Le professeur Alexander Albert compte sans aucun doute parmi les chirurgiens cardiaques les plus renommés au monde et s'est forgé une réputation internationale, notamment dans le domaine de la chirurgie cardiaque mini-invasive. Ses domaines de prédilection sont la chirurgie de pontage mini-invasive, la reconstruction mini-invasive de la valve mitrale, ainsi que les implantations de cœurs artificiels et les transplantations cardiaques. Fort de 30 ans d'expérience professionnelle, dont 20 ans à des postes de direction, il est considéré comme un spécialiste reconnu des maladies cardiaques.
Depuis l'automne 2019, le professeur Albert est directeur de la clinique cardiaque de Dortmund, où il a mis en place un centre cardiaque suprarégional d'une grande importance. Il a débuté sa carrière en 1994 à la clinique privée du centre cardiaque de Lahr, en Forêt-Noire, où il a suivi une formation de six ans pour devenir chirurgien cardiaque. Après avoir complété sa formation à l'étranger, a fait de cette clinique la première en Allemagne à passer entièrement à la chirurgie de pontage sans pompe. Avant d’exercer à Dortmund, il a occupé pendant dix ans le poste de directeur adjoint du service de chirurgie cardiaque à l’hôpital universitaire de Düsseldorf, où il a contribué de manière décisive à la mise en place de l’un des centres de cardiologie et de transplantation les plus importants. Il a approfondi son expertise dans d’autres pays européens, notamment en Suisse et en Belgique ; en particulier, son séjour d’un an, il y a 20 ans, à l’université de Louvain auprès du « pape » de la chirurgie sans pompe européenne, le Prof. Dr P. Sergeant, l’a profondément marqué tant sur le plan professionnel que personnel.
Outre son excellence en tant que chirurgien, le professeur Albert est réputé pour son approche interdisciplinaire et son humanité. Il attache une grande importance à ce que les décisions diagnostiques et thérapeutiques soient prises en équipe, ce qui implique non seulement les spécialistes, mais aussi les patients et leurs familles. Son concept de chirurgie cardiaque personnalisée tient particulièrement compte des attentes et des souhaits des patients. La contribution du Prof. Dr Albert au développement et à la mise en œuvre de la chirurgie de pontage mini-invasive est particulièrement remarquable. Il l'a développée sur la base de ses décennies d'expérience en chirurgie sans pompe. Ses avancées révolutionnaires en matière de chirurgie de pontage mini-invasive font de lui un spécialiste de renommée internationale dans ce domaine. Le Prof. Dr Albert n’est donc pas seulement un chirurgien expérimenté, mais aussi un enseignant qui aime transmettre son savoir ; il est également directeur du centre européen de formation en chirurgie de pontage mini-invasive. Chaque mois, des équipes venues de tous les pays d’Europe – et désormais aussi d’ailleurs – se rendent à Dortmund pour se former auprès du Prof. Dr Albert.
Pour le Prof. Dr Alexander Albert, le patient est toujours au centre de ses préoccupations. Cette approche très personnelle et centrée sur le patient se reflète dans l’offre de concepts thérapeutiques adaptés à chaque individu. Sous sa direction travaille une équipe internationale de chirurgiens cardiaques, dont chacun est spécialisé dans un domaine particulier et possède une vaste expérience et des connaissances approfondies. Des pontages mini-invasifs aux interventions mini-invasives sur la valve aortique ou l'aorte, en passant par les reconstructions mini-invasives de la valve mitrale et les implantations de cœurs artificiels, son équipe propose une large gamme de traitements chirurgicaux de très haut niveau. La rédaction du Leading Medicine Guide a eu une nouvelle fois l'occasion de s'entretenir avec cet éminent cardiologue et s'est particulièrement intéressée à la chirurgie cardiaque mini-invasive afin d'en savoir plus sur les dernières avancées en la matière.

La chirurgie cardiaque mini-invasive a pris de plus en plus d'importance ces dernières années ; elle représente une approche innovante dans le traitement des maladies cardiaques et répond très bien aux souhaits et aux attentes des patients. Par rapport aux pontages traditionnels, cette technique de pointe offre une alternative prometteuse aux procédures conventionnelles et s'accompagne d'un impact potentiellement moindre pour les patients. Le développement des techniques mini-invasives est en passe de révolutionner la chirurgie cardiaque en permettant des interventions plus précises et en raccourcissant le temps de convalescence.
La chirurgie cardiaque mini-invasive s'est imposée comme la nouvelle norme à la clinique de Dortmund ; des méthodes et technologies innovantes y sont utilisées pour rendre les opérations cardiaques plus efficaces et moins invasives.
« Par rapport aux techniques invasives traditionnelles, qui nécessitent une grande incision longitudinale dans la cage thoracique (sternum), la chirurgie cardiaque mini-invasive permet des interventions précises grâce à de petites incisions entre les côtes, généralement sous le sein droit ou gauche. Cette technique de pointe offre de nombreux avantages. Elle réduit par exemple l’ampleur du traumatisme chirurgical, car aucune section des os de la cage thoracique n’est nécessaire. Cependant, en Allemagne, 90 % des interventions cardiaques sont encore réalisées de manière conventionnelle, c'est-à-dire avec une machine cœur-poumon et une section du sternum. En règle générale, la machine cœur-poumon est connectée, puis le cœur est arrêté ; pendant ce temps, le corps continue d’être alimenté par la machine. Cette procédure éprouvée a toutefois des effets secondaires, notamment en chirurgie de pontage. Nous renonçons à la machine et opérons à cœur battant. Si si peu de chirurgiens le font, c’est tout simplement par habitude, car il est souvent difficile de sortir de la routine, car un changement nous fait entrer en terrain inconnu. « À mon avis, le plus important en chirurgie de pontage est de renoncer à la machine cœur-poumon. Cela permet d’éviter certaines complications potentielles liées à l’utilisation de la machine cœur-poumon », explique le Prof. Dr Albert au début de notre entretien.
L'utilisation d'une machine cœur-poumon (MCP) comporte certains risques potentiels.
Formation de caillots sanguins : la CEC peut entraîner la formation de caillots sanguins, car le sang circule à l’extérieur du corps. Ces caillots peuvent ensuite provoquer des thromboses ou des embolies.
Réactions inflammatoires : le contact du sang avec les surfaces non corporelles de la CEC peut déclencher des inflammations dans l'organisme.
Dysfonctionnements organiques : la circulation sanguine vers les organes est perturbée pendant le pontage par la CEC, ce qui peut entraîner des dysfonctionnements temporaires ou des lésions au niveau de divers organes.
Perte de sang et transfusions : pendant l'intervention chirurgicale, une perte de sang peut survenir, ce qui peut nécessiter des transfusions, lesquelles sont à leur tour associées à certains risques tels que des infections ou des réactions immunologiques.
Problèmes neurologiques : dans certains cas, des problèmes neurologiques peuvent survenir pendant l’utilisation de la HLM, notamment des troubles cognitifs temporaires ou des accidents vasculaires cérébraux. La principale cause des accidents vasculaires cérébraux est la manipulation de l’aorte, qui peut entraîner le détachement de particules de calcaire ou de substances similaires et leur migration vers le cerveau.
« En principe, grâce à la technique mini-invasive, le temps de récupération du patient est considérablement raccourci, ce qui lui permet de reprendre plus rapidement ses activités normales », souligne le Prof. Dr Albert.
Les techniques mini-invasives en chirurgie cardiaque ont fait leurs preuves dans le traitement d’un large éventail de maladies et d’affections cardiaques.
Malgré les avantages d’une intervention réalisée de manière mini-invasive, il existe également certains défis et certaines limites. Toutes les interventions cardiaques ne se prêtent pas aux techniques mini-invasives. Cela dépend de la gravité de la maladie cardiaque, de l’anatomie du patient et d’autres facteurs individuels.
« La possibilité de pratiquer une intervention mini-invasive dépend fortement de l’expert. Il existe cinq grands groupes d’interventions en chirurgie cardiaque. Il y a tout d’abord les valves mitrales, puis les valves aortiques et la chirurgie aortique, ainsi que la chirurgie de pontage et les implantations de cœurs artificiels. En ce qui concerne les valves mitrales, j’opère systématiquement, c’est-à-dire à près de 100 % de manière mini-invasive ; l’accès sous le sein droit permet d’accéder directement à la valve mitrale, ce qui est encore plus simple que d’opérer par sternotomie par l’avant. J'ai récemment eu un patient dont j'avais réparé la valve mitrale de cette manière mini-invasive ; lorsqu'il est venu me voir trois mois plus tard, il m'a fièrement raconté qu'il avait désormais décroché la troisième place au championnat allemand (amateur) de karaté ! « Cela n’aurait certainement pas été possible si j’avais dû endommager le sternum », raconte avec enthousiasme le Prof. Dr Albert.
« Pour les valves aortiques, nous réalisons plus de 90 % des opérations par voie mini-invasive – dans d’autres établissements allemands, ce chiffre n’atteint que 20 %. Cela signifie que le sternum n’est pas ouvert – ce qui, après tout, effraie aussi les patients, et certaines personnes âgées refusent tout simplement une telle opération impliquant l’ouverture du sternum. Ce n’est que si l’on constate avant l’opération que l’aorte est fortement calcifiée ou pathologiquement dilatée que l’approche mini-invasive n’est pas envisageable ; dans ce cas, je conseillerais au patient une intervention à grande échelle, car cela permet de raccorder et de contrôler la machine cœur-poumon de manière plus sûre. C’est pourquoi nous réalisons toujours un scanner avant l’opération afin de vérifier le degré de calcification et de dilatation », précise le Prof. Dr Albert.
En ce qui concerne le pontage coronarien, le Prof. Dr Albert est une exception absolue, car dans ce domaine de la chirurgie cardiaque, la chirurgie mini-invasive n’est pas du tout courante. « Je réalise environ 70 % des pontages coronariens de manière mini-invasive, et cette tendance est à la hausse, car mes techniques sont de plus en plus perfectionnées. En Allemagne, voire dans le monde entier, ce chiffre ne dépasse pas 1 %. Il faut des résultats d’examen appropriés ; cela dépend aussi de l’anatomie coronaire et de l’atteinte des artères coronaires. Il y a en effet trois artères coronaires. Si deux des trois artères sont touchées, on peut encore opérer de manière mini-invasive. Si les trois artères coronaires sont touchées et que le patient est jeune, je pratiquerais l’opération par voie antérieure, c’est-à-dire par thoracotomie ouverte, et je poserais si possible quatre ou cinq pontages artériels, qui dureront alors toute la vie. Ce serait alors sans aucun doute ma recommandation au patient. Mais il existe également l’option d’une opération hybride. Cela signifie que j’opère ce qui est possible chez le patient par voie latérale, de manière mini-invasive, à l’aide de pontages, et que la cardiologie se charge du reste en utilisant des stents. « Cette approche est particulièrement adaptée aux patients âgés », précise le Prof. Dr Albert.
La chirurgie cardiaque mini-invasive s’est imposée ces dernières années comme la nouvelle norme et offre de nombreux avantages par rapport aux procédures traditionnelles, plus invasives.
Cette approche innovante de la chirurgie cardiaque repose sur des techniques précises et des incisions plus petites pour réaliser des interventions qui nécessitaient traditionnellement des incisions plus importantes. Grâce à des incisions plus petites et à une intervention ciblée sur certaines zones du cœur, les tissus environnants sont moins affectés. Cela permet une récupération plus rapide et des séjours hospitaliers plus courts.
« Les patients peuvent reprendre une vie normale beaucoup plus rapidement après une intervention mini-invasive et retrouvent plus vite leur pleine capacité physique. Ils n’ont pas besoin d’être aussi prudents que les patients ayant subi une chirurgie à cœur ouvert, qui ne doivent par exemple pas dormir sur le ventre pendant une longue période. Un autre aspect positif est le risque d’infection réduit. Des incisions plus petites réduisent les points d’entrée potentiels pour les infections, ce qui est particulièrement avantageux pendant la phase postopératoire. De plus, les opérations cardiaques mini-invasives s’accompagnent souvent d’une perte de sang moindre pendant l’intervention », précise le Prof. Dr Albert.
Le pontage MIDCAB est une méthode mini-invasive qui ne nécessite pas l’utilisation d’une machine cœur-poumon et ne requiert aucune manipulation de l’aorte. Cette technique est donc particulièrement douce. Le Prof. Dr Albert a également introduit les termes « MIDCAB plus », lorsque deux pontages sont posés de manière mini-invasive sur la paroi antérieure du cœur, et « Multivessel (MV)-MIDCAB », lorsque plusieurs pontages sont posés de manière mini-invasive également sur la paroi latérale et/ou postérieure du cœur.
Les résultats esthétiques jouent également un rôle, car les cicatrices plus petites associées à la technique mini-invasive conduisent à de meilleurs résultats cosmétiques. Cela est également important d'un point de vue psychologique, car les patients bénéficient souvent d'une atteinte visible moindre. Le choix du type d'intervention chirurgicale dépend de la pathologie cardiaque spécifique, de l'anatomie du patient et d'autres facteurs individuels. La chirurgie cardiaque mini-invasive représente toutefois sans aucun doute une avancée significative en chirurgie cardiaque et a le potentiel d'améliorer encore les normes de traitement.
Sans la capacité d'opérer sans pompe – c'est-à-dire sans machine cœur-poumon –, il n'est pas possible de réaliser un pontage mini-invasif.
« La chirurgie de pontage mini-invasive doit encore être apprise par de nombreux médecins et futurs médecins. J’opère à cœur battant (sans pompe) depuis maintenant 20 ans et, comme je l’ai dit, je réalise 70 % des pontages de manière mini-invasive. Il est indispensable d’apprendre d’abord à opérer à cœur battant avant de pratiquer des interventions MIDCAB. Actuellement, l’intérêt pour la chirurgie cardiaque mini-invasive est grand, notamment parce que les patients la réclament. De nombreux confrères s’intéressent également beaucoup à la possibilité de réaliser des pontages coronariens par chirurgie mini-invasive. Mais la condition préalable est justement de savoir opérer sans pompe à cœur-poumon avec un haut niveau de qualité, et cela ne s’apprend pas du jour au lendemain ; il faut beaucoup d’expérience. Je suis souvent invité dans des cliniques du monde entier pour enseigner ces techniques – mais cela n’est pas possible sans la maîtrise de la technique « off-pump ». J'invite alors volontiers des collègues chez moi pour qu'ils apprennent à opérer et acquièrent les compétences nécessaires pour opérer sans machine cœur-poumon, notamment en ce qui concerne les techniques de suture sur un cœur battant, c'est-à-dire en mouvement. Le mieux est de s’entraîner chez soi avec de petits simulateurs, et les experts peuvent ensuite évaluer les résultats et les progrès par vidéo. L’idéal, bien sûr, est que le stagiaire puisse m’accompagner en salle d’opération ; en principe, il s’agit toujours de comprendre d’abord la théorie, puis d’améliorer ses compétences pratiques. « Je m'efforce vraiment de partager mes connaissances », explique le Prof. Dr Albert.
La chirurgie de pontage personnalisée a révolutionné la chirurgie cardiaque ces dernières années en permettant une approche individualisée pour chaque patient. Cette approche thérapeutique innovante s’appuie sur les progrès en matière de diagnostic, notamment des techniques d’imagerie plus précises telles que la tomodensitométrie (TDM) et l’IRM. Celles-ci offrent une visualisation détaillée des vaisseaux cardiaques et permettent aux chirurgiens de localiser avec précision les obstructions ou les rétrécissements. Une autre étape décisive dans la chirurgie de pontage personnalisée est l'évaluation fonctionnelle du cœur. Les méthodes de diagnostic modernes permettent non seulement d'évaluer l'anatomie pure, mais aussi d'apprécier la circulation sanguine et d'autres paramètres fonctionnels. Ces informations sont cruciales pour la planification de la chirurgie de pontage. Le traitement est alors adapté à chaque patient lorsque nous pouvons choisir, parmi une large gamme de possibilités, la méthode thérapeutique qui lui convient le mieux – du traitement médicamenteux conservateur aux stents en passant par la chirurgie de pontage ; et, dans ce dernier cas, nous avons également l'expérience nécessaire pour choisir entre les techniques ouvertes et mini-invasives.
Les opérations cardiaques mini-invasives peuvent être particulièrement avantageuses pour certains groupes de patients, ce qui permet d'optimiser les résultats globaux.
Les personnes âgées sont souvent confrontées à des problèmes de santé supplémentaires. Les techniques mini-invasives permettent une intervention moins traumatisante, ce qui peut se traduire par un temps de récupération plus court et une moindre contrainte physique. Chez les patients obèses ou diabétiques, la chirurgie cardiaque mini-invasive peut être avantageuse en raison du traumatisme tissulaire réduit et de la possibilité de pratiquer des incisions plus petites, notamment pour éviter les troubles de la cicatrisation chez ce groupe de patients. Les personnes actives ou celles ayant des obligations familiales peuvent bénéficier du temps de récupération plus court après une intervention mini-invasive, car elles peuvent reprendre plus rapidement leurs activités quotidiennes. De plus, les procédures mini-invasives peuvent laisser des cicatrices plus petites et offrir un résultat globalement plus esthétique, ce qui peut être un aspect important pour certains patients.
« Aucune clinique en Allemagne ne pratique la chirurgie mini-invasive de manière aussi systématique que nous. Cela nous permet de répondre individuellement aux souhaits des patients. Je procède régulièrement, deux mois après l’opération, à ce que l’on appelle des consultations de suivi avec mes patients ; c’est l’occasion de leur expliquer à nouveau en détail pourquoi et ce que nous avons fait, et il s’agit d’encourager le patient à retrouver une vie quotidienne tout à fait normale et à s’activer normalement. Le patient doit vraiment sentir que nous mettons tout en œuvre pour que l’intervention soit la moins invasive possible. Parfois, le caractère mini-invasif n’est pas du tout déterminant ; j’ai ainsi opéré récemment une patiente pour laquelle une opération de pontage mini-invasive était prévue, raison pour laquelle elle était venue nous voir de loin. Malheureusement, j’ai dû décider pendant l’opération de procéder par thoracotomie ouverte. Après l’opération, j’ai pu lui expliquer lors d’un entretien pourquoi j’avais pris cette décision. Elle a d’abord été très déçue ; mais plus tard, j’ai vu avec surprise sur Internet qu’elle nous avait attribué 5 étoiles sur Google. Il ne s’agit donc pas toujours uniquement d’aspects techniques, mais aussi d’aspects personnels, afin que le patient se sente à l’aise et remarque que nous – c’est-à-dire toute l’équipe, en particulier les infirmières des services ! – faisons de notre mieux et traitons nos patients avec compassion et humanité », précise le Prof. Dr Albert.
L'introduction de systèmes assistés par robot fait partie des avancées technologiques majeures.
Actuellement, des systèmes dits « assistés par robot » sont utilisés en chirurgie cardiaque ; ceux-ci ne sont pas – comme leur nom l’indique – des technologies basées sur l’intelligence artificielle (IA) qui apprennent et prennent des décisions de manière autonome ; il s’agit plutôt de bras robotiques que le chirurgien commande à distance depuis une console. Les avantages de ces systèmes assistés par robot résident d’une part dans une meilleure maniabilité des instruments dans tous les plans de l’espace, même dans les zones difficiles d’accès. Cette précision est particulièrement importante lors d’interventions mini-invasives, où le chirurgien dispose d’un accès direct limité en raison de petites incisions. D'autre part, l'imagerie peropératoire de ces systèmes assistés par robot, grâce à leurs systèmes de navigation guidés par l'image, permet une visualisation 3D optimale de la zone opératoire. Associée à la grande mobilité et à la précision des bras robotiques, cela permet une préparation extrêmement précise et préservant les tissus. Ces innovations en matière de visualisation sont soutenues par les progrès réalisés dans le domaine des techniques d'imagerie, telles que la tomodensitométrie 3D et l'IRM ; celles-ci permettent une visualisation précise de l'anatomie et du fonctionnement du cœur ainsi que des vaisseaux environnants avant même l'opération. Ces technologies d'imagerie de pointe aident ainsi à établir des cartes précises de la zone concernée avant de planifier l'intervention. Un diagnostic et une planification précis sont essentiels pour élaborer la meilleure stratégie possible pour l'intervention.
« La robotique va changer la donne. Cependant, elle rencontre encore de grandes difficultés, notamment avec le cœur en mouvement, comme c'est le cas lors d'un pontage à cœur battant. Il en va autrement lors d’une opération où l’on utilise une machine cœur-poumon et où le cœur a été arrêté. Les systèmes assistés par robot s’en sortent mieux dans ce cas et peuvent ainsi exploiter leurs atouts. Ce qui manque toutefois encore, c’est le toucher de la main ; en tant que chirurgien, on sent les tissus lorsqu’on coupe ou qu’on suture ; le chirurgien à la console, en revanche, ne dispose que de l’image et ne sent pas ce que les instruments télécommandés font aux tissus, il ne fait que regarder. En Allemagne, la robotique cardiaque n’est pas encore autorisée ; elle n’est utilisée que dans le cadre d’études ou pour la préparation de vaisseaux de pontage tels que l’artère mammaire. Je me suis récemment rendu en Chine pour une série de conférences ; là-bas, l’utilisation de systèmes robotisés est plus répandue qu’ici – tout comme, d’ailleurs, la chirurgie mini-invasive en général. Je pense que des systèmes robotisés plus pratiques que le système da Vinci – qui est très coûteux et peu maniable et qui est actuellement le seul disponible – vont bientôt arriver sur le marché. D'un point de vue conceptuel, je trouve la robotique très convaincante, car la visualisation, la précision et la mobilité des bras sont exceptionnelles. Je suis convaincu que la robotique, en tant qu'aide à la conduite, à l'instar d'une PlayStation, est l'avenir, mais cela prendra encore un peu de temps. Pour l’instant, la chirurgie cardiaque reste un travail manuel, c’est là qu’on peut atteindre la plus grande précision ; parfois, moins de technologie, c’est mieux », explique le Prof. Dr Albert, soulignant ainsi le caractère indispensable d’un travail manuel précis en chirurgie cardiaque, et conclut ainsi notre entretien.
Cher Professeur Albert, nous vous adressons une nouvelle fois nos sincères remerciements pour cet aperçu du monde fascinant de la chirurgie cardiaque !
