La chirurgie externe des voies lacrymales (intervention de Toti ou dacryocystorhinostomie) est une méthode de traitement chirurgical de l'obstruction des voies lacrymales de l'œil (sténose des voies lacrymales). Lorsque les voies lacrymales sont obstruées, cela peut entraîner un « œil qui coule » ou une inflammation des voies lacrymales.
Vous trouverez ici de plus amples informations et des spécialistes.
Qu'est-ce que la sténose des voies lacrymales ?
Les larmes servent à humidifier et à nourrir la cornée, ainsi qu'à nettoyer les yeux lorsqu'un corps étranger y pénètre.
La glande lacrymale est située dans la partie supérieure externe de l'orbite, à l'extérieur de l'œil. Elle produit en permanence du liquide lacrymal qui s'écoule sur la cornée. Deux petits orifices (points lacrymaux) situés sur les paupières supérieure et inférieure (côté nez) recueillent finalement ce liquide.
Les points lacrymaux se prolongent par les deux canaux lacrymaux, qui débouchent ensemble dans le sac lacrymal. De là, le sac lacrymal se prolonge dans le canal nasal. C'est par ce canal que le liquide parvient dans la cavité nasale, où il peut s'écouler.
Glande lacrymale (a) et voies lacrymales : b = point lacrymal supérieur. c = canal lacrymal supérieur. d = sac lacrymal. e = point lacrymal inférieur. f = canal lacrymal inférieur. g = canal lacrymo-nasal
Si ce canal est obstrué, le liquide lacrymal ne peut pas s'écouler et l'œil se met à pleurer. Un canal lacrymal obstrué peut donc entraîner de graves inflammations.
Causes et symptômes
La cause d'une sténose des voies lacrymales n'est pas toujours connue. Les voies lacrymales peuvent être rétrécies ou déviées. Chez les jeunes enfants, la membrane de Hasner ne se résorbe souvent pas correctement après la naissance et obstrue les voies lacrymales. D'autres causes fréquentes sont les inflammations ou les lésions des voies lacrymales.
Le patient remarque une sténose en raison de ses yeux qui coulent abondamment ou débordent. De plus, les personnes concernées se plaignent d'une vision floue et d'une quantité importante de larmes.
Au début, cela se remarque surtout lors de la lecture ou de la conduite automobile. En général, ils ne ressentent pas de douleur au début. Cela change lorsque le canal lacrymal ou la paupière s'enflamme à cause de la sténose.
Options thérapeutiques en cas de sténose des voies lacrymales
Ce ne sont pas seulement des raisons esthétiques et des symptômes désagréables qui justifient un traitement rapide. Dans la plupart des cas, les médecins traitent une sténose des voies lacrymales par une opération du canal lacrymal.
L'intervention peut se dérouler comme suit :
- De l'intérieur, sous forme d'opération endoscopique mini-invasive des voies lacrymales
- De l'extérieur (opération de Toti, dacryocystorhinostomie)
Il existe différentes méthodes de chirurgie du canal lacrymal, qui dépendent des causes. La localisation exacte de l'obstruction joue un rôle dans la planification de l'intervention.
Si la cause de la sténose des voies lacrymales est inconnue, le choix de la méthode chirurgicale n'est pas toujours facile. Le médecin traitant doit en tenir compte lorsqu'il diagnostique une sténose.
Préparatifs et examens préliminaires avant une opération de Toti
Si les symptômes laissent suspecter une sténose des voies lacrymales, vous devez consulter immédiatement un ophtalmologue. Lors de l'anamnèse, vous discuterez avec le médecin de vos antécédents médicaux et de la date d'apparition des symptômes. Il abordera également les causes externes possibles.
À l'aide de différentes méthodes diagnostiques, votre médecin déterminera s'il y a une obstruction ou un rétrécissement du canal lacrymal. Ou si le larmoiement important de l'œil a une autre cause.
Le médecin traitant localise également l'occlusion ou le rétrécissement. Il dispose pour cela de différentes méthodes. Pour diagnostiquer une sténose des voies lacrymales, votre médecin a recours à une échographie et à une radiographie.
Un test de la vue, l'examen externe de l'œil et un lavage des voies lacrymales complètent le diagnostic et les examens. Lors des examens préliminaires, le lavage des voies lacrymales joue un rôle central. Cela permet d'avoir de bonnes chances de localiser la sténose des voies lacrymales.
Le médecin décide ensuite du type d'intervention le plus approprié :
- Une chirurgie endoscopique des voies lacrymales
- Une opération de Toti par voie externe
- Une combinaison
Afin d'éviter tout risque d'hémorragie grave pendant l'opération, vous devez arrêter de prendre vos médicaments anticoagulants avant l'intervention.
Chirurgie des voies lacrymales par voie externe
L'objectif de la chirurgie des voies lacrymales est de rétablir un écoulement normal et sain du liquide lacrymal de la surface de l'œil vers la cavité nasale. Différentes techniques sont disponibles à cet effet. Le médecin détermine, lors de l'examen préliminaire, quelle technique convient le mieux au patient. Il est également possible de changer de technique en cours d'intervention afin d'obtenir le meilleur résultat possible.
Une chirurgie des voies lacrymales, qu'elle soit interne ou externe, ambulatoire ou en hospitalisation, est toujours réalisée sous anesthésie générale.
Les techniques sont les suivantes :
- Irrigation et sondage des voies lacrymales
Chez les enfants, un lavage et un sondage des voies lacrymales suffisent généralement. Le médecin ouvre alors la membrane de Hasner persistante à l'aide d'un lavage sous pression.
Dans certains cas, une mise en place de sondes en silicone est nécessaire, que le médecin retire au bout de trois mois. L'utilisation d'un tube empêche le canal lacrymal de se boucher (à nouveau).
L'intubation des voies lacrymales est la méthode la plus simple et la moins invasive de la chirurgie des voies lacrymales. Elle ne convient pas à tous les types de sténose.
- Microdrilloplastie et dacryoplastie au laser
La microdrilloplastie (MDP) est une autre technique permettant de débloquer le rétrécissement. Elle est réalisée à l'aide d'un fin instrument de forage ou d'un laser (dacryoplastie au laser (LDP)). Ces techniques sont le plus souvent utilisées lors d'interventions endoscopiques sur les voies lacrymales.
- L'opération de Toti
Les médecins ont recours à l'opération de Toti en cas d'inflammation du sac lacrymal (appelée dacryocystite). Elle est également utilisée pour la plupart des lésions des canaux lacrymaux afin d'empêcher une cicatrisation anormale du canal. Contrairement aux interventions de recanalisation préservant l'anatomie, le principe de l'opération de Toti consiste à créer une voie d'écoulement supplémentaire, à la manière d'un pontage.
Pour ce faire, ils pratiquent une fine incision dans la région nasale (à proximité immédiate du coin de l'œil). Ils ouvrent ensuite le sac lacrymal et les os menant à la cavité nasale. La plupart du temps, ils le perforent pour créer une ouverture artificielle.
Ils suturent ensuite le sac lacrymal et la muqueuse nasale afin de créer une voie d'écoulement. La plupart du temps, ils posent également de fines sondes en silicone pendant trois mois. Celles-ci empêchent la formation d'une nouvelle cicatrice et donc l'obstruction des voies lacrymales.
À la fin de l'opération, on procède à la suture cutanée. Les médecins utilisent pour cela un fil de suture très fin qui ne laisse généralement pas de cicatrices visibles.
- Autres méthodes et cas particuliers
D'autres méthodes, notamment des méthodes spéciales, peuvent être utilisées pour la chirurgie des voies lacrymales en fonction des résultats de l'examen.
Une sténose peut également être dilatée à l'aide d'un ballonnet. Si la sténose réapparaît régulièrement, une opération de Jones est nécessaire. Celle-ci crée une communication élargie vers la cavité nasale, dans laquelle les médecins insèrent un petit tube en plastique résistant. Les experts appellent ce petit tube en plastique « tube de Jones » ou « tube de Métaireau ».
La méthode de Jones permet de traiter la plupart des sténoses graves. L'intervention se fait par voie externe et constitue la dernière option possible.
Selon les résultats de l'examen et le type d'opération des voies lacrymales, le tube inséré reste dans le corps pendant trois mois. Même s'il est destiné à dilater temporairement une sténose « courante ». Ce n'est que dans des situations exceptionnelles et dans le cas des tubes de Jones que le corps étranger peut rester plus longtemps ou de manière permanente dans le corps.
Suivi après une opération de Toti
Après l'opération des voies lacrymales, vous devrez utiliser à titre préventif des collyres antibiotiques et décongestionnants pendant environ deux semaines.
Pour la période suivant l'opération des voies lacrymales, votre ophtalmologue vous prescrira des collyres et/ou une pommade ophtalmique @ megaflopp /AdobeStock
De plus, vous ne devez pas vous moucher les premières semaines suivant l'intervention. La pression et le nouveau passage créé peuvent faire pénétrer de l'air dans la paupière et provoquer un gonflement important.
Vous devriez plutôt vous essuyer le nez en tapotant doucement ou aspirer délicatement les sécrétions.
Si le tube glisse malgré toutes vos précautions, cela n’est généralement pas dangereux. Cependant, comme cela peut nuire au processus de guérison, vous devez consulter immédiatement votre ophtalmologue traitant. Celui-ci pourra décider si une nouvelle opération des voies lacrymales est nécessaire pour remettre le tube en place.
Complications et risques d'une opération de Toti
La plupart du temps, une opération des voies lacrymales donne de bons résultats. Le larmoiement important et les autres symptômes, tels que la vision trouble, s’améliorent et disparaissent complètement.
Toutefois, une nouvelle sténose peut survenir. La chirurgie des voies lacrymales par voie externe est généralement plus prometteuse que la chirurgie endoscopique des voies lacrymales par voie interne. La chirurgie endoscopique est toutefois moins invasive.
Les risques et les effets secondaires sont légèrement plus élevés avec l'opération de Toti qu'avec la procédure endoscopique.
Les effets secondaires fréquents sont :
- saignements et saignements secondaires
- formation de cicatrices
- Hématomes et gonflements temporaires
Les inflammations, en revanche, sont nettement plus rares. Elles constituent un risque sérieux, aggravé par un manque de précaution.
Dans de très rares cas, des lésions peuvent survenir au niveau des paupières ou de l'œil lui-même.
Il est important de faire réaliser l'opération des voies lacrymales dans un centre spécialisé.
Conclusion
En conclusion, l'opération de Toti est une intervention éprouvée en ophtalmologie pour traiter efficacement les voies lacrymales rétrécies ou obstruées. Dans une clinique ophtalmologique spécialisée, l'opération de Toti est fréquemment pratiquée pour rétablir l'écoulement des larmes du sac lacrymal vers le nez via le canal lacrymal. Cette intervention est particulièrement nécessaire en cas d'obstruction ou de sténose des voies lacrymales afin d'éliminer les symptômes à long terme. L'opération des voies lacrymales est réalisée soit de manière classique par une incision externe, soit par une méthode endoscopique.
Lors d'une dacryocystorhinostomie, une communication est établie entre le sac lacrymal et la cavité nasale, créant ainsi un shunt artificiel. Un tube ou un tube en silicone peut être mis en place pour maintenir les voies lacrymales ouvertes. L'intervention est réalisée à la clinique par un médecin expérimenté et se déroule souvent sous anesthésie générale. Les techniques modernes permettent également une intervention mini-invasive à l'aide d'un endoscope, ce qui évite souvent une cicatrice visible.
Au cours de l'opération, une petite fenêtre osseuse est créée afin d'améliorer l'écoulement par les canaux lacrymaux. L'incision cutanée est alors minime, voire inexistante avec la technique endoscopique. Les tissus sont traités avec soin afin d'éviter des complications telles qu'une inflammation, un saignement secondaire ou une lésion. Dans certains cas, l'intervention doit être répétée si le canal lacrymal se rétrécit à nouveau.
Après l'opération, un bon suivi est important, avec l'utilisation de collyres et d'antibiotiques. Un léger gonflement au niveau du coin de l'œil est normal pendant les premières semaines. Le processus de guérison dure souvent plusieurs mois, mais les premières améliorations sont perceptibles dès deux semaines. L'objectif est de maintenir les voies lacrymales ouvertes de manière durable et de rétablir l'écoulement naturel.
Dans l'ensemble, l'opération de Toti constitue une procédure sûre et efficace pour traiter les pathologies des voies lacrymales. Le taux de réussite est élevé, en particulier lorsque la méthode est appliquée à un stade précoce. Les techniques modernes mini-invasives améliorent en outre le confort des patients. L'intervention permet ainsi de réduire durablement les symptômes et de rétablir le fonctionnement des canaux lacrymaux.
FAQ
Qu'est-ce qu'une opération de Toti ?
L'opération de Toti est une intervention chirurgicale des voies lacrymales qui consiste à créer une communication entre le sac lacrymal et la cavité nasale. Elle est pratiquée en cas d'obstruction des voies lacrymales.
Quand cette intervention est-elle nécessaire ?
Une intervention est nécessaire en cas de sténose des voies lacrymales ou d'obstruction permanente du canal lacrymal. Les symptômes typiques sont des yeux larmoyants ou des inflammations récurrentes.
Comment se déroule l'opération ?
L'opération est réalisée à la clinique ophtalmologique, soit de manière classique avec une incision externe, soit par endoscopie via le nez. Un drainage artificiel est alors créé.
L'opération est-elle douloureuse ?
L'intervention se déroule généralement sous anesthésie générale ou locale. Les douleurs sont minimes et sont traitées par des médicaments.
Comment se déroule le suivi ?
Après l'opération, des collyres et parfois un tube en silicone sont utilisés pour maintenir les voies lacrymales ouvertes. Des contrôles réguliers chez le médecin sont importants.
