Le cancer de la peau de type basocellulaire est aujourd’hui l’une des tumeurs les plus courantes – et en même temps les plus sous-estimées. Il est essentiel non seulement de le traiter, mais aussi de le soigner de manière précoce, précise et avec une approche esthétique optimisée. Parallèlement, les soins dermatologiques ont profondément évolué ces dernières années. Aujourd’hui, il ne s’agit plus seulement d’éliminer des lésions cutanées isolées, mais d’adopter un concept de traitement global, précis et esthétiquement optimisé. Des techniques de diagnostic modernes, des méthodes thérapeutiques innovantes telles que la thérapie photodynamique (PDT) et une chirurgie dermatologique hautement spécialisée permettent aujourd’hui de traiter le cancer de la peau plus tôt et de manière plus ciblée que jamais.
Le Dr Laurenz Schmitt, maître de conférences, explique dans un entretien avec le Leading Medicine Guide le rôle joué par des technologies telles que l’analyse cutanée numérique avec des méthodes d’examen assistées par ordinateur, les méthodes d’impédance électrique ainsi que les thérapies assistées par laser.

« Le cancer de la peau non mélanique n’apparaît pas soudainement – il se développe au fil des années. L’augmentation significative des cas de cancer de la peau non mélanique est principalement due aux conséquences à long terme d’une exposition chronique aux UV. De nombreuses lésions cutanées apparaissent dès le plus jeune âge, mais ne deviennent visibles que des décennies plus tard.
Souvent, la peau reflète ce qui a commencé des décennies auparavant : de nombreux cas observés aujourd’hui sont le résultat d’habitudes de vie passées. Dans notre centre, nous voyons très souvent des patients présentant une peau chroniquement endommagée par la lumière, notamment au niveau du visage, du cuir chevelu, des oreilles et du nez, ainsi que des mains et des avant-bras.
Parmi les principaux facteurs de risque figurent les peaux claires, une exposition intense ou prolongée au soleil, des coups de soleil répétés et l’âge avancé. « Les patients immunodéprimés et les personnes ayant déjà eu un cancer de la peau présentent également un risque nettement accru », explique le Dr Schmitt, qui souligne un point essentiel :
« Le cancer de la peau n’est pas un événement soudain, mais un processus. C’est précisément pour cette raison qu’un dépistage structuré est si crucial ».

Pourquoi de nombreux patients consultent trop tard.
« L’un des principaux problèmes est que le cancer de la peau clair est longtemps sous-estimé. De nombreuses modifications semblent bénignes, comme la peau sèche ou les taches de vieillesse. Parallèlement, les tumeurs cutanées n’apparaissent souvent pas de manière isolée, mais sur une peau largement endommagée, ce qu’on appelle une « cancérisation de champ ».
Les signes avant-coureurs typiques sont :
- des modifications cutanées récentes
- des zones qui ne guérissent pas
- des croûtes récurrentes
- des saignements
- croissance lente
- zones rugueuses et kératinisées
« Ce sont justement ces changements subtils qui sont souvent pris au sérieux trop tard. Or, c'est précisément là que réside la chance d'un traitement doux », souligne le Dr Schmitt.
Diagnostic moderne : la différence décisive.
« Un œil exercé reste important, mais ce qui est déterminant aujourd’hui, c’est la combinaison de l’expérience et de la technologie. Dans notre centre, nous utilisons systématiquement des outils de diagnostic numériques modernes :
- les systèmes FotoFinder® permettent une analyse haute résolution et un suivi complet de l'évolution
- La cartographie numérique de la peau détecte souvent les changements plus tôt que l’œil humain
- Nevisense® (spectroscopie d’impédance électrique) apporte une sécurité supplémentaire en cas de résultats peu clairs
Pour les patients, cela signifie avant tout une chose : un diagnostic plus précoce, plus de sécurité et des décisions thérapeutiques plus claires et plus personnalisées. C’est précisément cette combinaison qui élève le dépistage du cancer de la peau bien au-delà des normes classiques », souligne le Dr Schmitt.

Le traitement aujourd’hui : précis, personnalisé et optimisé sur le plan esthétique.
À ce sujet, le Dr Schmitt explique : « Le traitement moderne du cancer de la peau non mélanique est aujourd’hui nettement plus différencié qu’il y a encore quelques années. Notre objectif n’est pas seulement l’ablation sûre des tumeurs, mais aussi un résultat esthétique optimal. Pour cela, nous combinons de manière ciblée différentes techniques :
- Une chirurgie dermatologique de très haut niveau
- Thérapie photodynamique (PDT)
- PDT à la lumière du jour pour un traitement particulièrement doux
- PDT assistée par laser pour renforcer l'efficacité
- Procédés laser modernes pour un traitement précis des tissus
- Concepts thérapeutiques ciblés
C'est précisément cette combinaison qui nous permet de répondre individuellement aux besoins de chaque patient, tant sur le plan médical qu'esthétique. »
Thérapie photodynamique (PDT) assistée par laser :
Pourquoi elle fait la différence.
« La thérapie photodynamique assistée par laser représente une avancée décisive : elle permet pour la première fois de traiter de manière ciblée et efficace non seulement des lésions isolées, mais aussi des zones cutanées entières endommagées par les UV – avec une pénétration nettement améliorée du principe actif et des résultats optimisés.
De nombreux patients ne présentent pas seulement des lésions isolées, mais une zone cutanée entière endommagée par les UV. C’est précisément là qu’intervient cette méthode. Grâce à la préparation assistée par laser, nous améliorons de manière ciblée l’absorption du principe actif par la peau – et augmentons ainsi considérablement l’efficacité du traitement. Cette méthode est particulièrement indiquée pour :
- les kératoses actiniques multiples
- une cancérose cutanée étendue
- des lésions cutanées récurrentes
- les zones esthétiquement sensibles Un autre avantage :
« Nous ne traitons pas seulement ce qui est visible, mais l’ensemble de la zone à risque. La PDT à la lumière du jour complète idéalement cette approche : efficace, très bien tolérée et pratiquement imperceptible au quotidien – parfaite pour les patients qui recherchent l’efficacité sans contrainte », souligne le Dr Schmitt.
Du traitement ponctuel à la thérapie de surface
La PDT assistée par laser change radicalement l’approche du traitement du cancer de la peau : au lieu de traiter des lésions isolées, c’est toute la zone cutanée endommagée par les UV qui est traitée de manière ciblée – avec précision, efficacité et un résultat esthétique convaincant.
Dermatochirurgie : quand la précision est cruciale.
« Une opération n’a de sens que si elle est vraiment nécessaire – et dans ce cas, c’est avant tout l’expérience qui compte. La décision dépend de la pertinence oncologique, de la localisation de la lésion et du risque individuel. Au niveau du visage en particulier, il ne s’agit pas seulement d’une ablation complète de la tumeur, mais d’un équilibre précis entre sécurité, fonctionnalité et résultat esthétique harmonieux », ajoute le Dr Schmitt.
La décision d’opérer ou non une lésion cutanée ne repose plus aujourd’hui uniquement sur la question « opérer ou ne pas opérer », mais sur une évaluation médicale précise : quel est le risque oncologique – et quelle procédure offre au patient la solution la plus sûre et la meilleure possible ?
À ce sujet, le Dr Schmitt explique : « La décision d’une ablation chirurgicale dépend en premier lieu de la pertinence oncologique du résultat. En cas de suspicion clinique ou histologique de carcinome basocellulaire, de carcinome épidermoïde ou de lésion précancéreuse avancée, la chirurgie est dans de nombreux cas le traitement le plus sûr et le plus définitif. Dans le même temps, nous examinons toujours chaque lésion dans son contexte global – médical, fonctionnel et esthétique. Les facteurs décisifs sont notamment :
- Localisation
- Taille et profondeur
- Comportement de croissance biologique
- Traitements antérieurs ou récidives
- la situation individuelle et les attentes du patient
L'expérience chirurgicale est déterminante, en particulier dans les zones sensibles telles que le nez, les lèvres, les oreilles ou les paupières. Il ne s'agit pas seulement d'une ablation complète de la tumeur, mais aussi de trouver un équilibre précis entre la sécurité oncologique et un résultat fonctionnel et esthétique optimal.
Le Dr Schmitt souligne : « Notre cabinet se consacre tout particulièrement à la dermatologie opératoire. Avec environ 1 300 opérations de cancer de la peau par an, notre cabinet compte parmi les centres les plus expérimentés en dermatochirurgie en Allemagne. Dans le même temps, notre principe est le suivant : lorsqu’un traitement non chirurgical équivalent est possible, celui-ci a toujours la priorité ».
Afin de prendre en compte de manière optimale les aspects fonctionnels et esthétiques, la planification commence bien avant l’intervention proprement dite.
« Les incisions suivent systématiquement les lignes naturelles de la peau afin de minimiser la tension et de préserver les structures tissulaires. Cela permet de réduire les cicatrices visibles et de préserver la fonction, en particulier dans les zones sensibles telles que les paupières, les lèvres ou le reste du visage. En fonction des résultats, différentes techniques de reconstruction sont utilisées, allant de la suture directe à des plasties par lambeau plus complexes. L’essentiel reste toujours le même : une sécurité oncologique maximale tout en garantissant la meilleure intégration esthétique possible. Dans de nombreux cas, nous choisissons avec le patient la voie qui est médicalement judicieuse et adaptée à sa situation personnelle », explique le Dr Schmitt.
Le dépistage régulier du cancer de la peau est si important parce qu’il permet précisément ce que la dermatologie moderne se doit de faire : détecter précocement, traiter de manière mini-invasive et éviter autant que possible les opérations.
La plupart des carcinomes basocellulaires et épidermoïdes se développent lentement et s’annoncent par des changements subtils sur une longue période.
« Le dépistage précoce repose sur deux facteurs : la vigilance du patient et la précision diagnostique de la médecine. Et c’est précisément dans ce domaine que d’énormes progrès ont été réalisés ces dernières années. Aujourd’hui, le dépistage moderne ne consiste plus seulement à détecter des tumeurs manifestes, mais surtout à
- d'identifier les stades précurseurs à un stade précoce
- de rendre visibles les lésions à risque
- recenser de manière ciblée les lésions cutanées dues aux UV
- et de documenter avec précision l'évolution au fil du temps
Je vois un potentiel d’amélioration principalement dans trois domaines :
- une meilleure information sur les lésions chroniques dues à la lumière
- une prévention ciblée chez les patients à risque
- une utilisation systématique des techniques de diagnostic modernes telles que la dermatoscopie numérique et les technologies complémentaires d’évaluation des risques
Notre objectif est clair : détecter le cancer de la peau suffisamment tôt pour pouvoir le traiter de manière douce, précise et avec un excellent résultat esthétique », précise le Dr Schmitt, qui souligne :
« Notre objectif devrait toujours être de détecter le cancer de la peau non pas à un stade avancé, mais le plus tôt possible, et de le traiter de manière individualisée. C’est précisément là que réside la grande chance de l’oncologie dermatologique moderne », constate le Dr Schmitt, et c’est ainsi que nous terminons notre entretien.
Merci beaucoup, Monsieur le Dr Schmitt, pour ces précieuses informations sur le thème du « cancer de la peau de type basocellulaire » !
- L'un des chirurgiens dermatologues les plus expérimentés d'Allemagne, avec plus de 10 000 interventions chirurgicales cutanées et 1 300 opérations de cancer de la peau par an
- Spécialisé dans les kératoses actiniques, la cancérisation de champ ainsi que le traitement des carcinomes basocellulaires et spinocellulaires
- Pionnier de la thérapie photodynamique assistée par laser et de la chirurgie dermatologique moderne au laser
- Médecin spécialiste en dermatologie, allergologie, phlébologie et traitement des tumeurs ; fondateur du Centre dermatologique de Weinheim
- Ancien médecin-chef et chef du service de chirurgie dermatologique aux cliniques universitaires de dermatologie de Heidelberg et d'Aix-la-Chapelle
