous-arachnoïdien, où le tube libère le médicament régulièrement et à la dose exacte.
L'intervention se déroule généralement sous anesthésie générale et dure environ une heure. Ensuite, les neurologues programment le système en fonction du dosage afin d'éviter tout effet secondaire indésirable.
Les médecins doivent ensuite remplacer ou renouveler le médicament tous les six mois environ. Cela se fait à l'aide d'une injection peu douloureuse dans la peau abdominale, sous laquelle se trouve également la pompe.
De plus, la pompe peut émettre différentes alarmes.
Parmi celles-ci, on trouve :
- Alarme d'urgence : pour les dysfonctionnements que les médecins doivent résoudre immédiatement
- Alarme de recharge : indique que les médecins doivent recharger la pompe à baclofène
- Alarme de remplacement de la pompe
- Alarme à double bip : se déclenche avant l'arrêt définitif de la pompe
Risques et effets secondaires possibles
Chez certains patients, le baclofène peut entraîner les effets secondaires suivants :
- Vertiges
- Maux de tête
- Vomissements
- Somnolence ou
- faiblesse musculaire
Mais l'opération elle-même comporte également divers risques, tels que :
- des lésions nerveuses
- Maux de tête
- hématomes ou
- des infections
Ces complications sont toutefois très rares. De plus, des risques liés au système peuvent également survenir. Par exemple, la pompe à baclofène peut se détacher dans certaines circonstances, et le cathéter peut se rompre, fuir ou se plier. Cela entraîne une altération du fonctionnement de la pompe.
Cela entraîne alors un sevrage du médicament et la réapparition des symptômes de spasticité. Mais les risques liés au système sont eux aussi extrêmement rares.
À quels patients le traitement par pompe à baclofène convient-il ?
Tous les patients ne sont pas éligibles à un traitement par pompe à baclofène. En effet, cette forme de traitement n'est efficace qu'en cas de spasticité des jambes, et non des bras.
Si les patients souffrent de contractures musculaires du tissu conjonctif, une pompe à baclofène n'est pas efficace. En cas de contractures du tissu conjonctif, les muscles se transforment en cordons très durs. Les jambes sont alors immobiles et raides. La kinésithérapie permet toutefois d'éviter cela dans la plupart des cas.
Avant une opération, les médecins simulent le fonctionnement de la pompe lors d'un test en injectant le médicament dans l'espace sous-arachnoïdien. Ils peuvent ainsi déterminer si le patient réagit bien au traitement.
Le médecin traitant examine et observe ensuite le patient. Ce n’est qu’après un test positif au baclofène qu’il recommande la mise en place d’une pompe. Pour cela, les patients doivent s’attendre à un séjour d’une semaine en clinique. Les caisses d’assurance maladie prennent généralement en charge les frais de traitement.
La kinésithérapie permet de maintenir la mobilité des muscles et des articulations concernés @ n.tati.m /AdobeStock
Suivi après l'implantation
Environ deux semaines après l'opération, vous pouvez faire retirer les fils. De plus, le médecin traitant contrôle la plaie.
Un contrôle postopératoire a lieu au bout d'environ six semaines. Le médecin effectue d'autres contrôles lors des remplissages réguliers de la pompe.
Conclusion
Le traitement intrathécal au baclofène est indiqué lorsque le patient ne répond pas à un traitement standard (physiothérapie). Depuis 1985, le traitement au baclofène est autorisé pour les adultes souffrant de spasticité sévère.
Pour les enfants à partir de six ans, cette forme de traitement est possible depuis 1995. La pompe à baclofène permet de réduire les effets indésirables du médicament, car le dosage est plus faible.
De plus, la pompe libère le médicament en quantités constantes. Cela permet d'éliminer dans une large mesure les fluctuations d'efficacité.
La pompe administre le baclofène directement dans l'espace sous-arachnoïdien. Cela aide les patients à mieux s'allonger, s'asseoir, marcher ou se tenir debout.
