Le Dr Andreas Ottersbach, chirurgien orthopédiste hautement spécialisé, est médecin-chef et directeur de la clinique orthopédique du Centre hospitalier du Haut-Valais à Brigue. Il s'est très tôt lancé dans la numérisation du bloc opératoire, faisant ainsi de la clinique orthopédique du Centre hospitalier un pionnier en la matière. Il a ainsi réussi à mettre en place et à établir des normes chirurgicales optimisées, alliant haute précision et respect rigoureux des processus. Avec son idée de développer un dispositif innovant de positionnement des jambes – le RotexTable® –, le Dr Ottersbach a révolutionné les procédures chirurgicales orthopédiques à l’échelle mondiale. Il est considéré en Suisse comme le pionnier du concept Fast-Track Rapid Recovery™ en orthopédie, qui permet d’accélérer les processus de convalescence et de standardiser et d’améliorer en permanence tous les processus liés au remplacement articulaire.

Leading Medicine Guide : Dr Ottersbach, votre enthousiasme pour la nouveauté doit être inné. Au départ, c’est le sport qui vous a fasciné. L’intérêt pour les avancées techniques et numériques en médecine est venu plus tard, n’est-ce pas ?
Dr Andreas Ottersbach : Oui, dans ma jeunesse, j’étais moniteur de surf et j’ai participé en 1986, alors que j’avais une vingtaine d’années, au championnat du monde de surf en Italie. Pendant cinq ans, parallèlement à mes études de médecine à Münster, j’ai été propriétaire et directeur de l’école de surf et de voile Diemelsee dans le Sauerland ; je suis né à Bochum. Parallèlement, je me suis également essayé à la musique sacrée et je peux me targuer d’être cantor adjoint.
Depuis mon arrivée au Centre hospitalier du Haut-Valais à Brigue en 2005, où je dirige le service d’orthopédie depuis 2008, la numérisation en orthopédie, en particulier dans le domaine chirurgical, me fascine. L’ordinateur a également profondément transformé notre quotidien médical. Aujourd’hui, on ne peut plus imaginer le bloc opératoire sans les technologies informatiques modernes, et je les utilise avec enthousiasme. Elles permettent d’atteindre un tout nouveau niveau de précision, de fiabilité et d’exactitude. Notre travail est minutieusement consigné, ce qui rend nos succès mesurables. On peut le vérifier précisément dans le Registre suisse des implants (SIRIS).
Leading Medicine Guide : Les résultats de votre travail en orthopédie à l’Hôpital du Haut-Valais – que dit le SIRIS à ce sujet ?
Dr Andreas Ottersbach : À l’échelle nationale, l’Hôpital du Haut-Valais obtient des résultats supérieurs à la moyenne tant dans le domaine des prothèses du genou que dans celui des prothèses de la hanche. Chez nous, le nombre de révisions – c'est-à-dire de nouvelles opérations de remplacement – est nettement inférieur à la moyenne suisse. Cela signifie que nous enregistrons nettement moins de complications lors de nos opérations d'implantation. De plus, le SIRIS nous a attesté une amélioration continue des résultats.
Leading Medicine Guide : Pouvez-vous nous expliquer plus en détail à quoi cela tient ? Ces bons résultats ne s’obtiennent pas du jour au lendemain, ils sont le fruit d’un travail considérable. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Dr Andreas Ottersbach : En 2005, j’ai introduit à Brig la technique de navigation en arthroplastie du genou, que j’utilise systématiquement depuis 1999. Comparé à la hanche, le genou est une articulation de structure plus complexe qui pose aux chirurgiens d’importants défis techniques. L’articulation implantée doit s’ajuster parfaitement à l’axe de la jambe et offrir une bonne mobilité. Avec la technique de navigation assistée par ordinateur, nous travaillons à l’aide de rayons infrarouges, d’émetteurs et de caméras. Les incisions osseuses sont ainsi contrôlées avec une grande précision et peuvent être modifiées de manière optimale pendant l’opération. L'ajustement de l'implant, la mobilité et la tension des ligaments peuvent être réalisés, vérifiés et enregistrés numériquement avec une grande précision. Les avantages sont évidents et les chiffres le prouvent : les patients ont globalement moins de « douleurs », ce qui explique que notre taux de révisions soit inférieur à la moyenne suisse.
Leading Medicine Guide : En 2018, vous avez été l’un des pionniers de la numérisation en salle d’opération. Que peuvent en imaginer les profanes en médecine ?
Dr Andreas Ottersbach : Lors des opérations, nous sommes assistés par un gestionnaire de processus numérique. Même les étapes chirurgicales les plus infimes y sont définies et standardisées. La prochaine étape est annoncée sur un écran ou par voix off, puis confirmée par le chirurgien ou un membre de l’équipe. Cela permet de créer simultanément un protocole opératoire minutieux que nous pouvons vérifier régulièrement. Si des améliorations s’avèrent nécessaires ou si de nouvelles connaissances médicales apparaissent, le programme peut être révisé et optimisé. Avec la numérisation peropératoire, nous avons innové en Suisse et d’autres cliniques ont suivi cet exemple.

Leading Medicine Guide : Vous avez non seulement fait preuve d’une vision stratégique en orthopédie, mais une table d’opération spéciale, conçue selon vos principes fondamentaux, est également utilisée dans le monde entier pour les prothèses de hanche et les arthroscopies de la hanche.
Dr Andreas Ottersbach : Oui, il s’agit de la RotexTable®, un dispositif spécial permettant de positionner la jambe. Grâce à elle, le chirurgien peut lui-même déplacer et ajuster avec précision la jambe du patient sans avoir besoin de l’aide du personnel de positionnement. Grâce à ses caractéristiques de conception particulières, le chirurgien peut bien sentir et contrôler la tension des tissus, ce qui renforce la sécurité des patients. Une fonction de l’aide de positionnement ergonomique, à savoir l’abaissement de la jambe, est commandée électriquement par le chirurgien et constitue un argument de vente unique. Le pied du patient est positionné de manière particulièrement ergonomique dans le RotexShoe®. Le concept à la base de cet accessoire de positionnement unique repose également sur mes idées fondamentales. J'ai publié plusieurs articles à ce sujet et nous formons régulièrement des chirurgiens du monde entier à l'ensemble de cette technique, que j'ai baptisée « Process optimized minimally invasive total hip replacement », c'est-à-dire « arthroplastie totale de la hanche mini-invasive optimisée ».

Leading Medicine Guide : Vous êtes considéré comme un fervent défenseur du concept « Rapid Recovery ». Pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?
Dr Andreas Ottersbach : « Rapid Recovery » signifie littéralement « guérison rapide » et constitue un concept global. En principe, cela signifie remettre les patients en mouvement le plus rapidement possible après une arthroplastie. Cela signifie que chez nous, la majorité des patients opérés font leurs premiers pas dès six heures après l’intervention. Dès le lendemain, beaucoup sont capables de monter les escaliers et, peu de temps après, nous pouvons les renvoyer chez eux ou en rééducation. Ce concept fonctionne parce que nous nous sommes systématiquement concentrés sur les méthodes de traitement réellement efficaces et que nous avons abandonné les techniques traditionnelles qui ne donnaient tout simplement pas les résultats escomptés. Au sein de groupes de travail interdisciplinaires, nous avons également développé des protocoles de soins standardisés, optimisé la prise en charge de la douleur et libéré les patients des tubes et cathéters inutiles. Là encore, les résultats sont clairement mesurables et les fruits de notre travail sont visibles. Les patients se réjouissent de retrouver si rapidement leur mobilité, ce qui favorise l’ensemble du processus de guérison, y compris sur le plan psychologique.
Dr Ottersbach, merci beaucoup pour ces aperçus intéressants sur les innovations en matière de prothèses articulaires, leur utilisation et leur renouvellement !
Si vous souhaitez contacter le Dr Andreas Ottersbach, vous pouvez le faire très facilement via sa page de profil dans le Leading Medicine Guide.
