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L'urologie – Entretien avec le Dr Robert Hefty

27.02.2020
Rédaction de Leading Medicine Guide
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Rédaction de Leading Medicine Guide

La rédaction du Leading Medicine Guide s'est entretenue avec le Dr Robert Hefty, médecin-chef du service d'urologie et d'urologie pédiatrique des cliniques de Heidenheim, idéalement situées au carrefour de Stuttgart, Munich et Francfort. Laissez-vous surprendre par la diversité et l'intérêt de l'urologie – une spécialité médicale totalement sous-estimée par le grand public !

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Dr Robert Hefty, médecin, chef du service d'urologie des cliniques de Heidenheim

L'urologie – une diversité sous-estimée en médecine

Le terme « urologie » vient du mot grec οὖρον (prononcé ouron) et signifie « urine ». Un urologue s'occupe des maladies des reins, de la vessie, des uretères et de l'urètre, tant chez les femmes que chez les hommes. Chez ces derniers, s’y ajoutent les maladies des testicules, de l’épididyme, des canaux déférents, des vésicules séminales, du pénis ainsi que de la prostate. Cela couvre donc également des domaines de l’andrologie, l’équivalent masculin de la gynécologie.

Si l’on se penche sur l’histoire de l’urologie, il faut remonter très loin dans le temps, car on connaissait déjà les cathéters vésicaux en Égypte vers 1000 avant J.-C. Et alors qu'au Moyen Âge, on constate presque une stagnation dans le domaine du développement de l'urologie, les progrès ont ensuite nettement progressé au début de l'ère moderne, pour prendre véritablement leur essor aux XIXe et XXe siècles.

« Aujourd’hui, bien sûr, nous parlons de tout autre chose en matière d’urologie. Les procédures laser innovantes et l’accent mis sur les techniques mini-invasives donnent le ton et ouvrent la voie à des traitements bien plus confortables pour le patient », explique le Dr Hefty, qui a pu acquérir de l’expérience avec les méthodes laser dès les années 90 à Breslau dans le cadre de sa formation.

« Les grandes opérations de la prostate, par exemple, qui étaient autrefois réalisées par incision abdominale et après lesquelles le patient devait rester dix jours ou plus à l’hôpital, appartiennent désormais au passé. Une minuscule incision dans la peau suffit désormais pour réaliser un tel traitement, et le patient est prêt à sortir de l’hôpital au bout de trois jours », déclare le Dr Hefty avec fierté.

De l'envie d'uriner à l'incontinence : « Pas de diagnostic à travers le pantalon ! »

De nombreuses personnes souffrent de problèmes de vessie et font face au quotidien en utilisant toutes sortes d’astuces pour les surmonter. Les cystites ou l’incontinence à l’effort (les personnes concernées perdent de l’urine involontairement dès qu’elles exercent une pression sur l’abdomen par un effort physique comme tousser, rire ou soulever un objet lourd) rendent la vie difficile.

En cas de cystite, aller aux toilettes devient un calvaire, car les quelques gouttes d’urine évacuées provoquent des douleurs dans l’urètre et on a constamment l’impression d’avoir « envie ». L'incontinence fait de nombreuses personnes, hommes comme femmes, des experts en matière de protège-slips, de serviettes hygiéniques ou de couches-culottes. Certains vêtements, comme les jupes courtes ou les pantalons serrés, sont évités.

« Les femmes sont nettement plus souvent touchées par les infections urinaires ou l'incontinence. D'une part, parce que leur tissu conjonctif est généralement plus faible que celui des hommes, et d'autre part, parce que les muscles du plancher pelvien sont fortement sollicités, notamment à la suite d'accouchements, et ne peuvent plus soutenir de manière optimale le sphincter de l'urètre. Une faiblesse des tissus et des muscles liée à l’âge figure également parmi les causes », explique le Dr Hefty. L'incontinence est source d'embarras pour la plupart des personnes. Elles ont honte et tentent de cacher leur problème le plus longtemps possible. Pourtant, de nombreux patients peuvent s'aider eux-mêmes grâce à des exercices ciblés du plancher pelvien et retrouver, ou du moins améliorer, le contrôle de leur envie d'uriner.

Les hommes réagissent généralement avec encore plus de pudeur et repoussent le plus longtemps possible la consultation chez le médecin, car les examens « en bas » leur sont souvent plus étrangers et la honte prend le dessus. La devise du Dr Hefty est ici : « Pas de diagnostic à travers le pantalon ! », et il tente, avec son humour, de dissiper la peur des examens chez les patients et de les aider à surmonter leur gêne.

« Il n’y a pratiquement aucun homme de plus de soixante ans qui ne souffre pas d’incontinence par gouttes », déclare le Dr Hefty. De nombreux hommes souffrent d’incontinence d’effort, c’est-à-dire qu’ils perdent de l’urine lorsqu’ils rient ou lorsqu’ils soulèvent quelque chose de lourd. Aucun homme n’a à en avoir honte. Outre un affaiblissement des muscles du plancher pelvien, la prostate peut également en être responsable, car cet organe grossit tout au long de la vie et peut finir par exercer une pression sur la vessie. « Chez l’homme, en cas de doute, on peut toujours envisager la pose d’un sphincter artificiel », explique le Dr Hefty, qui précise également : « L’avantage des interventions nécessaires sur l’urètre chez l’homme réside essentiellement dans le fait que l’urètre est beaucoup plus long que chez la femme. Alors que l'urètre de la femme ne mesure qu'environ 3,5 cm, celui de l'homme mesure environ 12 à 15 cm ».

La nouvelle thérapie Urolastic pour les femmes

Les femmes pour lesquelles la rééducation du plancher pelvien ne suffit pas peuvent désormais bénéficier d’une nouvelle thérapie, appelée « procédure Urolastic ». « La procédure Urolastic est une intervention mini-invasive réalisée sous anesthésie locale et qui ne dure qu’environ 15 minutes », se réjouit le Dr Hefty, qui poursuit : « Un produit de comblement à deux composants est injecté dans quatre petits dépôts autour de l’urètre. En quelques minutes seulement, ceux-ci se transforment en implants souples qui provoquent un rétrécissement de l’urètre, le stabilisant ainsi et renforçant par conséquent le mécanisme de fermeture ». Le « test de la toux » effectué après l’intervention montre un résultat immédiat.

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Une technologie de pointe est indispensable pour l'examen et le diagnostic

« En cas d’incontinence d’effort, il existe également la méthode consistant à placer des bandelettes sous l’urètre afin de le stabiliser. Notre nouvelle méthode présente toutefois l’avantage indéniable de ne pas provoquer de sensation de corps étranger », explique le Dr Hefty, avant d’ajouter : « Les bandelettes sont mises en place par chirurgie sous anesthésie générale. La nouvelle méthode ne nécessite qu’une anesthésie locale. Et ce n’est que parce qu’elle n’est pas encore autorisée en ambulatoire que la patiente doit être hospitalisée pour une nuit », ajoute-t-il. Cette nouvelle procédure est particulièrement intéressante pour les patientes qui souhaitent avoir des enfants. En effet, le matériau de comblement utilisé est durable, ne se soude pas aux tissus, est facile à remplacer et ne provoque aucune douleur lors des rapports sexuels, ce dont se plaignent pourtant régulièrement les patientes ayant subi une pose de bandelettes.

« Gardez un œil sur votre hygiène intime ! »

Les cystites ont une origine bactérienne. En ce qui concerne les cystites, la cause réside souvent dans une hygiène excessive avec des savons agressifs dans la zone intime. « L’environnement à l’intérieur de la vessie offre une protection.

Si la muqueuse vésicale est agressée, des résistances chroniques peuvent se développer », explique le Dr Hefty, avant d’ajouter : « L’urine et les selles doivent être régulièrement contrôlées. La présence de sang dans les selles ou dans l’urine doit toujours donner lieu à une consultation médicale. Dans ce cas, c’est le gynécologue qui doit intervenir chez les femmes, car souvent, la présence de sang dans l’urine est traitée uniquement comme une infection. Une consultation chez un urologue est toutefois judicieuse, car seul un examen urologique permet de détecter des maladies telles que le cancer de la vessie ».

En cas de cystite, une cure de boisson consistant à boire trois à quatre litres d’eau par jour est souvent efficace, car elle permet d’éliminer le plus grand nombre possible de bactéries. Petit conseil : après un rapport sexuel, les femmes devraient toujours vider leur vessie, car cela permet à de nombreuses bactéries de quitter l’organisme.

Le cancer de la vessie se développe lentement après son apparition

Pas de panique : la présence de sang dans les urines ne signifie pas nécessairement un cancer de la vessie. Pour diagnostiquer clairement un cancer de la vessie, une cystoscopie est nécessaire. « Il s’agit le plus souvent de tumeurs planes qui ne peuvent être détectées que par cystoscopie. Une échographie, une tomodensitométrie ou une imagerie par résonance magnétique peuvent être nécessaires pour déterminer le stade », explique le Dr Hefty.

Il est toutefois important de savoir que le cancer de la vessie se développe très lentement. « La formation d’une tumeur cancéreuse dans la vessie peut prendre entre 15 et 18 ans », explique le Dr Hefty, avant de rassurer : « Le taux de réussite du traitement et les chances de guérison sont très élevés. La plupart des tumeurs, environ 75 %, sont de nature superficielle et peuvent être retirées par endoscopie. La difficulté réside ici dans le fait que le cancer de la vessie se caractérise par des tumeurs à récidive rapide, ce qui rend indispensables des contrôles de suivi réguliers. »

Lorsque les tumeurs de la vessie sont très profondes, il est souvent impossible d’éviter une ablation de la vessie. « Le risque de dissémination des tumeurs de la vessie est assez élevé. Imaginez une plante envahissante capable de s’accrocher aux vaisseaux sanguins et lymphatiques. Le risque de métastases est donc élevé », explique le Dr Hefty, qui conseille par conséquent de prendre les examens de suivi au sérieux.

La néovessie – une aide précieuse

Lorsque la vessie n’est plus opérable par endoscopie, elle doit être retirée. Or, sans vessie, il est impossible d’aller aux toilettes. Heureusement, il existe ici aussi une solution de remplacement : la néovessie. Il s’agit d’une vessie artificielle formée à partir de tissus autologues de l’intestin grêle. L’urine peut ainsi passer des reins à la vessie de substitution via les uretères, qui sont reliés à la néovessie. Celle-ci est reliée à l’urètre au-dessus du sphincter conservé lors de l’opération et permet une miction normale.

« L’opération de la néovessie représente un défi de taille et exige une grande expertise », explique le Dr Hefty, qui réalise lui-même de très nombreuses interventions et déplore le manque de formation chirurgicale en urologie. « En tant que médecin-chef, il est donc important pour moi de transmettre mon expérience à mes jeunes collègues et de leur enseigner cette technique chirurgicale », déclare ce spécialiste reconnu de la chirurgie urologique. « Dans de nombreux hôpitaux, on pratique des interventions de préservation de la vessie, tout simplement parce que l’expertise fait défaut, alors qu’une ablation et la mise en place d’une néovessie seraient plus judicieuses », explique le Dr Hefty.

Une vision positive de l’avenir de l’urologie

Le Dr Robert Hefty, né à Heilbronn et dont la famille est originaire des États-Unis, vit selon la devise : Information – Innovation – Motivation. « Je suis très optimiste quant à l’avenir de l’urologie. Le traitement des calculs rénaux, des rétrécissements de l’urètre ou des lésions de la prostate, ainsi que la chirurgie des tumeurs urologiques, sont pratiqués à un niveau élevé, notamment grâce à la technologie laser moderne utilisée. Les traitements médicamenteux vont certainement se développer à l’avenir, et l’analyse de la structure cellulaire va également prendre de l’ampleur, ce qui permettra d’élaborer des traitements encore plus personnalisés pour les patients », explique-t-il avec optimisme.

Il conseille aux jeunes médecins de ne pas perdre de vue l’urologie. « Il n’y a guère de spécialité médicale aussi polyvalente que l’urologie. L’urologie englobe notamment l’andrologie, le diagnostic radiologique, la proctologie ou le traitement des tumeurs », s’enthousiasme-t-il. L’urologie est en effet une discipline clé si l’on tient compte de l’évolution démographique. « À l’avenir, il faudra vingt à trente pour cent d’urologues de plus qu’aujourd’hui, car la population vieillit et de nombreuses maladies urologiques n’apparaissent qu’à un âge avancé », souligne le Dr Hefty en conclusion. Une spécialité qui a un bel avenir !

Cet entretien instructif et rafraîchissant nous a fait plaisir et nous a permis d’avoir un regard totalement nouveau sur la spécialité de l’urologie. Merci beaucoup, Dr Hefty ! Vous souhaitez en savoir plus sur le Dr Hefty ? Alors rendez-vous sur le profil Leading Medicine Guide du Dr Hefty, spécialiste en urologie, où vous trouverez ses coordonnées pour le contacter directement et en toute sécurité !