Le Dr Daniel Dindo, médecin et professeur agrégé, est un proctologue hautement spécialisé. Avec son cabinet Proctomed, partenaire du Centre chirurgical de la clinique Hirslanden à Zurich, il figure parmi les spécialistes reconnus, tant au niveau national qu'international, dans le domaine des maladies de l'intestin et du rectum. Dans son domaine de spécialité, qui peut paraître quelque peu inhabituel à première vue, il peut se prévaloir de nombreuses publications scientifiques. Il compte parmi les experts les plus sollicités au niveau international pour le sujet sensible de l’incontinence fécale. En 2008, il a été nommé spécialiste européen en coloproctologie par l’European Board of Surgery Qualification ; depuis, il consacre toute sa passion médicale à cette discipline.

Le Dr Daniel Dindo aimerait sensibiliser davantage le public. « Le sujet de l’incontinence fécale est malheureusement associé à la honte et à la timidité », constate-t-il régulièrement. Les personnes concernées se taisent et souffrent, parfois pendant de nombreuses années. À plusieurs reprises, le Dr Dindo a tenté d’attirer l’attention des rédactions de magazines ou de stations de radio sur cette problématique. Les réactions ont été frustrantes, décrit-il : « Ce n’est pas un sujet qui nous intéresse », m’a-t-on malheureusement répété à maintes reprises.
Jusqu’à 40 % des personnes âgées souffrent d’incontinence fécale
Or, un débat public sur cette question sensible serait très important. « Jusqu’à 6 % de la population souffre d’incontinence fécale, et ce chiffre atteint 40 % dans les maisons de retraite. Lorsque l’on ne contrôle plus ses intestins, toute la vie sociale s’en trouve considérablement affectée », rapporte le Dr Dindo. C’est pourquoi il est agacé que les rédacteurs des médias grand public refusent ainsi d’aborder le sujet.

Le problème de l’incontinence fécale se traite bien
Car ce proctologue de renommée internationale le sait : « Il n’est pas nécessaire de vivre avec l’incontinence fécale. C’est traitable, et même très bien traitable. Et j’aimerais rendre ces faits accessibles à un large public afin de redonner une qualité de vie aux personnes concernées. » Il n’a pas encore complètement perdu espoir, car « l’incontinence urinaire a bien réussi à sortir du tabou médiatique à un moment donné. Peut-être qu’un jour, on parviendra aussi à sortir le sujet de l’incontinence fécale du silence », se dit confiant le Dr Dindo.
Spécialisation dans un domaine de niche
C’est plutôt par hasard que la proctologie, une branche spécifique de la médecine qui traite des maladies du rectum, du côlon et du canal anal, est devenue son domaine de spécialité. Le Dr Dindo se souvient : « Au cours de ma formation à l’hôpital universitaire de Zurich, j’ai intégré l’équipe colorectale. De manière assez imprévue. » Mais son intérêt pour cette niche de la chirurgie était éveillé. Il avoue que sa sous-spécialisation est quelque peu sous-estimée par ses collègues. De nombreux chirurgiens maîtrisent les opérations proctologiques les plus courantes, « mais lorsqu’il s’agit d’interventions spécialisées, comme la chirurgie des sphincters, cela ne devrait être pratiqué que par un expert confirmé », souligne le Dr Dindo.

La proctologie chirurgicale n’est pratiquée que dans des centres spécialisés
La proctologie n’est qu’en apparence un domaine trivial, et la proctologie chirurgicale n’est pratiquée que dans des centres spécialisés. « Malheureusement, nous sommes confrontés au problème que de nombreux médecins traitent des maladies proctologiques alors qu’ils ne possèdent pas la qualification requise », constate régulièrement le Dr Dindo. Son œil exercé suffit, par exemple, à examiner une petite inflammation au bord de l’anus pour qu’il puisse immédiatement la diagnostiquer et mettre en place le traitement approprié. « Mais si l’on ne voit pas souvent l’ensemble des tableaux cliniques, on ne peut tout simplement pas interpréter correctement une altération cutanée apparemment bénigne et on traite le patient de manière inadaptée. »
Un réseau solide avec des collègues spécialistes du monde entier
Hémorroïdes, fistules anales, fistules coccygiennes, problèmes de continence anale ou lésions du sphincter dues à des cancers, des traumatismes obstétricaux ou d’autres maladies : avec plus de quatre mille consultations par an, le Dr Dindo est l’un des spécialistes de l’intestin les plus expérimentés. Avec plus de cinq cents opérations par an, il utilise les procédures et techniques les plus éprouvées à l’heure actuelle. Grâce à son réseau mondial de collègues spécialisés et à sa mise à jour constante des dernières avancées scientifiques, il sait évaluer la pertinence et l’efficacité des différentes thérapies. « En coloproctologie chirurgicale, beaucoup de choses ont déjà été essayées, des techniques sont apparues puis ont disparu, mais toutes ne se sont pas imposées. »

a) Hémorroïdes b) Veine périanale c) Hémorroïdes externes c) Fistule anale d) Fissure anale e) Eczéma f) Tumeur du rectum
Ce sont les patients eux-mêmes qui doivent briser le tabou
Il ne peut donc que conseiller aux patients de se mettre en quête d’un spécialiste reconnu. Il recommande que l’hôpital dispose d’un service de proctologie important et propose également la proctologie chirurgicale. Et il serait souhaitable que les patients eux-mêmes commencent à briser le tabou entourant les maladies du rectum. « Pour nous, médecins, au fond – d’un point de vue purement objectif –, peu importe la partie du corps que nous traitons, qu’il s’agisse de la tête ou des pieds. Nous voulons aider et soigner, c’est là-dessus que nous nous concentrons », explique une nouvelle fois avec insistance le Dr Dindo. « Pour nous, les problèmes proctologiques sont aussi normaux que n’importe quelle autre maladie. » Il souhaite qu’une attitude plus détendue se généralise chez les personnes concernées. Il continuera néanmoins à s’engager dans la communication autour de ce sujet important. « Les gens doivent simplement savoir que l’incontinence fécale se soigne très bien ! »
Nous remercions le Dr Dindo pour cet entretien intéressant et franc et espérons, tout comme lui, que ce sujet bénéficiera à l’avenir d’une plus grande ouverture et d’une meilleure couverture médiatique. Vous pouvez contacter directement notre spécialiste via sa page de profil sur le Leading Medicine Guide.

