Entretiens avec des experts
Les possibilités offertes par la chirurgie de la hanche préservant l'articulation : entretien avec le professeur Günther
Alexandra Pfitzmann · 3 mars 2025
Le professeur Klaus-Peter Günther, docteur en médecine et titulaire d'une habilitation, est une sommité dans le domaine de la chirurgie de la hanche et de l'arthroplastie de la hanche. En tant que directeur général du Centre universitaire d'orthopédie, de chirurgie traumatologique et plastique de l'hôpital universitaire Carl Gustav Carus de Dresde, il allie expertise médicale et approches innovantes dans le traitement des maladies articulaires. Il se consacre en particulier aux prothèses de hanche complexes, aux révisions prothétiques ainsi qu'à la chirurgie de la hanche visant à préserver l'articulation.
Le centre dirigé par le Prof. Dr Günther bénéficie du label de centre d'arthroplastie de soins maximaux, une certification qui garantit les normes les plus élevées en matière de soins arthroplastiques. Cette reconnaissance reflète l'excellente qualité des traitements, assurée par des chirurgiens expérimentés et certifiés tels que le Prof. Dr Günther. En tant que chirurgien principal senior, il est reconnu pour ses compétences professionnelles exceptionnelles. Dans son activité clinique, le Prof. Dr Günther se consacre à l’ensemble du spectre de la chirurgie de la hanche. Cela comprend les arthroplasties primaires et de révision en cas de complications diverses, les interventions arthroscopiques en cas de conflit fémoro-acétabulaire et de déformations, ainsi que les opérations de réorientation et les ostéotomies pelviennes. Son approche se caractérise par un haut degré de précision, des techniques chirurgicales de pointe et des soins centrés sur le patient.
L'engagement scientifique du Prof. Dr Günther se reflète dans ses nombreuses publications et ses nombreuses années de recherche. Ses travaux portent principalement sur la recherche en matière de soins liés au remplacement de la hanche et sur l'épidémiologie des maladies articulaires dégénératives. Ses travaux de recherche donnent des impulsions importantes au développement de la médecine orthopédique et endoprothétique. En tant que titulaire de la chaire d'orthopédie à l'Université technique de Dresde, le Prof. Dr Günther joue un rôle central dans la formation des jeunes médecins. Parallèlement, il s'engage au sein de sociétés savantes, de comités d'examen et de commissions, ce qui souligne son influence sur le développement de la discipline. Grâce à sa contribution, la clinique universitaire Carl Gustav Carus de Dresde compte parmi les cliniques les plus prestigieuses d'Allemagne et fait figure de référence en matière de soins orthopédiques et de chirurgie traumatologique. Le Prof. Dr Klaus-Peter Günther incarne l'excellence en science et en prise en charge des patients.
La rédaction du Leading Medicine Guide a pu s'entretenir avec le Prof. Dr Günther au sujet des possibilités actuelles de la chirurgie de la hanche conservatrice.

La chirurgie de la hanche préservant l'articulation offre des approches innovantes pour traiter les maladies et les blessures de l'articulation de la hanche sans avoir à la remplacer par une prothèse. L'objectif est de préserver autant que possible la fonction et la structure naturelles de l'articulation de la hanche, tout en soulageant la douleur et en améliorant la mobilité des patients. Ces techniques jouent un rôle particulièrement important chez les patients jeunes et ceux atteints de maladies articulaires dégénératives à un stade précoce. Grâce à l'utilisation de techniques mini-invasives, d'un diagnostic précis et de procédures chirurgicales modernes, il est possible de corriger les déformations, de réparer les lésions et, dans de nombreux cas, d'assurer la santé à long terme de l'articulation de la hanche.
Afin de déterminer si un patient est éligible à une chirurgie de la hanche conservatrice, un diagnostic détaillé et progressif est nécessaire.
Celui-ci commence par une anamnèse détaillée, au cours de laquelle les symptômes du patient sont interrogés avec précision. L'intensité, la localisation et l'évolution de la douleur, ainsi que les limitations fonctionnelles et les répercussions sur la vie quotidienne jouent ici un rôle central. Les antécédents, tels que les blessures antérieures, les opérations ou les pathologies préexistantes comme la dysplasie de la hanche ou l'arthrose, sont également soigneusement consignés. L'examen clinique de l'articulation de la hanche fournit d'autres indications importantes. Le médecin vérifie la mobilité de l'articulation, recherche des limitations de mouvement ou des blocages douloureux et teste des situations de contrainte spécifiques susceptibles de révéler un conflit fémoro-acétabulaire ou une dysplasie. Les faiblesses musculaires, les instabilités ou les sollicitations incorrectes sont également relevées, car elles sont souvent des symptômes associés à un problème articulaire sous-jacent.
« Il doit exister une anomalie morphologique avérée de l'articulation de la hanche pour pouvoir envisager une intervention de préservation de l'articulation. Le patient doit présenter des symptômes, sinon il ne consulterait pas, et l'anomalie morphologique doit être vérifiable. De plus, il ne doit pas y avoir d’arthrose importante de la hanche, et le patient doit être d’âge jeune ou moyen. Chez les patients de plus de 50 ans, on fait preuve de prudence quant aux interventions de préservation de l’articulation de la hanche. Les trois principales anomalies de la hanche sont : la « dysplasie », dans laquelle la hanche présente un « toit » défectueux. Il s'agit généralement d'une anomalie congénitale, un trouble dit de maturation de l'articulation de la hanche, dans lequel la cupule est trop petite, trop courte ou trop inclinée et ne résiste donc pas à la charge. Le deuxième grand groupe de pathologies est celui de l’« impingement », c’est-à-dire le frottement de l’articulation de la hanche. Il existe deux sous-formes : le « conflit de type came », dans lequel la tête fémorale, qui devrait être ronde, présente un petit renflement qui vient buter contre le cotyle. Il y a ensuite le conflit en pince, dans lequel la cavité cotyloïdienne est trop large et la tête fémorale vient buter lors des mouvements en fin d’amplitude. Le troisième groupe comprend d’autres anomalies de forme, comme par exemple les défauts d’alignement de la cuisse », explique le Prof. Dr Günther au début de notre entretien.
Techniques d'imagerie modernes dans le diagnostic et la planification chirurgicale de l'articulation de la hanche.
« La base de l’imagerie diagnostique est toujours une radiographie du bassin et de l’articulation de la hanche concernée. En règle générale, celle-ci est complétée par une IRM, qui, dans ces cas, est une IRM spécifique avec des séquences radiales et, si nécessaire, un produit de contraste, ainsi qu’une mesure de la rotation du fémur. Cela fait partie du diagnostic standard. Dans certains cas, le diagnostic est complété par un scanner, bien que ce ne soit pas l’imagerie en coupe de premier choix. Une fois les résultats du patient confirmés par l’imagerie, une intervention chirurgicale appropriée peut être planifiée », explique le Prof. Dr Günther à propos des mesures diagnostiques.
L'IRM est particulièrement utile, car elle permet une visualisation détaillée des structures des tissus mous telles que le cartilage, le labrum et les tendons. Elle aide à identifier des lésions ou des anomalies telles que des déchirures du labrum, des lésions cartilagineuses ou des modifications inflammatoires. De plus, l'IRM permet de détecter des modifications subtiles indiquant des stades précoces de maladies dégénératives ou de surmenage mécanique. Le scanner, quant à lui, offre une image haute résolution des structures osseuses de l’articulation de la hanche. Il est utile pour évaluer avec précision les malpositions telles que le conflit fémoro-acétabulaire (CFA) ou la dysplasie de la hanche. Les reconstructions tridimensionnelles permettent de visualiser des conditions anatomiques complexes, ce qui facilite une planification chirurgicale précise. Ces informations peuvent s’avérer particulièrement utiles lors d’ostéotomies de réorientation ou d’autres corrections osseuses pour réaliser l’intervention avec précision et en toute sécurité.
En chirurgie de la hanche conservatrice, on privilégie de plus en plus les techniques mini-invasives, car elles offrent de nombreux avantages par rapport aux procédures ouvertes conventionnelles.
« Selon la pathologie en cause, il existe différentes techniques. Les opérations pour traitement du conflit fémoro-acétabulaire peuvent souvent être réalisées par arthroscopie seule. Il existe cependant aussi des procédures assistées par arthroscopie, dans lesquelles on pratique une petite incision cutanée pour une mini-ouverture articulaire et on introduit en plus l’arthroscope pour l’arthroscopie. Cette technique combinée est utilisée par environ un tiers des chirurgiens pratiquant des interventions mini-invasives en Allemagne, les deux autres tiers réalisant l’opération d’impingement par arthroscopie pure. En revanche, si le patient souffre d’une dysplasie de la hanche, il n’est pas possible de pratiquer une intervention mini-invasive – dans ce cas, une opération dite de réorientation, c’est-à-dire une réorientation du bassin, est généralement nécessaire. Bien que celle-ci soit de plus en plus souvent réalisée en préservant les tissus, elle constitue tout de même une intervention plus importante. « Pour d’autres interventions impliquant une réorientation, il n’est pas non plus possible de recourir à une approche mini-invasive. Il faut alors pratiquer une incision et sectionner l’os, qui est ensuite réassemblé à l’aide d’une plaque et fixé par des clous », précise le Prof. Dr Günther.
Les avantages des techniques mini-invasives résident principalement dans une récupération postopératoire plus rapide, une douleur moindre et un taux de complications plus faible. Comme les muscles et les tissus mous environnants sont largement préservés, la stabilité de l’articulation est maintenue et les patients peuvent reprendre plus rapidement leurs activités quotidiennes. De plus, le risque de cicatrices et d’infections est réduit.
En tant que centre spécialisé en endoprothèse, la clinique universitaire Carl Gustav Carus de Dresde dispose d’une expertise particulièrement pointue et réalise environ 120 opérations de conversion par an.
Les résultats à long terme des interventions de préservation de l'articulation et d'une prothèse de hanche dépendent fortement de la situation initiale individuelle du patient, notamment de son âge, de son niveau d'activité et de la gravité de la pathologie articulaire.
Les interventions de préservation de l'articulation, telles que l'arthroscopie de la hanche ou les ostéotomies de réorientation, visent à préserver l'anatomie naturelle de l'articulation de la hanche et à optimiser les contraintes mécaniques. « Les résultats à long terme dépendent bien sûr de la pathologie sous-jacente, de la qualité du traitement et de l’ampleur de la déformation au moment de l’opération. Dans la plupart des cas, il est possible d’éviter ou de retarder la pose d’une prothèse de hanche. Cependant, en cas de lésion déjà avancée et lorsque le traitement conservateur ne suffit plus, une prothèse de hanche est nécessaire. Toutes les interventions, qu’elles soient de préservation de l’articulation ou avec prothèse de hanche, ont, lorsqu’elles sont correctement choisies et réalisées, un taux de survie d’au moins 80 à 90 % au cours des 10 premières années. « Le taux de réussite de la chirurgie de préservation de l'articulation n'est que de quelques points de pourcentage inférieur à celui de la prothèse de hanche, mais on dispose toujours de l'option de la prothèse de hanche si la chirurgie de préservation de l'articulation échoue », explique le Prof. Dr Günther.
Alors que les mesures de préservation de l'articulation favorisent le fonctionnement naturel de l'articulation et éliminent le risque de complications liées à la présence de matériel étranger, les endoprothèses offrent une solution définitive pour les pathologies articulaires graves. Le choix entre ces deux approches dépend donc non seulement de l’état actuel de l’articulation, mais aussi des attentes et des besoins à long terme du patient.
Concernant la durée de convalescence des patients pour les deux procédures, le Prof. Dr Günther commente : « Là encore, tout dépend de ce qui a été fait. En règle générale, les patients ayant subi une arthroplastie totale ont besoin d’environ trois mois pour retrouver une vie quotidienne normale, tandis que les patients ayant subi une arthroscopie pour retirer une petite excroissance peuvent à nouveau se déplacer normalement après environ quatre à six semaines ».
Le succès à long terme d’une opération de la hanche visant à préserver l’articulation dépend de plusieurs facteurs qui concernent à la fois l’intervention chirurgicale et la prise en charge postopératoire.
Les personnes qui, avant l’opération, présentent une faible sollicitation articulaire et des structures osseuses relativement stables ont plus de chances de se rétablir avec succès et d’obtenir un bon résultat à long terme. La technique du chirurgien constitue un autre facteur de réussite important. Le choix de la technique chirurgicale appropriée, en fonction des caractéristiques anatomiques individuelles du patient, permet d’optimiser la sollicitation de l’articulation et de minimiser le risque de complications. Une mobilisation précoce, des mesures de kinésithérapie ciblées et la prévention des surcharges pendant la phase de guérison contribuent de manière décisive à la stabilité à long terme de l'articulation. Le patient lui-même peut contribuer de manière importante à l'optimisation du résultat en respectant les consignes postopératoires, en s'entraînant régulièrement en physiothérapie et en améliorant sa condition physique grâce à des exercices ciblés. L'objectif est de renforcer la musculature autour de l'articulation de la hanche, ce qui favorise la stabilité articulaire et réduit le risque de nouvelle lésion. De plus, il est conseillé d'éviter le surpoids, car une pression supplémentaire sur l'articulation peut nuire à la guérison et à la durée de vie de celle-ci. Les patients doivent également veiller à avoir une alimentation équilibrée afin de favoriser la santé osseuse et de faciliter le processus de guérison.
« La rééducation dépend fortement du type d'opération. Si un patient a subi une arthroplastie de la hanche ou du fémur, il ne doit exercer qu'une charge partielle pendant six semaines à l'aide de béquilles, puis peut augmenter progressivement la charge. En cas d’arthroscopie avec ablation d’une excroissance, une mise en charge immédiate est parfois possible, ou bien après une à deux semaines. Si des interventions telles que des greffes de cartilage sont pratiquées, la période de repos est un peu plus longue, de six à huit semaines. « Mais en principe, tous les patients peuvent se tenir debout de manière autonome dès le jour de l’opération », explique le Prof. Dr Günther à propos des temps de récupération des patients, et c’est ainsi que nous concluons notre entretien.
Un grand merci, Monsieur le Professeur Günther, pour ces précieuses informations sur l’arthroplastie !
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