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Dépistage précis et rapide du cancer de la peau grâce à un scanner corporel à 360° - Entretien avec le professeur Bechara

28.04.2025
Rédaction de Leading Medicine Guide
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Rédaction de Leading Medicine Guide

Le professeur Falk Bechara est un spécialiste reconnu dans le domaine de la chirurgie dermatologique et jouit d'une excellente réputation bien au-delà de la région de la Ruhr. En tant que directeur adjoint de la clinique de dermatologie et médecin-chef du service de chirurgie dermatologique à la clinique catholique de Bochum, il allie une expertise médicale de haut niveau à des méthodes de traitement innovantes. Ses domaines de prédilection sont le traitement chirurgical des tumeurs cutanées, les opérations du cancer de la peau, la chirurgie plastique et reconstructive de la peau, ainsi que le traitement des cicatrices et des maladies cutanées complexes telles que l'hidradénite suppurée (acné inversée).

Fort de nombreuses années d'expérience et d'une expertise scientifique approfondie, le Prof. Dr Bechara s'appuie sur des procédures diagnostiques et thérapeutiques de pointe. Il accorde toujours la priorité à un diagnostic approfondi afin de détecter précocement les altérations cutanées pathologiques et de les traiter de manière ciblée. Il dispose notamment d'une expertise exceptionnelle en chirurgie des tumeurs cutanées, ce qui lui permet de diagnostiquer précocement le cancer de la peau à ses différents stades et de mettre en œuvre des traitements chirurgicaux adaptés à chaque cas.

En tant qu'ancien président de la Société allemande de chirurgie dermatologique (DGDC), le Prof. Dr Bechara s'engage non seulement dans les soins aux patients, mais aussi dans la recherche scientifique et l'enseignement. Sa collaboration étroite avec des experts nationaux et internationaux ainsi que sa participation active à des études scientifiques garantissent à ses patients de bénéficier des dernières avancées en matière de chirurgie dermatologique.

Dès 2014, il a été nommé professeur extraordinaire à la Faculté de médecine de l'Université de la Ruhr à Bochum pour ses mérites et son expertise exceptionnelle. Les patients qui se confient au Prof. Dr Bechara bénéficient d’un suivi personnalisé et compétent, fondé sur un diagnostic approfondi, des approches thérapeutiques modernes et une longue expérience chirurgicale.

Lors d’un entretien, la rédaction du Leading Medicine Guide a pu en savoir plus sur l’apparition et le traitement du cancer de la peau, ainsi que sur le scanner corporel à 360° que le Prof. Dr Bechara utilise pour ses patients.

St. Josef-Hospital - Klinikum der Ruhr-Universität Bochum - Prof. Dr. Falk Bechara

Le cancer de la peau compte parmi les cancers les plus fréquents au monde et peut se présenter sous différentes formes, allant des carcinomes basocellulaires relativement bénins aux mélanomes malins très agressifs. Ce qui le rend particulièrement dangereux, c'est qu'il se développe souvent sans être remarqué pendant longtemps et qu'il n'entraîne des conséquences graves pour la santé qu'à un stade avancé. La peau offre pourtant une opportunité unique de dépistage précoce : les modifications sont généralement visibles et peuvent être détectées à un stade précoce grâce à des examens de dépistage réguliers. Le dépistage du cancer de la peau joue donc un rôle décisif pour diagnostiquer à temps les lésions cutanées malignes et les traiter avec succès. Des méthodes d'examen modernes telles que la microscopie à lumière réfléchie ou la dermatoscopie numérique permettent d'identifier les anomalies les plus infimes et, le cas échéant, de les éliminer à un stade précoce. En faisant contrôler régulièrement sa peau et en veillant à se protéger du soleil, chacun peut réduire considérablement son risque personnel et préserver la santé de sa peau à long terme.

L'apparition du cancer de la peau est influencée par de nombreux facteurs de risque, l'exposition excessive aux rayons UV étant considérée comme la cause principale. 

« Le rayonnement UV reste le principal facteur de risque de cancer de la peau. Cependant, l'importance et la nature des dommages causés par les UV varient en fonction du type de cancer de la peau. Les cancers de la peau non malins – tels que les kératoses actiniques ou les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires – sont clairement liés à une exposition cumulative et à long terme aux UV. On peut se représenter cela comme un « compte UV » : chaque exposition au soleil vient s’y ajouter, et à un moment donné, le compte est plein – les premières altérations cutanées ou lésions précancéreuses apparaissent. Pour le mélanome, les données sont plus complexes. Il existe certes des formes, notamment au niveau du visage, qui sont clairement liées à une exposition chronique aux UV. Cependant, de nombreux mélanomes apparaissent sur des parties du corps telles que le tronc, les bras ou les jambes, qui sont moins exposées au soleil au quotidien. Dans ces cas-là, on suppose que ce sont plutôt des dommages UV intenses – par exemple des coups de soleil pendant l’enfance ou l’adolescence – qui jouent un rôle déterminant. Le type de peau constitue un autre facteur de risque : les personnes à la peau claire, aux cheveux blonds ou roux et aux yeux clairs sont nettement plus exposées que celles à la peau plus foncée. Les peaux foncées bénéficient d’une certaine protection naturelle grâce à une teneur en mélanine plus élevée. Un troisième facteur de risque important est un système immunitaire affaibli. Les personnes souffrant d’une immunodéficience, due par exemple à la prise de médicaments immunosuppresseurs ou à la suite d’une greffe d’organe, présentent un risque accru de développer un cancer de la peau – en particulier des formes agressives. Même chez les personnes ayant une peau et un mode de vie globalement sains, une forte exposition au soleil – comme deux semaines de bains de soleil intensifs en vacances – peut poser problème à long terme. La protection contre les UV reste donc un enjeu central de la prévention pour tous les types de peau et toutes les tranches d’âge », explique le Prof. Dr Bechara au début de notre entretien.


Ce que l’on appelle « l’effet de dette UV » signifie que chaque coup de soleil augmente le risque de cancer de la peau à long terme, même s’il remonte à de nombreuses années. Certains groupes de personnes sont particulièrement exposés. Il s’agit notamment des personnes à la peau claire (types de peau I et II), aux cheveux blonds ou roux, aux yeux bleus ou verts, ainsi que celles ayant tendance à avoir des taches de rousseur. Ces types de peau contiennent moins de mélanine, le pigment qui protège la peau contre les dommages causés par les UV.


Les personnes concernées doivent surveiller régulièrement leur peau à la recherche de changements, car le cancer de la peau se détecte souvent à un stade précoce grâce à des modifications cutanées visibles. 

Il convient de surveiller tout particulièrement les grains de beauté et les taches pigmentaires, surtout s'ils changent de forme, de couleur ou de taille. La règle dite « ABCDE » aide à détecter précocement les modifications cutanées suspectes. A signifie asymétrie, B signifie bordure irrégulière, C signifie couleurs variées au sein de la tache, D signifie un diamètre supérieur à cinq millimètres et E signifie élévation ou surface changeante. 

« Lorsque des modifications cutanées suspectes apparaissent, cela signifie souvent que la peau a déjà été exposée de manière intensive aux UV pendant une longue période. Il est important de distinguer le carcinome basocellulaire du mélanome, car ils présentent des symptômes typiques différents. Dans le cas du cancer de la peau de type clair, les patients signalent souvent des lésions sur des zones du corps fortement exposées au soleil, comme le visage, les oreilles ou les avant-bras, qui s’ouvrent ou forment des croûtes de manière récurrente. Ces lésions ont pour caractéristique de sembler guérir, mais de réapparaître après quelques semaines ou quelques mois. Ce schéma récurrent est un signe d’alerte classique. Une règle simple : les modifications cutanées qui ne guérissent pas complètement au bout de huit semaines doivent faire l’objet d’un examen médical. Dans le cas du mélanome, en revanche, ce n’est pas la plaie qui cicatrise mal qui est au premier plan, mais la modification des grains de beauté. Une augmentation de la taille, des bords irréguliers ou des formes asymétriques sont particulièrement suspects. Un grain de beauté devrait être à peu près symétrique : si on le divise mentalement en deux, les deux moitiés devraient se ressembler. De plus, la plupart des mélanomes ne se développent pas à partir de grains de beauté existants, mais apparaissent sous forme de nouvelles taches sombres sur la peau. De nombreux patients rapportent l’apparition soudaine d’une tache qu’ils n’avaient pas remarquée auparavant. Ces nouvelles modifications doivent également faire l’objet d’un examen dermatologique rapide, car un diagnostic précoce est déterminant pour la réussite du traitement », précise le Prof. Dr Bechara.

Le scanner corporel à 360 degrés offre une méthode de dépistage du cancer de la peau ultramoderne et plus précise que l’examen classique à l’œil nu ou au dermatoscope. 

« À première vue, le scanner corporel à 360 degrés semble un peu futuriste, mais on peut le comparer aux scanners corporels utilisés dans les aéroports. Le patient se place debout dans l’appareil, déshabillé, un peu comme on pourrait l’imaginer dans un solarium vertical. À ce moment-là, plus de 100 caméras haute performance capturent simultanément chaque millimètre carré de la peau. En quelques secondes, cela permet de créer un avatar tridimensionnel précis du patient, sur lequel toutes les altérations cutanées sont documentées avec une grande précision. Le grand avantage de cette technique réside dans la capture et l’enregistrement sans faille de toutes les zones cutanées : rien n’est négligé. Il est particulièrement utile que chaque lésion cutanée soit non seulement enregistrée, mais aussi directement localisée et stockée numériquement. Grâce à l’intelligence artificielle intégrée, une première analyse des lésions détectées est également effectuée. Les zones cutanées suspectes sont signalées au médecin, qui peut ensuite les examiner de manière ciblée à l’aide d’une loupe spéciale ou par vidéodermatoscopie. Ici aussi, une évaluation assistée par IA est à nouveau utilisée pour évaluer, par exemple, les bords, la couleur et les changements de structure des grains de beauté », explique le Prof. Dr Bechara, qui souligne :

« Mais c’est surtout dans le suivi que l’on constate une réelle avancée. Si un patient présente par exemple plusieurs centaines de grains de beauté, il est pratiquement impossible, à l’œil nu, d’en surveiller précisément l’évolution sur de longues périodes. Lors d’un nouveau rendez-vous, le scanner compare tous les grains de beauté enregistrés avec les grains de beauté actuels et détecte de manière fiable si de nouveaux sont apparus, si les existants ont changé ou si certains ont grossi de manière suspecte. Cette possibilité d’observation automatisée à long terme représente un progrès considérable par rapport à l’examen classique, lors duquel le dermatologue examine la peau à la loupe à la recherche d’anomalies. Cette méthode – qui reste la norme – est certes efficace, mais nettement plus limitée en termes de couverture de grandes surfaces cutanées et de comparabilité à long terme. Pour de nombreux patients, le dernier dépistage du cancer de la peau remonte peut-être à plusieurs années ; il était souvent réalisé à l’aide d’une loupe, le médecin examinant le corps étape par étape. Bien que cette approche soit toujours utilisée, les limites de cette méthode apparaissent rapidement lorsqu’il y a un grand nombre de lésions cutanées. Le scanner corporel complet offre en revanche un complément précieux pour permettre un dépistage précoce du cancer de la peau fiable et traçable à long terme, en particulier chez les patients à risque.

L’appareil ne peut détecter que les zones cutanées qu’il voit à l’aide de ses caméras. Des zones telles que la plante des pieds, les plis cutanés, les cheveux, les muqueuses buccales ou les parties intimes ne sont pas prises en compte, car elles ne peuvent pas être détectées. « Le système ne fonctionne pas de manière autonome : le patient ne se contente pas d’entrer dans l’appareil pour obtenir un rapport imprimé. Le dermatologue doit plutôt examiner manuellement les zones qui ne sont pas captées. Les lésions suspectes sont ensuite examinées plus en détail à l’aide d’une loupe électronique. L’appareil ne peut donc être utilisé correctement qu’en combinaison avec l’expertise d’un médecin spécialiste. Si l’appareil ou le dermatologue détecte une altération suspecte, plusieurs options s’offrent pour la suite de la prise en charge. En cas d’anomalies mineures ne nécessitant pas d’intervention chirurgicale immédiate, le patient peut d’abord être invité à surveiller la tache de naissance et à revenir en cas d’évolution. Dans les cas plus graves, lorsqu’une tache de naissance fait suspecter un cancer de la peau, une ablation est recommandée. Dans notre clinique, nous avons mis au point une approche particulière qui nous permet de proposer un traitement « juste à temps ». Cela signifie que le patient se présente et que nous lui proposons de tout régler en une seule journée. Après l’examen au scanner, l’ablation des lésions suspectes peut être effectuée directement si nécessaire. Un autre avantage de notre système est que l'analyse pathologique des échantillons de tissu prélevés est effectuée directement dans notre établissement. Cela signifie que le patient reçoit généralement le résultat dans un délai de 16 à 18 heures. Un exemple : un patient se présente le lundi, l'examen révèle trois grains de beauté suspects qui sont retirés le jour même. Dès le lendemain matin, le résultat est disponible et le patient est immédiatement contacté. Il sait ainsi rapidement si tout va bien ou si d'autres mesures sont nécessaires. Cette procédure, dans laquelle le diagnostic, l’opération et l’examen histopathologique sont achevés en 18 heures, est la norme chez nous à la clinique universitaire. C’est exceptionnel, car dans d’autres établissements, il faut souvent plusieurs semaines pour que l’ensemble du processus soit terminé », précise le Prof. Dr Bechara.

Le scanner corporel à 360 degrés est particulièrement recommandé pour les patients présentant un risque accru de cancer de la peau. 

Lorsque les patients ont de nombreux grains de beauté ou des antécédents familiaux, par exemple un cancer de la peau chez les grands-parents ou les frères et sœurs, la question se pose de savoir à quelle fréquence ils doivent se faire contrôler. « En principe, nous recommandons aux patients n’ayant jamais eu de cancer de se soumettre à un examen régulier selon des protocoles établis. En cas de cancer de la peau de type basocellulaire, le suivi a lieu tous les six mois pendant les trois premières années, tandis que pour le mélanome, la fréquence dépend de l'épaisseur de la tumeur. Pour les patients qui ont simplement de nombreux grains de beauté ou des antécédents familiaux, nous recommandons un contrôle au moins une fois par an. Si quelque chose d’anormal est détecté lors de l’un de ces examens, les protocoles de suivi établis s’appliquent, et ceux-ci varient en fonction des résultats. Bien sûr, nous espérons que ce ne sera pas le cas, mais l’examen régulier est important pour pouvoir réagir à temps », recommande le dermatologue. 

Cette technologie est particulièrement avantageuse, car elle permet une surveillance continue de la peau et le suivi de petits changements sur une longue période. De plus, les personnes régulièrement exposées à un rayonnement UV intense dans le cadre de leur travail ou de leurs loisirs bénéficient également de l’utilisation d’un scanner corporel à 360 degrés. Cela concerne par exemple les personnes qui travaillent beaucoup en extérieur ou qui s’exposent fréquemment au soleil. Pour les personnes ayant fréquemment utilisé des solariums par le passé, le scanner offre également une méthode efficace pour détecter les modifications cutanées causées par l’exposition aux UV. 


L'hôpital St. Josef – Centre hospitalier de l'université de la Ruhr à Bochum est l'un des plus grands centres hospitaliers universitaires d'Allemagne, tant en termes de nombre de lits que de superficie. La clinique accorde une importance particulière au traitement du cancer de la peau. L'une des caractéristiques remarquables de la clinique est l'étroite intégration du diagnostic, du traitement chirurgical et de l'analyse histologique en une seule étape. Cette combinaison efficace, soutenue par des équipes bien rodées, permet d'offrir des soins complets et de haute qualité aux patients atteints d'un cancer de la peau.


Les avis divergent quant à la quantité de soleil réellement bénéfique pour la santé, notamment en ce qui concerne le taux de vitamine D. 

D'un côté, on entend souvent dire que la vitamine D est importante et que le soleil est en principe bon pour la santé. D'un autre côté, on se demande comment trouver le juste équilibre. Il existe souvent des idées fausses sur la quantité de soleil nécessaire pour maintenir un bon taux de vitamine D. « Si l’on examine les faits de plus près, on constate qu’il suffit souvent de s’exposer au soleil environ 15 minutes par jour – en exposant les mains et les avant-bras. Ce court laps de temps suffit amplement pour maintenir un taux de vitamine D tout à fait suffisant. L’idée selon laquelle il faudrait passer une heure ou plus au soleil pour couvrir ses besoins en vitamine D est donc erronée. Bien sûr, le soleil a aussi d’autres effets positifs, comme le sentiment de bien-être induit par la production de sérotonine. Mais s'il s'agit uniquement du taux de vitamine D, il n'est pas nécessaire de s'exposer au soleil pendant des heures. Chez les enfants, la situation est bien sûr un peu différente. Beaucoup pensent que les enfants s'habituent au soleil et n'ont alors plus besoin de protection pour bronzer sainement. Cette idée est malheureusement erronée. Chaque coup de soleil et chaque rougeur que l'on accepte dans l'espoir d'obtenir un beau teint causent toujours des dommages. C'est pourquoi il est particulièrement important, surtout chez les enfants, de veiller très tôt à une protection solaire adéquate. « Plus on commence tôt, mieux c’est pour la santé de la peau », constate le Prof. Dr Bechara.

Le traitement du cancer de la peau blanc et noir diffère principalement en fonction du type de cancer, du stade de la maladie et de l’état de santé général du patient. Ces dernières années, les chances de guérison se sont considérablement améliorées grâce à de nouvelles méthodes de traitement, en particulier pour le cancer de la peau noir, c’est-à-dire le mélanome.

Le cancer de la peau blanc, qui comprend les carcinomes basocellulaires et spinocellulaires, est généralement traité par chirurgie, car il ne métastase généralement pas rapidement. Dans les cas avancés ou lorsque les zones touchées sont difficiles d’accès, on a recours à la radiothérapie ou à la chimiothérapie. Les traitements systémiques tels que la chimiothérapie sont rarement nécessaires. En revanche, le traitement du mélanome est plus complexe. À un stade précoce, la tumeur est retirée chirurgicalement, éventuellement avec les ganglions lymphatiques voisins. Dans le cas de mélanomes avancés ayant métastasé, les immunothérapies et les traitements ciblés, tels que les inhibiteurs de points de contrôle (nivolumab, pembrolizumab), se sont révélés très efficaces et améliorent considérablement le pronostic, même dans les cas résistants au traitement.

Le professeur Bechara commente à ce sujet : « Si l'on examine les avancées réalisées ces dernières années dans le traitement du mélanome, beaucoup de choses ont changé, en particulier dans le domaine des stades avancés. Il y a 15 à 20 ans, le mélanome, surtout sous ses formes avancées ou dans les cas déjà métastatiques, était généralement synonyme de condamnation à mort pour les patients. Autrefois, le seul espoir de guérison résidait dans le dépistage précoce et l’ablation chirurgicale de la tumeur, ce qui reste aujourd’hui encore la meilleure option thérapeutique pour les formes précoces. Le gros problème était toutefois que le mélanome avancé, en particulier lorsqu’il avait déjà métastasé, entraînait presque toujours la mort. Mais au cours des dix dernières années, le traitement a radicalement changé – et c'est une véritable révolution. L'introduction de l'immunothérapie, qui a valu à ses découvreurs le prix Nobel de médecine, constitue une avancée décisive. De même, la thérapie ciblée a joué un rôle majeur. Ces deux avancées ont complètement transformé les options thérapeutiques et considérablement amélioré les perspectives des patients. Aujourd’hui, grâce à ces nouvelles thérapies, nous pouvons obtenir des rémissions à long terme chez environ la moitié des patients atteints d’un cancer de la peau avancé. Bien que le mélanome reste un défi thérapeutique majeur, ces progrès lui ont fait perdre beaucoup de son caractère effrayant. Les résultats que nous observons aujourd’hui auraient été impensables il y a quelques années – les progrès sont vraiment impressionnants et constituent un véritable bond en avant en dermato-oncologie.

Ces dernières années, la sensibilisation à la protection cutanée a malheureusement quelque peu diminué, notamment sous l’influence des réseaux sociaux qui glorifient le bronzage et le soleil. 

« Il y a 20 ou 30 ans, de grandes campagnes de sensibilisation mettaient fortement l’accent sur la protection cutanée. Ces dernières années, cependant, notamment sous l’influence des réseaux sociaux, une sorte de tendance s’est développée qui glorifie le bronzage et les séjours à la plage. Cela conduit malheureusement à une baisse de la prise de conscience des risques liés au soleil, en particulier chez les jeunes. J’aimerais que cette tendance s’inverse et que davantage de personnes comprennent l’importance de la protection cutanée. En ce qui concerne le traitement, nous avons fait de grands progrès, notamment dans le cas du cancer de la peau avancé, où de nombreux patients peuvent aujourd’hui être contrôlés à long terme grâce aux nouvelles thérapies. Cependant, de nombreux patients ne répondent toujours pas aux nouveaux médicaments, et il reste encore beaucoup de recherche à faire dans ce domaine. Il est particulièrement important de trouver des solutions pour ces cas difficiles », constate le Prof. Dr Bechara, avant d’ajouter :

« En ce qui concerne le rapport au soleil, on observe également un changement culturel. Les réseaux sociaux, en particulier, véhiculent un certain style de vie où le soleil et le bronzage sont considérés comme des signes de bonheur et de joie de vivre. La publicité et les images de destinations de vacances encouragent également cette tendance. Les gens s’exposent plus que jamais au soleil – non seulement en été, mais aussi en hiver, lorsqu’on aime s’asseoir au soleil à la terrasse d’un café. C’est en soi agréable, mais cela comporte aussi des risques si l’on ne se protège pas correctement. Rien ne s'oppose à ce que l'on profite du soleil, à condition de se protéger adéquatement, que ce soit avec des vêtements ou des crèmes solaires. Le problème survient lorsque l'on ne se protège pas ou que l'on s'expose trop longtemps au soleil, en particulier entre midi et 16 heures, lorsque le soleil est le plus fort. Dans de nombreux pays, on ne voit d’ailleurs pas les habitants sortir à ces heures-là, et ce sont là des comportements importants qu’il faut sans cesse rappeler. Même si nous pensons avoir depuis longtemps surmonté ces risques, la protection contre le soleil reste un défi majeur qu’il ne faut pas perdre de vue. C’est ainsi que nous concluons notre entretien.

Un grand merci, Monsieur le Professeur Bechara, pour ces précieuses informations sur le cancer de la peau, le scanner à 360° et la bonne façon de se protéger du soleil.