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Entretiens avec des experts

Psychosomatique et psychothérapie – Spécialisation en psycho-oncologie : entretien avec l'experte Dr Claudia Plenge

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Alexandra Pfitzmann · 5 mars 2025

Le Dr Claudia Plenge est une médecin spécialiste expérimentée en médecine psychosomatique et en psychothérapie, dotée d'une expertise particulière dans le domaine de la psycho-oncologie. En tant que directrice médicale de la clinique de soins aigus CuraMed Allgäu, elle apporte non seulement des connaissances spécialisées approfondies, mais aussi une compréhension fine des besoins de ses patients dans le cadre des traitements. La clinique, qui a ouvert ses portes en 2022 dans le cadre idyllique de l'Allgäu wurtembergeois, offre un environnement à la fois moderne et confortable, spécialement conçu pour favoriser le processus de guérison.

Sous la direction du Dr Plenge, la clinique CuraMed Akutklinik Allgäu a mis en place une large gamme de traitements couvrant les maladies psychiques et psychosomatiques telles que la dépression, le burn-out, les troubles de stress post-traumatique, les douleurs chroniques et bien d’autres encore. Le Dr Plenge accorde une attention particulière à la psycho-oncologie, un nouveau domaine d'expertise de la clinique depuis avril 2024. Les patients confrontés aux défis psychologiques liés au cancer y bénéficient d'un accompagnement complet. Le Dr Plenge privilégie des approches thérapeutiques personnalisées, pouvant inclure aussi bien des séances de psychothérapie individuelles ou en groupe que des méthodes innovantes telles que les thérapies basées sur la pleine conscience, le tir à l'arc thérapeutique, la boxe thérapeutique et les interventions assistées par des animaux.

L'approche holistique du Dr Plenge et de son équipe repose sur un modèle biopsychosocial. Elle prend en compte non seulement la santé physique, mais aussi la santé psychique et sociale des patients. Le Dr Claudia Plenge se distingue non seulement par ses compétences professionnelles, mais aussi par son approche empathique et centrée sur le patient. Grâce à son engagement en faveur de concepts thérapeutiques innovants et à son dévouement sans faille pour le rétablissement de ses patients, elle marque de son empreinte la clinique CuraMed Akutklinik Allgäu et établit de nouvelles références en matière de soins psychosomatiques et psycho-oncologiques.

La rédaction du Leading Medicine Guide a pu s’entretenir avec le Dr Claudia Plenge et en a appris davantage sur les services psycho-oncologiques proposés à la clinique CuraMed Akutklinik dans l’Allgäu et sur leur importance pour les patients.

Dr. med. Claudia Plenge

Les liens psychosomatiques jouent un rôle central dans l'interaction entre la santé mentale et physique des patients atteints de cancer. Un cancer représente non seulement un fardeau physique, mais aussi un immense fardeau émotionnel. Le stress, l'anxiété, le deuil et d'autres sentiments intenses déclenchés par le diagnostic de cancer peuvent affaiblir le système immunitaire et avoir un impact négatif sur le processus de guérison. Parallèlement, des symptômes physiques tels que la douleur, la fatigue ou les effets secondaires du traitement anticancéreux peuvent fortement nuire à la santé mentale et augmenter le risque de dépression ou de troubles anxieux. Dans cette interaction complexe, la psychothérapie apporte un soutien précieux. 

« En principe, il existe des liens psychosomatiques dans toutes les maladies, que nous observons bien sûr ici, à la clinique de soins aigus CuraMed, spécifiquement dans le domaine de la psychosomatique, ce qui n’est pas le cas dans tous les domaines des maladies somatiques. C'est aussi la raison pour laquelle la spécialisation en psychosomatique n'existe que depuis peu. Les domaines psychique et somatique ont été considérés séparément pendant bien trop longtemps. Chez les patients oncologiques, cela revêt une importance croissante. En effet, autrefois, les diagnostics de cancer étaient généralement synonymes d’issue fatale, mais aujourd’hui, de nombreux cancers sont des maladies chroniques. Grâce à l’amélioration des techniques de diagnostic, il est désormais possible de détecter des tumeurs et des marqueurs très petits. De plus, on dispose de meilleures approches thérapeutiques, d’une espérance de vie plus longue et de meilleurs pronostics. « Les patients qui, par exemple, reçoivent un diagnostic de cancer de la prostate à 65 ans, sont opérés puis suivent une hormonothérapie, grâce à laquelle ils peuvent vivre jusqu’à plus de 80 ans », explique le Dr Plenge au début de notre entretien, avant d’ajouter :

« Les patients atteints d’un cancer ont aujourd’hui besoin d’une prise en charge tout à fait différente. Car au moment du diagnostic, il s’agit d’abord de la survie, mais malgré tous les traitements, le moral reste toujours à la traîne. En effet, tant le diagnostic du cancer que le traitement ont un impact psychologique profond sur le bien-être. Presque tous les patients ont une grande peur de la récidive, qui persiste souvent dès le début, mais aussi souvent encore des années après le diagnostic initial. D’un point de vue purement somatique, les patients sont guéris, mais ils sont toujours psychologiquement dépassés par l’ensemble de la maladie et du traitement. Certes, de plus en plus de centres de cancérologie proposent des services de psycho-oncologie, mais au moment du traitement aigu (chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie), les patients ne sont pas encore prêts à y avoir recours, car ils sont d'abord accaparés par la lutte pour la survie, les interventions et les anesthésies nécessaires, ainsi que par les effets secondaires potentiels des médicaments. Ces dernières années, on a de plus en plus pris conscience que le suivi psycho-oncologique s’étend bien au-delà de la phase aiguë du diagnostic et du traitement. Dans les domaines de la gynécologie, de l’oncologie et de la médecine générale en particulier, des connaissances de base en psychosomatique revêtent une grande importance, de sorte que la participation à un cours de « soins psychosomatiques de base » a heureusement été intégrée au programme de ces formations spécialisées.

La recommandation d’un traitement spécifique après un diagnostic de cancer doit être discutée de manière tout à fait individuelle avec le patient. 

« Dans le cadre d’un diagnostic établi par un médecin généraliste, cela se fait généralement plus facilement, car le médecin et le patient se connaissent souvent bien. En fin de compte, il est important que ce soit le patient qui décide de la suite à donner au traitement. Cela fait de lui l’expert de sa propre maladie et lui évite de se sentir à la merci des autres et impuissant. Car il ne s’agit pas seulement du corps, mais aussi de l’âme du patient. De plus, des questions sociales concernant la capacité de travail, l’aptitude professionnelle, la sécurité financière, etc. se posent, qui sont malheureusement trop souvent négligées, de sorte que les patients ne bénéficient pas d’un soutien suffisant sur ces sujets. L'essentiel de la psycho-oncologie n'est pas de prévenir le cancer ni de le guérir, mais de préserver la qualité de vie ou de la rétablir. Il faut également tenir compte des ressources disponibles : que peut-on développer ? Qui peut être impliqué pour rétablir la qualité de vie ? Tout cela contribue à la gestion de la maladie. Cela implique notamment de fournir au patient suffisamment d’informations sous forme de psychoéducation et de l’aider à accepter la situation sans rester prisonnier de la peur. « Car un patient atteint d’un cancer restera toujours un patient atteint d’un cancer, même s’il est guéri, car le diagnostic et les traitements suivis lui confèrent un profil de risque différent de celui d’une personne n’ayant jamais eu de cancer », précise le Dr Plenge.

Les thérapeutes en psycho-oncologie sont confrontés à des défis variés et complexes, qui diffèrent selon la phase de la maladie. Chaque phase s’accompagne de contraintes émotionnelles, cognitives et sociales spécifiques, qui doivent être abordées de manière individuelle.

De nombreux patients sont confrontés à des angoisses intenses, à des questions existentielles et à une confrontation soudaine avec leur propre mortalité. La tâche du thérapeute consiste à créer un espace pour ces sentiments, à les valider et à aider le patient à assimiler le diagnostic sans pour autant se sentir dépassé. « Chaque patient réagit différemment. Il y a de la colère, des larmes et de la peur. C'est tout à fait normal, car chaque personne choisit inconsciemment sa stratégie d'adaptation personnelle, façonnée par ses expériences passées, et il faut laisser le patient la mettre en œuvre. Le rôle du psycho-oncologue est alors de rester à ses côtés. C’est le patient qui détermine le déroulement, la durée, la fréquence et les thèmes, et notre rôle est de proposer sans cesse notre aide et de signaler notre disponibilité, même si le patient la refuse à maintes reprises. Il est alors judicieux d’impliquer les proches dans le processus, bien sûr selon les souhaits du patient. Il est toujours important de ne pas minimiser les craintes ni de « dramatiser », mais de toujours procéder à une évaluation réaliste, d’expliquer la partie médicale de manière compréhensible et de donner au patient le sentiment qu’il a les rênes en main. « Même si le patient décide de ne pas suivre un traitement peut-être prometteur et que la famille s’y oppose, c’est le patient qui décide de ce qu’il fait et de ce qu’il ne fait pas », commente le Dr Plenge à ce stade. 

Pendant le traitement, l’accent peut être mis sur l’aide à la gestion des contraintes physiques telles que la douleur ou les effets secondaires du traitement, ainsi que sur l’acceptation de la perte de contrôle que ressentent de nombreux patients. Parallèlement, il faut souvent aborder les conflits entre les objectifs de vie personnels et les contraintes imposées par la maladie. Au cours de la phase de suivi, une fois le traitement actif terminé, des sentiments de vide, d’incertitude quant à l’avenir et de crainte d’une rechute apparaissent fréquemment. Les patients s’attendent souvent à un retour à la normale, ce qui peut être compliqué par des séquelles physiques ou émotionnelles à long terme. Les thérapeutes doivent alors accompagner la transition vers une « nouvelle normalité » et aider les patients à accepter la présence durable de la maladie dans leur vie. « Dans une telle phase, un patient ressent souvent soudainement le besoin de parler du deuil et de la mort. Il faut alors être présent pour le patient et faire preuve d’ouverture d’esprit face à d’éventuels aspects spirituels », souligne le Dr Plenge, qui décrit ainsi le déroulement global de la thérapie à la clinique de soins aigus CuraMed :

« Je prends généralement en charge les patients à la clinique de soins aigus CuraMed pendant une période de six à huit semaines. Malheureusement, le système actuel est organisé de telle sorte que l’on vise toujours des séjours aussi courts que possible à l’hôpital pour les patients. En raison de la qualité catastrophique des soins ambulatoires, une grande partie de la prise en charge psycho-oncologique nécessaire est ainsi négligée. Pour les patients, qu’ils soient assurés à titre privé ou par la sécurité sociale, il faut toutefois généralement disposer d’un « diagnostic F » (diagnostic psychiatrique) pour obtenir une prise en charge des frais liés à un traitement psychothérapeutique ambulatoire et/ou hospitalier, le cancer du sein constituant ici la seule exception. Ici, à la clinique de soins aigus CuraMed Allgäu, nous ne proposons pas de réadaptation oncologique telle qu’elle est habituellement proposée après un traitement contre le cancer. Mon objectif n’est pas de rendre les personnes à nouveau aptes au travail, ce qui est le but d’une mesure de réadaptation, mais de permettre aux patients de retrouver le courage, la joie et la volonté de vivre. Le séjour dans ma clinique est un séjour hospitalier en phase aiguë dans un cadre psychosomatique et psycho-oncologique. En principe, il est préférable que les patients ne soient pas simplement renvoyés chez eux après une situation aiguë – notamment parce qu’il existe généralement un déficit important en matière de capacités somatiques et physiques. Il est donc judicieux qu’ils bénéficient d’une phase de transition pour les aider. Dans une réadaptation « normale », cependant, les patients sont généralement pris en charge pendant trois à quatre semaines. Pendant cette période, le patient, par le contact avec d’autres patients, est confronté à toutes les étapes du cancer : il entend parler de récidives, voit des patients souffrant de perte de cheveux due à la chimiothérapie, etc., ce qui représente un fardeau très lourd. « Il est donc tout à fait compréhensible que les patients ne souhaitent pas s’infliger cela et préfèrent rentrer chez eux, dans leur espace de sécurité, pour éviter ces confrontations », précise le Dr Plenge.

Les défis des soins psycho-oncologiques et de la réadaptation pour les patients atteints de cancer.

« La thérapie psycho-oncologique que nous proposons au sein de notre établissement peut accueillir au maximum huit patients sur un total de 37. En effet, nous ne « trions » pas ces patients en tant que malades du cancer, mais nous les intégrons pleinement dans le parcours de tous les autres patients. Ils participent à toutes les thérapies avec les autres patients. De plus, ils bénéficient de thérapies individuelles en psycho-oncologie ainsi que d’une thérapie de groupe avec les autres patients atteints de cancer, car les échanges entre les personnes concernées sont très importants. Au cours de ces six à huit semaines, je me tiens à la disposition des patients non seulement en tant que psychothérapeute, mais aussi en tant que médecin. En effet, de nombreux patients ne comprennent pas la plupart des lettres médicales qui leur sont remises et, dans certains cas, ne connaissent même pas leur état de santé exact. Une partie importante de la thérapie psycho-oncologique consiste toujours à gérer les angoisses, ce qui s’apprend notamment par le biais d’une thérapie comportementale. Il s’agit également de questions relatives à d’éventuelles déficiences physiques, à la perte éventuelle de la sexualité, aux contacts sociaux et à l’estime de soi. Si un patient souffre déjà d’une affection préexistante et est donc psychologiquement vulnérable, s’il souffre peut-être déjà d’une dépression ou d’un trouble anxieux, alors l’éventail des traitements s’élargit naturellement. Ce patient aura peut-être également besoin d’un soutien médicamenteux ou d’une thérapie post-traumatique », précise le Dr Plenge.


Le « F » d’un diagnostic F provient de la CIM-10, la classification internationale des maladies. Il désigne les troubles mentaux et du comportement. Chaque maladie dans ce domaine se voit attribuer un numéro spécifique, par exemple F32 pour la dépression. En médecine, différentes lettres sont utilisées pour classer les groupes de maladies – le « F » désigne les maladies mentales.


En psycho-oncologie, le lien entre le bien-être émotionnel et l’évolution de la maladie fait l’objet de recherches approfondies et est exploité à des fins thérapeutiques. De nombreuses études montrent que des états émotionnels tels que le stress chronique, l’anxiété ou la dépression peuvent avoir une influence négative sur l’évolution d’un cancer. 

« Lorsqu’il s’agit d’une éventuelle dépression, je commence par examiner le dossier du patient afin de vérifier s’il s’agit d’une dépression réactive suite à un diagnostic de cancer ou si la dépression existait déjà avant le diagnostic. Je procède ensuite à une anamnèse classique du patient, comprenant une anamnèse somatique, une anamnèse psychique et une anamnèse médicamenteuse. Les informations recueillies me permettent alors de me faire une idée de la situation. Parfois, un cancer peut faire resurgir quelque chose que le patient a déjà vécu, et c’est là que j’interviendrais en tant que psychologue formée à la psychologie des profondeurs. Même les examens médicaux nécessaires peuvent raviver des expériences négatives non assimilées et entraîner des réactions violentes, d’abord incompréhensibles. Une approche psychanalytique permet toutefois de faire remonter ces traumatismes non assimilés, qui peuvent alors être traités », explique le Dr Plenge.

Souvent, les membres de la famille jouent un rôle important en tant que principaux soutiens du patient, mais ils sont eux-mêmes confrontés aux défis émotionnels liés au cancer. Dans de tels cas, la thérapie offre un soutien non seulement au patient, mais aussi à ses proches, en leur apprenant à mieux gérer leurs propres peurs et inquiétudes et à accompagner le patient de manière saine.

« Bien sûr, il arrive souvent que les proches ou le partenaire souffrent énormément à leur tour. Il est très important de proposer ici même de pouvoir aider. D’une manière générale, les membres de la famille et les contacts sociaux du patient jouent un rôle important. Cela peut aller dans deux directions opposées. D'un côté, ils peuvent avoir un effet stabilisateur, car ils font preuve d'une grande compréhension envers le patient et lui proposent leur aide ; mais ils peuvent aussi être perçus comme un fardeau par le patient s'il est par exemple accusé par son entourage ou mis sous pression concernant le traitement. Dans les deux cas, il est judicieux, avec l’accord du patient, d’impliquer les proches dans la thérapie. Il est souvent utile de former des groupes de proches afin de leur transmettre des stratégies pour mieux accompagner la personne atteinte d’un cancer. Car il ne faut pas oublier que c'est toute la structure familiale qui peut être touchée. Si, par exemple, il y a de jeunes enfants à la maison mais que la mère est malade, le père se retrouve seul face à tout cela, éventuellement dépassé, et a besoin d'aide. Il s'agit parfois « simplement » d'organiser des services sociaux ou une aide ménagère. Les enfants posent également des questions, auxquelles je réponds avec beaucoup d’ouverture et de transparence, mais en adaptant ma réponse à leur âge, ou en faisant appel à un psychologue pour enfants. Il faut également faire comprendre au conjoint qu’en cas de maladie de ce type, il faut penser à moyen et long terme, y compris sur le plan purement financier. « Ce n’est pas quelque chose qui s’achève au bout de quelques semaines », explique le Dr Plenge à propos de la situation familiale.

La pleine conscience et la promotion de la résilience sont des éléments centraux de la psycho-oncologie, car elles aident les patients atteints de cancer à gérer le stress psychologique et émotionnel lié à la maladie et à mieux surmonter les défis qui se présentent au cours de l’évolution de la maladie. 

Ces deux approches jouent un rôle important dans le soutien à la santé mentale et contribuent à stabiliser le bien-être émotionnel des patients, ce qui peut avoir un effet positif sur l’ensemble du processus de guérison. La pleine conscience, comprise comme la capacité à vivre l'instant présent sans jugement et avec une attention totale, est utilisée en psycho-oncologie pour aider les patients à réguler leurs pensées et leurs émotions. Cette pratique aide à identifier et à accepter les schémas de pensée négatifs et les angoisses souvent associés au cancer, plutôt que de les refouler ou de se laisser submerger par eux. 

« La thérapie repose sur plusieurs piliers. Il y a tout d’abord la thérapie par la parole, en individuel ou en groupe, sur des thèmes qui concernent tout le monde. Viennent ensuite les thèmes spécifiquement psycho-oncologiques, qui sont abordés individuellement. Tout cela fait partie de la psychoéducation, car de nombreux patients ignorent beaucoup de choses d’un point de vue purement médical et n’osent souvent pas poser de questions. L’échange avec d’autres personnes concernées est également important ici, car ils se rendent compte que les autres vivent la même chose et qu’ils ne sont pas seuls avec leurs pensées et leurs problèmes. Souvent, les patients apprennent les uns des autres – c’est ce qu’on appelle l’apprentissage par l’exemple – et voient si ce qu’un autre patient a entrepris pourrait également leur convenir. Ici, à la clinique CuraMed-Akutklinik, j’ai des groupes ouverts et non des groupes spécifiques à une pathologie. Les patients constatent ainsi que d’autres patients sortent de la thérapie très revigorés après six semaines. Un facteur déterminant ici, à la clinique, est la distance par rapport au domicile, qui permet d’intérioriser une autre perspective. Outre les thérapies par la parole, nous proposons une thérapie par la danse et le corps, qui aide surtout les patients ayant perdu confiance en leur corps ou l’accès à leur corps et à leurs sentiments, comme la joie. Notre thérapie créative et artistique stimule l'intuition et la créativité des patients pour les choses qui ne peuvent être exprimées verbalement, mais qui ont besoin d'un espace. Les thérapies centrées sur les émotions et axées sur l’expérience visent à permettre aux patients d’accéder à leurs propres ressources. Par exemple, l’escalade thérapeutique sur le mur d’escalade de notre clinique a également pour but de retrouver la confiance en soi, en son propre corps et envers les autres. Les patients ont la possibilité de découvrir comment gravir le mur d’escalade malgré une force réduite. Il s’agit d’apprendre à doser ses forces et à les utiliser à bon escient », explique le Dr Plenge, qui poursuit :

« Une structure quotidienne claire est importante. C’est pourquoi nous proposons un programme dès avant le petit-déjeuner afin de motiver les patients pour la journée. Bien sûr, il s’agit aussi de la condition physique et de l’appareil locomoteur, mais aussi d’entrer en contact avec soi-même pour développer la perception corporelle. C’est important, car certains patients ne ressentent plus rien d’autre que la douleur. Nos activités de méditation, de yoga ou encore de qi gong sont également utiles à cet égard. De plus, nous proposons un entraînement au plaisir et disposons donc d’une cuisine de très grande qualité, afin de montrer que manger peut redevenir un plaisir et ne sert pas uniquement à se nourrir. Tout cela contribue également à renforcer la résilience, que l'on peut retrouver et consolider. Il est important pour les patients de sortir de la passivité et, si possible, d'un rôle de victime. La question ne doit pas être « Pourquoi moi ? », mais « Et maintenant ? ». Cette efficacité personnelle doit être développée afin de retrouver une attitude positive face à la vie, qui ne permet certes pas d’empêcher une récidive, mais qui peut améliorer la qualité de vie. Il est donc très important que la psycho-oncologie soit encore davantage intégrée dans les comités tumoraux des cliniques et que son importance en oncologie soit renforcée. La formation en psycho-oncologie devrait quant à elle intégrer une part plus importante de connaissances médicales, et un meilleur échange entre oncologues et psychologues serait essentiel. Mais surtout, je souhaite un développement de l’offre psycho-oncologique dans le cadre des soins ambulatoires et une plus grande disposition des caisses d’assurance maladie à la prendre en charge. Car au final, une offre de qualité permet d’éviter que les patients ne sombrent psychologiquement. On peut aider de nombreux patients bien plus tôt ». C’est sur cet appel que nous concluons notre entretien.

Un grand merci, Dr Plenge, pour cet aperçu si empathique du travail important et nécessaire de la psycho-oncologie !

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