Au sein du prestigieux centre orthopédique (OFZ) de Weilheim, le Dr Johannes Plath, maître de conférences, excelle en tant qu'expert en orthopédie et en chirurgie traumatologique, notamment dans le domaine de la chirurgie de l'épaule et du coude. Ses vastes connaissances et son expertise approfondie lui permettent de proposer un large éventail de méthodes de traitement, comprenant aussi bien des techniques chirurgicales innovantes que des thérapies conservatrices éprouvées. Il se concentre principalement sur les interventions mini-invasives, la traumatologie ainsi que le remplacement articulaire de l'épaule et du coude. Son objectif premier est toujours de redonner à ses patients une fonctionnalité maximale et une mobilité sans douleur.
La carrière professionnelle du Dr Plath a débuté à l'Université technique de Munich, au sein du prestigieux service d'orthopédie sportive dirigé par le Prof. Dr Andreas Imhoff, l'un des principaux experts allemands en chirurgie articulaire mini-invasive. C'est là qu'il a posé les bases de son expertise professionnelle et qu'il a continuellement fait progresser sa carrière médicale. En tant que médecin-chef à l'hôpital universitaire d'Augsbourg, il a élargi ses connaissances et ses compétences pratiques et a traité avec succès un grand nombre de cas complexes. Sa formation auprès du Dr Laurent Lafosse à Annecy, en France, pionnier mondialement reconnu dans le domaine de la chirurgie de l'épaule et du coude, a particulièrement marqué son développement professionnel. C'est là que le Dr Plath a appris des techniques chirurgicales innovantes et les a intégrées avec succès dans sa pratique clinique.
Outre son activité de médecin, le Dr Plath est également actif en tant que chercheur et enseignant. Son habilitation à l'Université technique de Munich sur le thème de « l'instabilité de l'épaule » souligne son engagement en faveur du développement de sa spécialité. En tant que membre du comité « Instabilité de l'épaule » de la Société d'arthroscopie et de chirurgie articulaire (AGA), il contribue de manière significative à la recherche et au développement dans ce domaine. Engagé dans la formation des futurs médecins, le Dr Plath met à profit ses connaissances approfondies en tant que formateur de l’AGA et maître de conférences à la faculté de médecine de l’Université technique de Munich. Son objectif personnel est de toujours garantir les meilleurs soins possibles à ses patients grâce à un accompagnement bienveillant et à des stratégies thérapeutiques sur mesure. La rédaction de Leading Medicine s’est entretenue avec le Dr Plath afin d’en savoir plus sur les traitements les plus récents et les plus innovants de l’arthrose.
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L'arthrose, également connue sous le nom d'usure articulaire, est un processus insidieux caractérisé par la dégradation du cartilage articulaire. L'arthrose de l'épaule et du coude peut se développer en raison de divers facteurs. Au niveau des articulations de l'épaule et du coude, les os, le cartilage, les ligaments et les muscles s'articulent pour permettre un mouvement fluide. Une des principales causes de l'arthrose dans ces articulations peut être une sollicitation excessive chronique, provoquée par des efforts répétés, des blessures ou certaines activités telles que des sports qui sollicitent fortement l'articulation. Des blessures telles que des fractures, des luxations ou des instabilités ligamentaires peuvent également favoriser l'apparition de l'arthrose. De telles blessures peuvent endommager le cartilage ou altérer le fonctionnement normal de l'articulation, ce qui augmente le risque d'arthrose. Une prédisposition génétique peut également influencer la qualité du tissu cartilagineux et ainsi augmenter le risque de développer de l'arthrose. De plus, les modifications articulaires liées à l'âge peuvent jouer un rôle. Avec l'âge, le cartilage perd progressivement de son élasticité et de sa résistance, ce qui peut entraîner un risque accru d'arthrose. Des facteurs tels que le surpoids, une alimentation malsaine et certaines maladies comme la polyarthrite rhumatoïde ou les troubles métaboliques favorisent également le risque de développer de l'arthrose au niveau de l'épaule et du coude.
« On distingue généralement l'arthrose primaire, dont la cause n'est pas connue avec précision et qui est probablement d'origine génétique, et l'arthrose secondaire, qui se développe par exemple à la suite de maladies rhumatismales ou de lésions tendineuses. Nous observons également très souvent des arthroses post-traumatiques, par exemple à la suite d’accidents ayant entraîné des fractures osseuses ou des lésions tendineuses. Une lésion articulaire ou cartilagineuse entraîne également une usure accrue. Si, par exemple, une personne s’est souvent luxé l’épaule pendant sa jeunesse, cela peut se traduire plus tard par une usure prématurée de l’articulation », explique le Dr Plath au début de notre entretien.
Premiers symptômes
Les premiers signes d’arthrose se manifestent souvent par des douleurs articulaires, notamment lors des mouvements de l’articulation touchée ou après des efforts prolongés. Ces douleurs peuvent s’accompagner de raideurs, surtout après des périodes de repos ou d’inactivité prolongée. L'articulation peut s'enflammer et gonfler, ce qui peut entraîner une mobilité réduite et des craquements. Ces symptômes sont parfois interprétés à tort comme des signes normaux du vieillissement, ce qui peut retarder un diagnostic et un traitement précoces. En cas de douleurs articulaires persistantes ou de suspicion d'arthrose, il est donc important de consulter un médecin afin de bénéficier d'un examen approfondi et d'un traitement adapté. « De nombreux patients souffrent généralement depuis longtemps avant de se retrouver finalement face à moi. Ils ont peut-être déjà consulté leur médecin traitant en raison de limitations de mouvement, et celui-ci leur a peut-être simplement recommandé de réduire l’effort pour soulager la douleur. Seule une intervention précoce peut toutefois ralentir la progression de l’arthrose et améliorer la qualité de vie des personnes concernées grâce à des mesures non chirurgicales », explique le Dr Plath, avant d’aborder la procédure de diagnostic : « Lorsque le patient vient me voir, je commence par mener un entretien approfondi avec lui sous la forme d’une anamnèse. C’est lors de ma consultation spécialisée dans l’épaule et le coude que j’obtiens la plupart des informations et que je sais souvent déjà dans quelle direction va le diagnostic. Après un examen physique, le diagnostic provisoire est ensuite confirmé par des techniques d’imagerie telles que la radiographie, l’échographie ou l’IRM, qui permettent notamment de bien visualiser les tendons. Cela permet de boucler la majeure partie du diagnostic, et je peux alors classer l’arthrose ».
Les traitements innovants de l’arthrose, s’appuyant sur des technologies de pointe telles que les prothèses modulaires, la planification 3D et la navigation par réalité augmentée, ont marqué une avancée décisive dans la prise en charge de l’arthrose.
Ces approches de pointe ouvrent de nouvelles perspectives en matière de soins médicaux personnalisés, en particulier dans les cas de déformations sévères. « Dans les cas avancés, lorsque seule une arthroplastie est encore possible, on réalise toujours un scanner spécifique qui me permet d’obtenir une image osseuse particulièrement précise. Les prothèses modulaires offrent une structure flexible, composée de plusieurs composants interchangeables pouvant être adaptés individuellement pendant l’opération, et sont généralement la norme en Allemagne. Elles suivent un principe modulaire. On peut comparer cela à une visite dans un magasin de vêtements. On y trouve des vestes d’hiver, des hauts de différentes tailles et couleurs. Il faut cerner les besoins du patient. Souhaite-t-il continuer à faire du sport, se déplace-t-il avec un déambulateur – quelle est la raison de sa prothèse ? L’indication est importante, car la prothèse peut alors être parfaitement adaptée à ses besoins », explique le Dr Plath pour décrire la suite de la procédure.
Pendant l’intervention, le chirurgien peut combiner et ajuster différents composants afin d’obtenir un ajustement et un alignement optimaux. Cela permet d’améliorer la fonctionnalité de l’articulation à long terme. Un autre avantage réside dans la nature mini-invasive de l’opération. Grâce à des incisions plus petites et à des ajustements plus précis, la convalescence peut être accélérée et le risque de complications ou de traumatismes tissulaires est réduit. De plus, les prothèses modulaires offrent la possibilité de ne remplacer ou de ne modifier que certaines pièces si nécessaire, sans avoir à retirer l’ensemble de la prothèse. Cela réduit la charge pour le patient en cas d’éventuelles interventions de révision ou d’ajustements. Leur flexibilité et leur adaptabilité font des prothèses modulaires une option prometteuse, en particulier dans les cas complexes d’arthrose.
« L'intervention de pose d'une prothèse dure généralement environ une heure. La prothèse inverse, la plus couramment utilisée, est un implant très robuste qui peut également être utilisé en cas de lésions osseuses ou tendineuses importantes, ou encore d’arthrose, contrairement à la prothèse anatomique qui reproduit à 100 % l’anatomie de l’articulation. En règle générale, mes patients restent environ une semaine à l’hôpital, puis entament immédiatement leur rééducation. Ils peuvent, voire doivent, recommencer à bouger dès la fin de l’opération. « Nous travaillons avec ce que l’on appelle un « concept Fast-Track » en rééducation, afin que les patients puissent très rapidement reprendre une activité physique, se muscler et retrouver leur mobilité », explique le Dr Plath.
La prothèse inversée est un type particulier de prothèse d’épaule utilisé lorsque les prothèses d’épaule classiques ne conviennent pas en raison d’une coiffe des rotateurs endommagée ou d’autres facteurs tels que des lésions osseuses graves. Contrairement à la prothèse d'épaule classique, la prothèse inversée présente une disposition inversée des composants : la partie sphérique de la prothèse est fixée à l'omoplate et la partie en forme de coque à la tête humérale. Cette inversion des positions redonne à l'épaule un centre de rotation stable et améliore l'effet de levier des muscles de l'épaule, en particulier du deltoïde. Les personnes souffrant d'arthrose sévère, de ruptures de la coiffe des rotateurs ou d'autres problèmes complexes de l'épaule peuvent bénéficier de ce type de prothèse. La prothèse inversée peut soulager la douleur et restaurer la fonction de l'articulation de l'épaule en réalignant l'articulation et en améliorant la mobilité.
L'introduction de la planification prothétique en 3D a marqué une avancée significative dans la personnalisation des prothèses articulaires. L'utilisation de techniques d'imagerie de pointe, telles que la tomodensitométrie (TDM) ou l'IRM, permet une planification précise et sur mesure de l'implantation.
Cette technologie permet aux chirurgiens de créer un modèle tridimensionnel précis de l'articulation concernée. À partir de ces modèles, ils peuvent alors planifier à l'avance le positionnement et l'orientation optimaux de la prothèse. Cela comprend non seulement le choix de la taille appropriée de la prothèse, mais aussi son placement précis par rapport aux structures anatomiques environnantes.
« La planification prothétique 3D basée sur la tomodensitométrie offre aux chirurgiens une vision plus complète de l'articulation individuelle du patient, ce qui se traduit par une planification plus précise et un meilleur ajustement de la prothèse ; cela devrait être la norme aujourd'hui. Se baser uniquement sur des radiographies pour la planification est un peu dépassé. En effet, l’imagerie 3D basée sur le scanner permet une bien meilleure précision dans le placement de l’implant. On peut visualiser l’omoplate en trois dimensions dans l’espace et identifier les zones osseuses de bonne ou de mauvaise qualité. C’est important, car c’est dans l’os de l’omoplate que la prothèse est ancrée. Pendant l’opération, nous ne voyons que la surface de la cavité articulaire, mais pas l’omoplate qui se trouve derrière. Grâce à la planification 3D, on peut non seulement calculer la taille optimale, mais aussi assurer un alignement et un placement précis de la prothèse, ce qui est finalement déterminant pour le succès à long terme de l’implant. Certains logiciels permettent également de planifier la tête humérale, ce qui présente l’avantage de pouvoir simuler soi-même comment l’épaule bougera à l’avenir. Cela signifie que l’ensemble de l’intervention peut être simulé avant l’opération. Nous parlons d’une opération (virtuelle) avant l’opération. La probabilité de désalignements ou de placements imprécis peut ainsi être considérablement réduite, ce qui est déterminant pour augmenter la durée de vie de la prothèse et réduire les complications éventuelles. « L'effort global requis n'est pas important, mais on obtient le maximum pour le patient », explique le Dr Plath en décrivant les avantages de la planification prothétique en 3D basée sur la tomodensitométrie.
La navigation par réalité augmentée (RA) joue un rôle crucial dans les déformations sévères liées à l’arthrose, en particulier pour le placement précis des prothèses articulaires. En cas de déformations graves, les interventions chirurgicales traditionnelles peuvent s’avérer difficiles, car elles exigent une orientation précise dans des tissus anatomiquement altérés.
Grâce à la navigation en RA, le chirurgien bénéficie d’une vue élargie du champ opératoire pendant l’intervention. Cette technologie combine des images opératoires réelles avec des informations virtuelles qui s’y superposent en temps réel. À l'aide de lunettes spéciales ou d'écrans, le chirurgien peut voir le champ opératoire réel pendant l'intervention tout en visualisant des informations supplémentaires utiles telles que les structures anatomiques, les positions exactes des implants ou des indications de navigation.
« Pour le chirurgien, la planification 3D fournit le plan, mais il s’agit ensuite de pouvoir transposer cette planification sur le patient. Cela signifie qu’il faut réfléchir au moyen à utiliser pour tout mettre en œuvre avec succès et augmenter la précision de l’implantation. Pendant très longtemps, on a utilisé des instruments spécifiques au patient, fabriqués par le fabricant d’instruments concerné sous forme de gabarits de forage, puis produits et envoyés par une imprimante 3D. En cas de déformations graves, qui présentent souvent une anatomie altérée, la navigation en RA permet au chirurgien de planifier et d’aligner la prothèse avec encore plus de précision, même dans des situations complexes. Cela fonctionne en important la planification 3D réalisée au préalable dans un logiciel de navigation. Au début de l'opération, le système de navigation, qui se compose de deux caméras (l'une placée sur le patient et l'autre sur les instruments du chirurgien), doit d'abord être monté, puis calibré à l'aide d'un processus dit de « correspondance de surface » du système de navigation. Les étapes de la pose de la prothèse peuvent ensuite être reproduites exactement telles qu’elles avaient été planifiées au préalable dans le logiciel. Tout au long de l’opération, le chirurgien voit le champ opératoire à travers des lunettes de RA spéciales et bénéficie en outre d’informations supplémentaires projetées dans son champ de vision via les lunettes, notamment les informations de planification précises, ce qui constitue justement une réalité augmentée. « J'utilise moi-même à la fois les lunettes et un autre écran », explique le Dr Plath à propos de ce système de navigation innovant, avant d'ajouter : « Pour des raisons de coût, la navigation n’est pas utilisée pour tous les patients, mais uniquement pour ceux chez qui il est très difficile de mettre en œuvre ce qui a été planifié, lorsque l’ancrage doit être réalisé au millimètre près et que le placement des vis est plus complexe. » Grâce à la visualisation en temps réel pendant l’intervention, le chirurgien peut surveiller en continu le placement et l’orientation de l’implant et les ajuster en fonction des plans 3D préalables.
La durée de vie et la fonctionnalité à long terme de la prothèse articulaire sont influencées positivement par la personnalisation et le meilleur ajustement qu'offrent les prothèses modulaires.
Une adaptation plus précise à l’anatomie individuelle du patient peut entraîner une usure moindre, une réduction de l’abrasion et un meilleur fonctionnement global de la prothèse sur une plus longue période. Cela pourrait se traduire par une durée de vie plus longue de la prothèse et une fonctionnalité améliorée par rapport aux prothèses standardisées.
« Le problème, c’est qu’on ne peut toujours évaluer une innovation que très tardivement, car les données dont nous disposons aujourd’hui sur la durée de vie à long terme des prothèses se rapportent à des prothèses implantées il y a 10 à 20 ans. On ne peut donc pas dire exactement combien de temps durera ce que nous implantons aujourd’hui avec nos techniques et implants modernes. Mais il n’y a guère de domaine de la prothèse articulaire orthopédique où tant de progrès ont été réalisés qu’en chirurgie de l’épaule », constate le Dr Plath.
Le rejet d’une prothèse de l’épaule est rare, mais peut être dû à divers facteurs.
« Il existe le domaine des allergies aux implants, qui fait encore l’objet de débats scientifiques critiques. Le plus souvent, les patients font état d’allergies au nickel, par exemple lorsqu’ils portent des bijoux fantaisie ou en cas de rougeurs de contact causées par des boutons de pantalon en métal, par exemple. En règle générale, cela ne pose pas de problème, car de nombreux fabricants proposent déjà des implants sans nickel, par exemple en titane. Une allergie au titane est en revanche extrêmement rare. À mon avis, il n’existe malheureusement pas encore de solutions pour l’arthroplastie de l’épaule dans ce cas. En cas de doute, je déconseille alors la pose d’une prothèse et recommande des mesures non chirurgicales, comme la physiothérapie ou l’acide hyaluronique. En principe, le patient est toujours au centre de nos préoccupations. Le patient doit également toujours reconnaître et comprendre que le traitement proposé et élaboré est le meilleur pour lui. Il est regrettable que la prothèse de l'épaule ait encore la réputation de ne pas fonctionner. Or, dans ce domaine précisément, tant de choses ont évolué au cours des 20 dernières années, notamment en ce qui concerne les prothèses inversées », explique le Dr Plath.
Perspectives d'avenir
« Je suppose que la technologie va encore évoluer de manière significative et extrêmement positive grâce à l’utilisation de l’IA (intelligence artificielle) dans la réalité augmentée. Il ne faut surtout pas oublier que la navigation, tout comme la conduite automobile, n’est qu’un système d’assistance. Le chirurgien doit bien sûr être capable de réaliser l’opération même sans navigation. Malheureusement, la navigation n’est pas prise en charge par le système de santé. Peut-être y aura-t-il un jour une prime à l’innovation », conclut le Dr Plath sur une note positive.
Un grand merci, Dr Plath, pour ces informations détaillées sur la prothèse de l'épaule !
