Une robotique de haute précision entre les mains d'un spécialiste : le professeur Robert Rosenberg compte parmi les chirurgiens les plus réputés pour l'utilisation du système chirurgical robotisé Da Vinci. La robotique, qui fait depuis longtemps partie des standards en chirurgie de la prostate, est également de plus en plus utilisée en chirurgie abdominale. Le médecin-chef du service de chirurgie viscérale de l’Hôpital cantonal de Bâle, qui jouit d’une renommée internationale en tant que spécialiste reconnu sur le site de Liestal, est l’un des artisans de cette tendance. Dans un entretien avec le Leading Medicine Guide, il explique ce qui caractérise exactement cette technologie chirurgicale de pointe. De plus, ce médecin expérimenté et hautement qualifié évoque les perspectives de guérison après une intervention robotisée.

Leading Medicine Guide : Qu'est-ce qui distingue exactement la technologie robotique Da Vinci des méthodes chirurgicales traditionnelles ?
Prof. Dr Robert Rosenberg : Ce qui est vraiment formidable avec cette technologie, c'est la précision du robot, que la main humaine ne peut atteindre. Le robot est équipé de quatre bras sur lesquels sont installés différents instruments, dont une caméra. Ces bras sont commandés depuis une console externe, à l’aide d’un joystick. C’est donc toujours moi qui opère en tant que chirurgien, et non le robot. La seule différence, c’est que je suis assis devant l’écran au lieu d’être debout devant la table d’opération. La particularité des bras robotiques réside également dans le fait qu’ils sont bien plus mobiles que la main humaine. Il est ainsi possible d’effectuer des rotations allant jusqu’à 360 degrés, ce qui permet de réaliser des incisions et d’appliquer des techniques de haute précision dans des espaces très restreints. De plus, la caméra projette sur l’écran de la console une image d’une netteté exceptionnelle de la cavité abdominale, avec un grossissement de dix fois. Le robot est un système formidable qui soutient et facilite le travail chirurgical.
Leading Medicine Guide : Quelle innovation ! Comment cette technologie s'est-elle développée au fil du temps ?
Prof. Dr Robert Rosenberg : C'est l'urologie qui a historiquement fait le succès de cette technologie. Aujourd'hui, on ne peut plus imaginer la chirurgie de la prostate sans ce robot, qui est désormais considéré comme la norme. En effet, grâce à la précision de la dissection, les fibres nerveuses sont particulièrement préservées, du moins selon l'opinion scientifique dominante. Au fil des ans, le robot a également été de plus en plus utilisé en gynécologie et en chirurgie abdominale.
Leading Medicine Guide : Et comment cela s'est-il poursuivi ?
Prof. Dr Robert Rosenberg : La technologie a été continuellement optimisée et perfectionnée. Auparavant, les interventions en chirurgie abdominale étaient plus difficiles. Imaginez la situation suivante : lors d’une opération de l’intestin, nous devons progresser de la partie supérieure gauche de l’abdomen vers la partie inférieure gauche, jusqu’au petit bassin. Il faut alors beaucoup déplacer les bras du robot. Entre-temps, les bras du robot sont devenus de plus en plus fins, et leur mobilité s’est considérablement améliorée. Le robot Da Vinci est donc un excellent outil, y compris pour la chirurgie abdominale. Et cela ne se limite pas à Bâle : partout dans le monde, de plus en plus d’interventions de chirurgie abdominale sont réalisées à l’aide de la technologie robotique.

Leading Medicine Guide : Qu'en est-il dans votre clinique ?
Prof. Dr Robert Rosenberg : Chez nous, le robot est utilisé depuis déjà cinq ans. Nous sommes justement en train de passer au dernier modèle et réalisons actuellement une centaine d’opérations robotisées par an. Il s’agit principalement d’opérations intestinales et de hernies, notamment de hernies diaphragmatiques. Ce sont pour l’instant les trois domaines principaux – et les résultats sont tous très bons.
Leading Medicine Guide : Y a-t-il parfois des réticences de la part des patients qui hésitent à se faire opérer par un robot ?
Prof. Dr Robert Rosenberg : Curieusement, ce n’est pas du tout le cas. Il y a certes quelques patients qui posent eux-mêmes la question, mais cela tient sans doute davantage au fait que cette méthode chirurgicale est peu connue. Lorsque nous expliquons la méthode lors de l’entretien d’information, l’intérêt des patients est immédiatement très grand. Heureusement, nous n’avons jusqu’à présent eu aucune expérience négative avec le système robotique, nous pouvons donc le recommander sans réserve.
Leading Medicine Guide : Les bras plus fins du robot et une méthode chirurgicale moins invasive améliorent également les pronostics de guérison, n'est-ce pas ?
Prof. Dr Robert Rosenberg : Oui, c'est la théorie et ma conviction. Il est toutefois très difficile de le mesurer de manière claire. Il est clair que l'intervention mini-invasive est déjà beaucoup moins invasive qu'une grande incision abdominale. La technologie robotique présente l'avantage, par rapport à la chirurgie mini-invasive ou laparoscopique, d'offrir une meilleure vue d'ensemble et un accès simplifié. La suture est également nettement plus facile avec le robot. Cependant, les études scientifiques n’ont pas encore permis de démontrer que l’utilisation de la technologie robotique améliore significativement les perspectives de guérison. Nous avons toutefois l'impression que les patients opérés avec le robot Da Vinci se rétablissent un peu plus rapidement. Cependant, ces différences ne peuvent pas encore être mesurées scientifiquement, d'autant plus que nous obtenons déjà d'excellents résultats avec la technique mini-invasive classique.
Leading Medicine Guide : Qu’est-ce que cela fait d’être directement impliqué dans des innovations aussi importantes de la médecine de pointe ?
Prof. Dr Robert Rosenberg : En tant que médecin-chef d’un grand hôpital cantonal, il est important pour moi que nous, chirurgiens, puissions prendre part à ces innovations et évoluer grâce aux technologies les plus récentes. Cela profite à nos patients, qui bénéficient du fait que nous sommes à la pointe des connaissances. En effet, les systèmes robotiques vont continuer à évoluer dans les années à venir et s’imposeront de plus en plus dans le domaine médical.

Leading Medicine Guide : Y a-t-il d’autres innovations dans le domaine de la chirurgie intestinale qui ont déjà trouvé leur place dans votre pratique ?
Prof. Dr Robert Rosenberg : Ce qui est remarquable et a encore amélioré nos résultats, c'est le contrôle innovant de la perfusion de l'anastomose à l'aide d'un colorant fluorescent pendant l'opération. Voici comment cela fonctionne : lorsque l’on retire un segment de l’intestin, les deux extrémités doivent être bien reliées entre elles afin de rétablir la fonction intestinale. Pour cela, on procède à ce qu’on appelle une anastomose, c’est-à-dire une jonction intestinale. Il faut alors veiller à ce que la circulation sanguine soit assurée jusqu’aux extrémités les plus distales.
Leading Medicine Guide : Et comment cela se passe-t-il concrètement ?
Prof. Dr Robert Rosenberg : Depuis quelques années, on utilise la méthode PINPOINT : il s'agit d'un appareil qui utilise un colorant fluorescent, l'ICG, c'est-à-dire l'indocyanine verte. Ainsi, lorsque j’ai deux extrémités intestinales que je souhaite relier, l’anesthésiste injecte de l’ICG par voie intraveineuse. Pour cela, nous obscurcissons la salle et utilisons une caméra laser spéciale. Cela nous permet de voir où l’intestin se colore en vert. Et si la coloration fait défaut à certains endroits, je sais alors que je dois encore retirer un morceau à cet endroit. Cette application a encore nettement amélioré les résultats en chirurgie intestinale ces dernières années.
Leading Medicine Guide : Un grand merci pour cet entretien passionnant et instructif, Prof. Dr Rosenberg !
Le Prof. Dr méd. Robert Rosenberg FACS, EMBA est un chirurgien hautement spécialisé en chirurgie tumorale et viscérale qui, en tant que médecin-chef de la chirurgie viscérale, dirige également le prestigieux centre de cancérologie colorectale de l’Hôpital cantonal de Bâle. En tant que chirurgien colorectal senior certifié, il jouit d’une réputation internationale et d’une expertise diagnostique et thérapeutique exceptionnelle. À Liestal, l'équipe chirurgicale propose l'ensemble des interventions de chirurgie viscérale en chirurgie ouverte, laparoscopique (technique mini-invasive par « trou de serrure ») et robot-assistée. Pour en savoir plus sur l'Hôpital cantonal de Bâle-Campagne, site de Liestal, et sur le professeur Robert Rosenberg, consultez la page de profil dans le Leading Medicine Guide.
