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Entretien avec le professeur El Hindy, spécialiste des prothèses discales

09.06.2025
Rédaction de Leading Medicine Guide
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Rédaction de Leading Medicine Guide

Le Prof. Dr méd. Nicolai El Hindy est médecin-chef du service de neurochirurgie et de chirurgie de la colonne vertébrale à l'hôpital St. Marien de Lünen ; il compte parmi les meilleurs spécialistes allemands de la chirurgie moderne et de haute précision de la colonne vertébrale. En tant que médecin spécialiste en neurochirurgie, titulaire d’une qualification complémentaire en médecine intensive neurochirurgicale, il allie une expertise scientifique approfondie à des techniques innovantes et à une longue expérience clinique. Le Prof. El Hindy accorde une importance particulière à la chirurgie de la colonne vertébrale assistée par robot.

Grâce à l'utilisation du système ultramoderne ExcelsiusGPS®, il fait partie des pionniers de cette technique mini-invasive en Allemagne. Cela rend les opérations encore plus précises, plus sûres et moins invasives pour les patients. Le Prof. Dr El Hindy établit également de nouvelles références dans le domaine des prothèses discales, qui permettent de préserver la mobilité et la qualité de vie. Outre sa spécialisation dans les pathologies de la colonne vertébrale, il traite également des pathologies cérébrales complexes telles que les tumeurs, les malformations vasculaires ou les hémorragies spontanées – toujours avec une approche centrée sur le patient et adaptée à chaque cas.

Son engagement dépasse largement le cadre de la salle d'opération : le Prof. Dr El Hindy est un conférencier très sollicité à l'échelle internationale, il forme des collègues du monde entier à la chirurgie assistée par robot et soutient activement la relève médicale par le biais de projets de recherche et de bourses. Il est membre de sociétés savantes renommées telles que la Société allemande de neurochirurgie et la Société allemande de la colonne vertébrale, et apporte également son expertise au sein de réseaux internationaux. À l’hôpital St. Marien de Lünen, un établissement fondé sur des valeurs chrétiennes, le Prof. Dr El Hindy marque la clinique de son empreinte en alliant médecine de pointe, responsabilité sociale et proximité humaine.

Les patients bénéficient ici de soins interdisciplinaires de haute qualité et de la force d'innovation d'un médecin qui allie systématiquement l'excellence médicale à une attention personnalisée.

Afin de préserver la mobilité naturelle de la colonne vertébrale malgré l'usure des disques intervertébraux, il est possible de recourir à une prothèse discale – la rédaction du Leading Medicine Guide s'est entretenue à ce sujet avec le Prof. Dr El Hindy.

St. Marien Hospital Lünen - Prof. El Hindy

La prothèse discale est une technique moderne en chirurgie de la colonne vertébrale qui offre aux patients présentant de graves lésions discales une alternative importante à la chirurgie de fusion classique. L'objectif de cette technique innovante est de préserver la mobilité naturelle de la colonne vertébrale, de soulager la douleur et d'améliorer durablement la qualité de vie. L'implantation d'un disque intervertébral artificiel permet de remplacer la fonction du disque usé ou endommagé, ce qui permet souvent aux patients de retrouver plus rapidement leur mobilité et de réduire à long terme le risque de séquelles sur les segments vertébraux adjacents. Chez des patients bien sélectionnés, la prothèse discale offre une option efficace pour restaurer au mieux la colonne vertébrale sur le plan fonctionnel et anatomique.

Les indications typiques sont les douleurs dorsales chroniques dues à une lésion discale isolée – soit au niveau de la colonne lombaire, soit au niveau de la colonne cervicale –, tout en conservant la stabilité des structures vertébrales environnantes. 

« Les prothèses discales peuvent être classées en deux grandes catégories : celles destinées à la colonne cervicale et celles destinées à la colonne lombaire. Cette distinction est importante, car ces deux régions ont des exigences différentes en matière de mobilité – la région cervicale, en particulier, présente naturellement une grande mobilité. Une telle prothèse convient plutôt aux patients chez lesquels l’usure n’est pas encore trop avancée. En effet, l’usure implique toujours une limitation de la mobilité. Le corps commence alors souvent à se raidir de lui-même, par exemple en formant des excroissances osseuses. Lorsque ce processus est trop avancé, il est difficile, voire impossible, de restaurer la mobilité à l’aide d’une prothèse. En principe, la prothèse s’adresse plutôt aux patients qui sont encore mobiles et actifs. Il s’agit souvent de personnes sportives ou ayant une vie quotidienne très active, que ce soit sur le plan professionnel ou privé. « Cela ne se limite pas au disque intervertébral lui-même, mais concerne également les muscles, les ligaments, l’ensemble du système. Et c’est précisément ce qui fonctionne souvent particulièrement bien chez ces patients », explique le Prof. Dr El Hindy au début de notre entretien, avant d’ajouter à propos du diagnostic :

« L’imagerie chez les patients présentant des signes d’usure suit en principe un protocole standardisé. On commence généralement par réaliser une IRM – c’est la méthode la plus importante pour pouvoir évaluer quelle pathologie est à l’origine des symptômes. En complément, on utilise ce qu’on appelle des examens fonctionnels, ce qui est tout à fait courant en cas d’affections liées à l’usure. Le patient effectue alors des mouvements ciblés, par exemple une flexion et une extension de la tête au niveau de la colonne cervicale ou une flexion et une extension au niveau de la colonne lombaire. Ces mouvements sont enregistrés sur une radiographie de profil afin de vérifier s’il existe encore une mobilité suffisante dans la zone susceptible d’être opérée. Ces clichés fournissent également des indications permettant de déterminer si une prothèse discale est envisageable ou non. Une instabilité de la colonne vertébrale constitue par exemple un critère d’exclusion. Cela peut être détecté sur les clichés fonctionnels. Si les corps vertébraux bougent lors de la flexion et de l’extension, mais restent stables les uns par rapport aux autres, c’est en principe un bon signe. En revanche, si une vertèbre glisse sur une autre – par exemple, si la troisième vertèbre lombaire glisse nettement au-delà de la quatrième lors d’une flexion –, cela indique une instabilité. Dans un tel cas, une prothèse ne serait pas indiquée.

Le pronostic à long terme après une prothèse discale diffère sur plusieurs points essentiels de celui de la chirurgie de fusion vertébrale classique (spondylodèse). En principe, l’objectif de la prothèse discale est de préserver la mobilité de la partie de la colonne vertébrale concernée, tandis que la spondylodèse vise à rigidifier complètement le segment vertébral correspondant.

« L’idée centrale derrière l’utilisation d’une prothèse discale est la préservation de la mobilité. C’est précisément ce qui la distingue d’une opération de fusion : le segment concerné reste mobile. Des études et l’expérience clinique montrent que cette préservation de la mobilité entraîne à long terme moins de problèmes dans les segments vertébraux adjacents – les problèmes dits des segments adjacents surviennent plus rarement. La mobilité est donc non seulement préservée dans le segment atteint lui-même, mais les zones voisines sont également ménagées, car elles doivent supporter moins de charge compensatoire. Bien sûr, l’usure naturelle se poursuit au cours de la vie – on ne peut pas l’arrêter complètement. Une prothèse interfère toutefois moins fortement avec le système biomécanique de la colonne vertébrale qu’une arthrodèse. Les opérations d’arthrodèse sont néanmoins inévitables dans certains cas. On leur attribue souvent une image négative, mais de nombreux patients, par exemple après une seule arthrodèse, ne remarquent aucune différence notable dans leur vie quotidienne. La situation ne devient critique que dans le cas d’arthrodèses très étendues, s’étendant par exemple de la colonne thoracique jusqu’au bassin. Il s’agit toutefois plutôt de cas exceptionnels. « Dans de nombreux cas, une prothèse permet d’obtenir de bons résultats à long terme, tout en conservant une sensation de mouvement naturelle », précise le Prof. Dr El Hindy. 

implantierte zervikale Prothesen

Les prothèses discales modernes sont des implants sophistiqués, spécialement conçus pour imiter au mieux la fonction et la mobilité naturelles du disque intervertébral humain. Le choix des matériaux et la conception technique jouent ici un rôle décisif pour la durabilité, la biocompatibilité et la mobilité.

Le Prof. Dr Hindy commente à ce sujet : « Les prothèses de disque intervertébral sont composées de matériaux qui ont déjà fait leurs preuves depuis des décennies en endoprothétique, par exemple pour les articulations du genou ou de la hanche. La prothèse se compose généralement de deux plaques en titane qui sont ancrées en haut et en bas du corps vertébral. Le titane est particulièrement adapté, car il est bien toléré par l’os et s’intègre de manière stable. Entre les plaques en titane se trouve un noyau mobile en polyéthylène. Ce noyau fonctionne de manière similaire à une articulation sphérique et permet la mobilité naturelle du segment vertébral. La technique a fait ses preuves : les modèles de prothèses actuellement utilisés sont en service depuis environ 30 ans. Au cours de cette période, des études à long terme approfondies ont été menées, qui attestent de bons résultats. Des tests de durabilité simulent également plusieurs décennies d’utilisation – en règle générale, les implants sont conçus pour durer au moins 40 ans. Dans la pratique, il s'avère que cette durabilité n'est pas une simple théorie. Il existe ainsi des patients qui vivent avec une telle prothèse depuis déjà 30 ans – avec un bon fonctionnement durable et une mobilité préservée dans le segment concerné. La prothèse discale est donc non seulement un implant moderne, mais aussi un implant éprouvé.

D'un point de vue technique, les prothèses discales sont conçues pour permettre plusieurs directions de mouvement : flexion et extension, latéralisation et rotation. Cette mobilité multidirectionnelle est déterminante pour préserver la dynamique naturelle de la colonne vertébrale et éviter la surcharge des segments adjacents. Certains modèles de prothèses sont en outre conçus pour amortir les chocs, afin de mieux reproduire la répartition naturelle de la pression sur la colonne vertébrale. 

Foto Typische kielgeführte Prothese.

Bien que la prothèse discale constitue une alternative prometteuse à la chirurgie de fusion vertébrale classique (spondylodèse), elle comporte, comme toute intervention chirurgicale au niveau de la colonne vertébrale, certains risques et complications potentielles.

Parmi les risques généraux liés à la prothèse discale, on compte les infections au niveau du site opératoire, les hémorragies, les troubles de la cicatrisation et les lésions des structures voisines telles que les racines nerveuses, les vaisseaux sanguins ou les méninges. Les thromboses ou les embolies font également partie des risques périopératoires généraux. Les complications spécifiques liées à la prothèse discale elle-même concernent principalement le positionnement et le fonctionnement de l'implant. Si la prothèse n'est pas placée avec précision, cela peut entraîner des sollicitations incorrectes de la colonne vertébrale, des déformations ou des schémas de mouvement non physiologiques. En conséquence, les douleurs peuvent persister, voire s’intensifier. L’utilisation de techniques modernes permet toutefois de réduire considérablement bon nombre de ces risques. Il s’agit notamment de techniques chirurgicales mini-invasives qui préservent au maximum les tissus environnants et permettent une récupération plus rapide. Le haut niveau d’expertise du médecin traitant est ici extrêmement important.

« Lors de la pose d’une prothèse discale – en particulier au niveau de la colonne cervicale – l’accès chirurgical est en principe identique à celui d’une arthrodèse classique, qui reste la référence en Allemagne. Néanmoins, l’implantation d’une prothèse se distingue nettement sur le plan technique : elle exige davantage d’expérience et de précision, car il ne s’agit pas seulement de retirer la hernie discale à l’origine de la douleur, mais aussi de préserver la mobilité du segment. Avec les prothèses en particulier, la taille et la position de l’implant doivent être parfaitement adaptées. Si l'implant utilisé est trop haut, par exemple, cela peut entraîner une hyperextension des articulations facettaires postérieures, ce qui peut entraîner de nouveaux symptômes tels que des douleurs cervicales. De tels problèmes surviennent plus rarement lors des arthrodèses, car dans ces cas-là, la mobilité est de toute façon supprimée. Le choix de l'implant approprié est également déterminant. Il existe sur le marché de nombreux modèles différents qui varient en hauteur, en largeur, en mécanisme et en matériau – certains contiennent par exemple du nickel, ce qui poserait problème en cas d'allergies. Pour les femmes, les implants d’une hauteur minimale de 6 mm sont souvent trop hauts. La stabilité joue également un rôle : certaines prothèses nécessitent des techniques d’ancrage particulières, par exemple à l’aide de chevilles enfoncées dans l’os, qui offrent une bonne stabilité primaire dès le départ. Les prothèses doivent donc être adaptées individuellement à l’anatomie et aux besoins des patients. Cela nécessite un large choix d’implants et une grande expérience chirurgicale. Une prothèse n’est pas posée « en série », mais soigneusement planifiée et sélectionnée. L’opération proprement dite – par exemple pour une prothèse sur un segment de la colonne cervicale – dure en moyenne environ une heure. Cependant, ce n’est pas seulement la durée qui est déterminante pour la réussite, mais aussi la préparation précise et l’exécution minutieuse », souligne le Prof. Dr El Hindy, qui poursuit :

« Les patients qui reçoivent une prothèse discale peuvent généralement rentrer chez eux assez rapidement. Lors d’une intervention sur la colonne cervicale, le risque majeur est une hémorragie secondaire qui pourrait éventuellement comprimer la trachée. C’est pourquoi les patients restent au moins une nuit à l’hôpital en observation. Passé ce délai, le risque de telles complications a considérablement diminué. D’un point de vue médical, la plupart pourraient déjà sortir le lendemain – comme c’est d’ailleurs l’usage dans certains autres pays. En Allemagne, cependant, les conditions économiques font que les patients restent généralement trois nuits, car une durée de séjour plus courte entraînerait des pertes financières pour l’hôpital. Cette règle n’a pas non plus été modifiée dans le cadre de la réforme hospitalière – celle-ci porte plutôt sur la question fondamentale de savoir quels établissements sont encore autorisés à pratiquer certaines interventions, et non sur la facturation des durées d’hospitalisation.

L’opération de la colonne lombaire est un peu plus complexe. Elle dure généralement environ deux heures et s’effectue par une incision dans l’abdomen. La durée moyenne d’hospitalisation est donc de quatre à cinq jours.

« Même si les incisions sont petites – environ deux centimètres au niveau du cou, cinq centimètres pour une hauteur au niveau lombaire, sept à huit pour deux hauteurs –, on entend ici par « mini-invasive » avant tout l’accès peu invasif : au lieu de devoir décoller les muscles de l’os comme lors des interventions par voie postérieure, on utilise les couches naturelles lors de l’accès antérieur. Les tissus sont simplement écartés sur le côté. Cela ménage les muscles et rend l’intervention globalement beaucoup plus agréable pour le patient – notamment en ce qui concerne la mobilité postopératoire, pour laquelle le bon fonctionnement des muscles est déterminant. Cet accès par la face antérieure n’est en aucun cas nouveau, mais il est de moins en moins maîtrisé. Cet accès est techniquement exigeant, en particulier pour les opérations de la colonne lombaire, ce qui explique pourquoi, dans d’autres pays, des chirurgiens vasculaires y participent souvent. En Allemagne, c’est généralement l’équipe de chirurgie de la colonne vertébrale qui se charge elle-même de cet accès. Bien entendu, chaque patient est informé de manière exhaustive au préalable sur l’intervention – y compris sur les risques éventuels, tels que des lésions de la trachée, de l’œsophage ou du nerf vocal dans la région du cou. Lors d’une opération par voie abdominale, l’uretère, la vessie et d’autres organes se trouvent à proximité. De tels risques sont extrêmement rares, mais ils sont toujours abordés. Des études à long terme montrent que ces voies d’accès sont globalement très sûres », explique le Prof. Dr El Hindy.

Après une opération avec pose d’une prothèse discale, il faut d’abord faire preuve de patience – même si, dans la vie quotidienne, les patients se sentent généralement bien assez rapidement. Il est en effet essentiel que la prothèse s’intègre solidement à l’os. Ce processus dure environ trois mois. Pendant cette période, la colonne vertébrale doit être ménagée afin de permettre une liaison stable entre l’os et l’implant.

Le professeur El Hindy recommande à cet égard : « Au cours des quatre à six premières semaines suivant l’opération, les patients doivent éviter autant que possible les efforts physiques. Les promenades légères, les changements de position (assis, couché, debout) et les exercices isométriques de base (c'est-à-dire des exercices de maintien sans grands mouvements) sont autorisés – et sont également proposés dans le cadre d'une kinésithérapie accompagnée. Les exercices sur des appareils ou l'entraînement intensif sont toutefois à proscrire pendant cette phase. Les mesures de rééducation n’ont généralement pas lieu immédiatement après l’opération, mais seulement trois mois plus tard – lorsque la prothèse est solidement intégrée. On peut alors commencer un entraînement ciblé de renforcement et de mobilité afin de retrouver une fonctionnalité complète. Un examen de contrôle a également lieu au bout d’environ trois mois. Celui-ci permet de vérifier si la prothèse est bien positionnée, si elle s’est bien intégrée et si elle ne s’est pas déplacée. Ce n’est que lorsque ce contrôle ne révèle aucun problème que les patients sont considérés comme « autorisés » à reprendre toutes leurs activités. Pour les personnes sportives, la durée de la période de repos varie en fonction du sport pratiqué. Pour les sports impliquant des changements brusques de mouvement ou des efforts intenses – comme le tennis, le football, le golf ou l’haltérophilie –, il convient d’attendre trois à six mois avant de reprendre l’activité. Ensuite, un retour au niveau d’activité antérieur est généralement possible sans problème – de nombreux anciens patients reprennent leur sport sans restriction.


Contrairement à une opération de fusion vertébrale (spondylodèse), dans laquelle deux corps vertébraux sont reliés de manière permanente et perdent leur mobilité, l’implantation d’une prothèse discale permet de préserver en grande partie la fonction dynamique du segment. Cette mobilité a une influence décisive sur la répartition des charges au sein de l’ensemble de la colonne vertébrale.


La santé des disques intervertébraux dépend de différents facteurs, parmi lesquels les prédispositions génétiques jouent un rôle important, en particulier au niveau de la colonne lombaire. Chez les patients jeunes souffrant de problèmes au bas du dos notamment, il est souvent impossible d’identifier un facteur déclenchant clair, ce qui suggère que la prédisposition génétique est une cause majeure. 

« Au niveau de la colonne cervicale, en revanche, on observe plus fréquemment des signes d’usure dus à des contraintes professionnelles. Les personnes qui travaillent beaucoup la tête en haut, comme les peintres, les électriciens ou les mécaniciens automobiles, sont particulièrement exposées aux lésions discales. La pratique intensive d’un sport de compétition dès le plus jeune âge peut également solliciter les disques intervertébraux au niveau de la colonne lombaire. Pour protéger les disques intervertébraux, il est important d’adopter des mouvements respectueux du dos au quotidien. Cela signifie par exemple de toujours fléchir les genoux pour soulever des charges et de ne pas effectuer de mouvements de rotation sous l’effort, car ceux-ci sont particulièrement néfastes pour les disques intervertébraux. Il est tout aussi important de renforcer les muscles du tronc, c'est-à-dire les muscles abdominaux et dorsaux, car une musculature stable soutient la colonne vertébrale et permet ainsi de prévenir ou de retarder l'apparition de douleurs. Une activité physique régulière et un entraînement ciblé, comme la gymnastique du dos ou d'autres exercices de renforcement, sont utiles à cet égard. Il convient également d'éviter de rester assis trop longtemps, de changer fréquemment de position et, de manière générale, de rester actif plutôt que de se ménager. Pour la colonne cervicale, cependant, l’entraînement musculaire n’est d’une aide que limitée, car les muscles posturaux y sont moins développés. C’est pourquoi il est particulièrement important de réduire les charges au-dessus de la tête et de veiller à des conditions de travail ergonomiques. « On ne peut certes pas tout contrôler, mais grâce à une activité physique consciente, une bonne posture et un entraînement ciblé, on peut réduire considérablement la charge sur les disques intervertébraux et ainsi minimiser le risque de problèmes ou d’opérations », conseille le spécialiste de la colonne vertébrale.

À l’hôpital St. Marien de Lünen, environ 100 prothèses discales sont posées chaque année au niveau de la colonne cervicale et environ 50 au niveau de la colonne lombaire. Le nombre d’opérations a même augmenté récemment, notamment en raison de la fusion des deux sites de Lünen et de Werne. 

Robotisch navigierte lumbale Bandscheibenprothese.

« En particulier lors de l’implantation au niveau de la colonne lombaire, il est important que la prothèse soit placée très précisément au centre, car contrairement à une arthrodèse, où un léger écart de quelques millimètres n’est pas si critique, la prothèse doit être parfaitement positionnée pour fonctionner de manière optimale. Pour garantir ce positionnement précis, l’hôpital St. Marien utilise un système de navigation robotique qui permet une orientation en trois dimensions et indique ainsi parfaitement la ligne médiane. Cette technique y a été introduite il y a environ un an et demi et constitue une particularité, car peu de cliniques utilisent le robot pour ce type d’opérations de la colonne vertébrale. Un autre avantage de la navigation robotisée est la réduction de l'exposition aux rayons X pour les patients et l'équipe chirurgicale, car l'intervention peut être réalisée avec plus de précision et une exposition moindre aux rayonnements. À l'avenir, l'intelligence artificielle aidera probablement surtout à mieux déterminer quel patient est adapté à quel type d'opération – prothèse ou arthrodèse. Des facteurs tels que le tabagisme, l'ostéoporose ou la situation sociale du patient jouent ici un rôle. L'IA pourrait donc faciliter le choix du traitement approprié, tandis que la réalisation technique des opérations gagnerait en précision et en rapidité grâce aux robots et aux systèmes de navigation. Dans l’ensemble, la combinaison de la robotique et de l’IA offre un grand potentiel d’amélioration des traitements en chirurgie rachidienne, même si l’utilisation technique de l’IA dans la salle d’opération elle-même reste encore limitée à ce jour. « Le développement fulgurant de la robotique dans les cliniques est fascinant et montre comment les technologies modernes peuvent être utilisées à bon escient dans de nombreux domaines spécialisés, même si l’importance des robots et de l’IA varie selon le domaine médical », a déclaré le Prof. Dr El Hindy à la fin de notre entretien.

Un grand merci, Prof. Dr El Hindy, pour cet aperçu passionnant de la prise en charge des prothèses discales !