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Chirurgie assistée par robot - Entretien avec le professeur Günther Winde

26.01.2024
Rédaction de Leading Medicine Guide
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Rédaction de Leading Medicine Guide

Le professeur Günther Winde, éminent spécialiste en chirurgie viscérale, chirurgie viscérale spécialisée et chirurgie vasculaire, jouit d'une excellente réputation grâce à son expertise exceptionnelle en chirurgie oncologique, proctologie, de chirurgie hépatique, de chirurgie pancréatique, de chirurgie gastrique, de chirurgie œsophagienne, de chirurgie intestinale, de cancer colorectal, de chirurgie biliaire et au sein du centre de compétence en coloproctologie de la clinique de Herford. Le Prof. Dr Winde est notamment connu pour sa vaste expérience des interventions chirurgicales de l’œsophage, de l’intestin et de l’estomac, et s’est spécialisé dans le traitement des cancers de la cavité abdominale.

Ses compétences exceptionnelles en matière d’interventions mini-invasives et sa contribution à la recherche lui ont valu une reconnaissance internationale. En tant que directeur du centre de compétence en coloproctologie, le Prof. Dr Günther Winde établit les normes les plus élevées en matière de prise en charge des patients. Des procédures diagnostiques de pointe, des méthodes thérapeutiques innovantes et une équipe dévouée s’unissent ici pour garantir des soins optimaux en chirurgie oncologique et dans les disciplines connexes.

Outre son excellence professionnelle, le Prof. Dr Winde se distingue par son engagement personnel. Son dévouement à la prévention, au dépistage précoce et aux approches thérapeutiques modernes se reflète dans une prise en charge centrée sur le patient. À Herford et au-delà, le Prof. Dr Günther Winde est une figure clé du développement des soins médicaux dans le domaine gastro-intestinal et un expert de premier plan en chirurgie oncologique. De nombreuses opérations peuvent être réalisées avec l'aide de la robotique. Nous avons souhaité en savoir plus à ce sujet et avons eu l'occasion d'en discuter avec le Prof. Dr Winde afin de présenter les immenses avantages de la robotique.

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Les opérations assistées par robot ont révolutionné le paysage médical en portant la précision et l'exactitude à un niveau supérieur. Ces procédures innovantes intègrent une technologie robotique de pointe dans les interventions chirurgicales, ce qui se traduit par de meilleurs taux de guérison et des résultats plus précis. La combinaison de l'expertise humaine et de la précision robotique laisse entrevoir un avenir prometteur pour la chirurgie médicale.

L'introduction des opérations assistées par robot a considérablement élargi le champ de la chirurgie oncologique, en particulier dans le contexte du cancer colorectal, du cancer de l'œsophage et des tumeurs du pancréas. 

La chirurgie robotique offre un guidage plus précis des instruments, une meilleure visibilité et une plus grande liberté de mouvement pour le chirurgien, ce qui se traduit par de nombreux avantages. « Le principal avantage pour le patient réside dans le fait que les opérations assistées par robot sont extrêmement douces. Elles entraînent un traumatisme d'accès minimal, car les instruments nécessaires sont introduits par de minuscules incisions, comme dans le cas d'une chirurgie mini-invasive (CMI). Mais grâce au robot, le chirurgien peut opérer avec un grossissement de plusieurs dizaines de fois, ce qui permet de préserver davantage les tissus. Il en résulte une perte de sang moindre et moins de douleurs postopératoires pour le patient. En termes de radicalité, l’opération est équivalente, voire meilleure, par rapport à la chirurgie MIC classique ; cela signifie que le rendement en ganglions lymphatiques est plus élevé, que l’on ne coupe ni ne sectionne les tissus, mais que l’on écarte délicatement les couches tissulaires et que l’on peut effectuer des hémostases ponctuelles. Il faut toutefois prévoir environ 20 % de temps supplémentaire pour la chirurgie assistée par robot, car la préparation est plus longue et l’opération elle-même dure un peu plus longtemps en raison de la précision encore plus grande », explique le Prof. Dr Winde au début de notre entretien, avant de poursuivre : « Si l’anatomie du patient est totalement confuse en raison d’une très grosse tumeur ou d’adhérences, une opération assistée par robot n’est pas recommandée. Pas plus si des anses intestinales adhèrent là où elles ne devraient pas, ou s’il y a des inflammations qui immobilisent les organes comme du béton. Tout cela rend difficile le placement des instruments de manière à pouvoir les manipuler avec le robot. On atteint ici les limites de la chirurgie assistée par robot, mais cela vaut également pour toute autre forme de chirurgie mini-invasive ».


Les cellules cancéreuses peuvent se propager via le système lymphatique et s’accumuler dans les ganglions lymphatiques. Cela se produit lorsque les cellules tumorales se détachent de leur site d’origine et pénètrent dans le système lymphatique. Elles peuvent ainsi se loger dans des ganglions lymphatiques voisins ou distants et les affecter, ce que l’on appelle la métastase.



Les techniques robotiques en proctologie offrent plusieurs avantages par rapport aux méthodes conventionnelles.

Précision et visibilité : la chirurgie robotique permet un guidage plus précis des instruments et offre une meilleure visibilité au chirurgien. Cela est particulièrement important lors d’interventions proctologiques complexes, car les zones anatomiquement difficiles d’accès peuvent être visualisées avec précision.

Interventions peu invasives : les mouvements précis du robot permettent des interventions peu invasives, ce qui réduit au minimum les traumatismes tissulaires. Cela peut réduire l'intensité de la douleur postopératoire et contribuer à une récupération plus rapide.

Incisions plus petites : en général, la chirurgie robotique nécessite des incisions plus petites par rapport aux procédures conventionnelles. Des incisions plus petites signifient moins de traumatisme tissulaire, une perte de sang moindre et un risque réduit d'infections.

Récupération plus rapide : grâce aux avantages mentionnés ci-dessus, les patients ayant subi des interventions proctologiques assistées par robot bénéficient souvent d'une récupération plus rapide. Cela peut avoir un impact positif sur la durée de l'hospitalisation et de la phase de rééducation.

Meilleur contrôle : les possibilités de contrôle fines offertes par le robot permettent au chirurgien d'effectuer des mouvements précis, ce qui est d'une importance cruciale lors d'opérations proctologiques complexes. Cela contribue à de meilleurs résultats à long terme.


« Nous utilisons le robot da Vinci ici, à la clinique universitaire de Herford, depuis 2020. Tout médecin souhaitant opérer avec cet appareil doit d'abord passer une sorte de permis de conduire afin de pouvoir bien le manipuler ; c'est également ce que prescrit le fabricant du robot da Vinci, Intuitive Surgical Inc. On suit d'abord une sorte de cours de base. Ensuite, l'appareil propose des programmes d'apprentissage permettant de s'exercer à la manipulation des instruments sur des modèles en fil de fer. Cela se fait également avec le soutien de l'entreprise elle-même : un chirurgien bien formé est mis à votre disposition par l'entreprise, une relation élève-professeur s'instaure, et c'est avec ce professeur que l'on effectue les premières opérations. À ce stade, l'apprenant doit disposer d'une expérience chirurgicale de 10 à 15 ans. Ce n’est qu’alors qu’il est possible de commencer à apprendre la robotique et à en tirer rapidement parti. Sans expérience chirurgicale, cela n’est pas possible. Au final, une vingtaine d’opérations sont réalisées en binôme afin de se familiariser avec la manipulation de l’appareil sur le patient et d’éviter toute négligence ou lésion tissulaire. La sécurité est toujours la priorité absolue ! Avec le robot, il faut également apprendre ce qu’on appelle l’haptique visuelle. En effet, l’utilisation des instruments fait qu’on ne sent plus rien avec ses propres mains et qu’il faut transposer les sensations tactiles sur les instruments », explique le Prof. Dr Winde à propos de l’utilisation du robot da Vinci.


L'haptique visuelle dans les opérations assistées par robot fait référence à l'utilisation de retours visuels et tactiles (haptiques) afin de permettre au chirurgien de mieux appréhender les tissus et les structures pendant l'intervention. Elle combine les informations visuelles fournies par des caméras et des systèmes d’imagerie avec un retour tactile, généralement transmis par des instruments ou des capteurs spéciaux. Cette technologie permet au chirurgien non seulement de voir ce qui se passe pendant l'opération, mais aussi de recevoir un retour tactile qui lui donne une idée de la texture des tissus. Ce retour d'information peut prendre la forme de vibrations, de pression ou d'autres signaux tactiles perceptibles, qui peuvent aider le chirurgien à mieux comprendre la consistance des tissus, la profondeur des incisions ou d'autres informations importantes pendant l'intervention.


Le système da Vinci est utilisé à Herford pour les opérations du rectum et de l'œsophage, ainsi que pour la résection du pancréas gauche.

Grâce à l'intégration de la chirurgie robotique, la clinique universitaire d'Herford est en mesure de couvrir un large éventail de prestations chirurgicales pour l'ensemble du tractus gastro-intestinal, y compris l'œsophage, l'intestin et d'autres zones. Avec da Vinci, la chirurgie mini-invasive de l’œsophage est facile à réaliser, notamment en cas de tumeurs, de reflux gastro-œsophagien ou d’autres pathologies. « Dans le cas des tumeurs œsophagiennes, le contrôle précis des bras robotiques permet une ablation plus précise des tumeurs ou de l'œsophage entier et est nettement moins traumatisant, car aucune grande incision dans la cage thoracique n'est nécessaire. De plus, après une résection tumorale avec le da Vinci, il est possible de créer une nouvelle jonction entre l’œsophage et l’estomac. Dans le cas des opérations du rectum, l’utilisation du da Vinci est avantageuse dans la mesure où elle permet de préserver, pendant l’intervention, les fonctions vésicales et nerveuses, ainsi que, chez l’homme, les nerfs contrôlant la fonction érectile, simplement parce que l’opération est réalisée avec une grande précision. Chez les patients extrêmement obèses, une chirurgie assistée par robot n'est pas recommandée en raison de la complexité des tissus. Le da Vinci est très bien adapté aux hernies diaphragmatiques, car les tissus sont faciles à manipuler et les instruments peuvent être bien positionnés – c’est pourquoi cette intervention est souvent réalisée dans le cadre des formations sur l’appareil décrites précédemment », explique le Prof. Dr Winde.

Les patients sont plutôt rarement sceptiques lorsqu’il s’agit de chirurgie assistée par robot. « Certains patients demandent ce qui se passerait en cas de coupure de courant. Nous avons donc publié sur notre site web une FAQ spécialement consacrée à la chirurgie assistée par robot. Certains patients pensent que le robot est comme une machine à laver : on met deux euros à l’avant et l’opération de la vésicule biliaire sort à l’arrière », rit le Prof. Dr Winde, avant de préciser clairement : « Il est très important de faire comprendre au patient que le robot ne fait rien que le chirurgien ne veuille. Certains croient que le médecin-chef est assis chez lui dans son salon et commande le robot. C’est assez curieux. C’est pourquoi nous avons publié des informations détaillées sur notre site web.

La situation médicale est bonne. En chirurgie, l’IA (intelligence artificielle) jouera un rôle majeur dans la planification des opérations.

« La chirurgie robotique va certainement continuer à progresser ici, à la clinique universitaire de Herford, notamment dans le domaine de la chirurgie hépatique, grâce notamment à une meilleure planification des opérations. Lors d’une conférence sur le foie, on discute de l’emplacement de la lésion chez le patient et de la quantité de foie qui restera après l’opération (car s’il en restait trop peu, le patient ne serait pas viable). Toute la planification est réalisée à l’aide d’une volumétrie hépatique en 3D. Cela permet, en collaboration avec un radiologue interventionnel, de se faire une image spatiale, et l’ensemble de la procédure sera certainement bientôt assisté par l’IA. « On peut alors établir une planification très précise pour déterminer si des traitements préopératoires en radiologie interventionnelle ou en médecine nucléaire sont indiqués, et comment le foie va se régénérer », explique le Prof. Dr Winde à propos des possibilités offertes par le centre de compétence de Herford, avant de conclure : « On pourra alors probablement opérer en préservant davantage les organes ».

Une communication efficace : la clé d’un travail d’équipe réussi

Des chirurgiens, des oncologues, des gastro-entérologues, des radiothérapeutes et des radiologues se réunissent régulièrement pour discuter du tableau clinique des patients atteints de cancer. L’objectif principal de cette réunion, connue sous le nom de conférence tumorale ou tumor board, est d’élaborer, avant ou après une opération, des plans de traitement sur mesure conformes aux directives et aux thérapies les plus récentes. La constitution individuelle et la volonté des patients sont prises en compte. Cette conférence sur les tumeurs rassemble les vastes connaissances spécialisées des médecins et constitue un élément central du Centre des maladies de l’intestin et du pancréas, où les connaissances accumulées sont mises en commun pour définir des approches thérapeutiques optimales.

« Depuis 2016, nous dispensons des cours aux étudiants ici, à la clinique universitaire. Ce qui nous a vraiment permis d’avancer, c’est que nous avions une totale liberté dans la manière d’organiser l’enseignement pour les étudiants. Les professeurs et les médecins ont pu intégrer dans l’enseignement ce qui leur avait manqué lorsqu’ils étaient eux-mêmes étudiants. Les cours sont adaptés à la pratique et vice versa. Nous avons actuellement 74 étudiants qui sont très proches de nous et travaillent en étroite collaboration avec nous. « Mettre en place l’enseignement et la recherche dans un grand centre hospitalier qui, auparavant, n’était qu’un simple centre de soins spécialisé, cela a été un défi, mais ça a fonctionné », raconte le Prof. Dr Winde en rétrospective, concluant ainsi notre entretien.

Merci beaucoup, Prof. Dr Winde, pour votre évaluation de la chirurgie assistée par robot et pour cet aperçu de l’excellente collaboration au sein de la clinique universitaire de Herford !