De nombreuses femmes souffrent de myomes – jusqu’à 50 %. Les chiffres avancés par les experts varient considérablement, car beaucoup de femmes ne remarquent pas du tout la présence de myomes. Les myomes sont des tumeurs bénignes situées dans la couche musculaire de l’utérus, c’est-à-dire des nodules qui, selon leur emplacement et leur taille, peuvent provoquer des troubles parfois très gênants. Le Dr Garri Tchartchian est un médecin spécialiste expérimenté et un véritable expert du traitement mini-invasif des myomes : le directeur du Centre des myomes de la Clinique de chirurgie mini-invasive (MIC) à Berlin réalise le plus grand nombre d’interventions sur les myomes dans toute l’Allemagne. Cela représente environ un millier d’opérations mini-invasives chaque année – un chiffre impressionnant ! Le Dr Tchartchian a en outre publié de nombreux articles scientifiques sur le sujet et mis au point une technique chirurgicale spécifique qui porte son nom : la méthode « Change over selon Tchartchian ». Nous avons discuté avec ce spécialiste des myomes du traitement moderne de cette affection.
Leading Medicine Guide : De nombreuses femmes sont touchées par les myomes. Quand un traitement est-il nécessaire ?
Dr Garri Tchartchian : Les myomes sont, dans 99,94 % des cas, des tumeurs bénignes situées dans la paroi musculaire de l'utérus. Dans la plupart des cas, les myomes ne provoquent aucun symptôme. Toutefois, selon leur localisation et leur taille, une intervention médicale peut s'avérer nécessaire. Certains myomes sont si mal situés que nous intervenons dès qu’ils atteignent une taille de un à deux centimètres. D’autres peuvent encore être surveillés même lorsqu’ils mesurent six à huit centimètres. Toutefois, si les myomes provoquent des saignements importants ou en cas de désir d’enfant non comblé, nous intervenons médicalement.

Leading Medicine Guide : Existe-t-il d'autres méthodes que le traitement chirurgical ?
Dr Garri Tchartchian : Oui, nous disposons d’alternatives non chirurgicales. Il s’agit tout d’abord de l’embolisation, c’est-à-dire la sclérose des vaisseaux. Cette méthode présente toutefois l’inconvénient de pouvoir provoquer des syndromes douloureux intenses. La deuxième option est le traitement par MRgFUS : il s’agit d’un traitement par ultrasons focalisés guidés par résonance magnétique. Le myome est traité par des ondes ultrasonores, ce qui le fait rétrécir. Cette méthode est indolore, mais les myomes peuvent repousser au bout d’un an. Et nous ne recommandons pas cette méthode si vous souhaitez encore avoir des enfants. La troisième méthode est le traitement hormonal par Esmya. Des complications graves ont été observées par le passé, c'est pourquoi nous n'utilisons pas cette méthode au MIC.
Leading Medicine Guide : Vous êtes le spécialiste allemand de la chirurgie mini-invasive des myomes. Il existe même une technique chirurgicale qui porte votre nom !
Dr Garri Tchartchian : Au MIC Berlin, nous réalisons environ 1 500 interventions sur des myomes chaque année, dont environ un millier par moi-même. Je dispose ainsi désormais de nombreuses années d’expérience dans ce domaine et j’ai constamment amélioré et perfectionné mes propres techniques chirurgicales au fil du temps. 99,7 % des opérations de myomes que nous pratiquons au MIC Berlin sont des interventions mini-invasives. Nous pouvons même opérer de gros myomes grâce à la méthode « Change over selon Tchartchian » – c'est le nom de cette procédure qui est désormais également utilisée à l'échelle internationale. L'utérus atteint de myomes que nous avons opéré sans complication par chirurgie mini-invasive pesait plus de 4 065 grammes.

Leading Medicine Guide : Nous nous sommes préparés : les myomes se développent dans la couche musculaire de l'utérus. Ils ne peuvent donc pas être simplement excisés. Pouvez-vous nous expliquer cette procédure plus en détail ?
Dr Garri Tchartchian : Selon la localisation du myome, l'intervention peut se faire par voie vaginale. Cependant, la plupart des myomes sont traités par chirurgie mini-invasive. Nous appelons cela la « reconstruction plastique de l'utérus » (PUR), car cette technique tient compte des particularités des couches musculaires de l'utérus, notamment chez les patientes qui souhaitent avoir des enfants. Le champ opératoire est accessible via deux petites incisions dans le bas-ventre et une incision au niveau du nombril. L'utérus est ensuite ouvert couche par couche et le myome mis à nu. Les couches utérines sont préservées au maximum et restent intactes. La suture s'effectue couche par couche, à l'aide d'un fil résorbable qui se dissout donc au bout d'un certain temps.
Leading Medicine Guide : Les patientes peuvent donc encore tomber enceintes après cette intervention, n'est-ce pas ?
Dr Garri Tchartchian : Avec notre technique, les couches fonctionnelles de l'utérus qui supportent la grossesse et qui sont importantes pour celle-ci sont le moins possible endommagées. Les cicatrices sont réduites au minimum, de sorte que la paroi utérine est tout à fait capable de supporter les contraintes d'une grossesse. Si nous contrôlions à nouveau la zone opératoire par laparoscopie environ six mois après l'intervention, les zones traitées seraient pratiquement invisibles.
Leading Medicine Guide : Les femmes ne pourraient-elles pas avoir un enfant malgré la présence d'un myome ?
Dr Garri Tchartchian : Cela comporte divers risques : les myomes peuvent provoquer des saignements, déclencher des contractions prématurées et entraîner une naissance prématurée ou une fausse couche. Nous recommandons aux patientes atteintes de myomes de nous contacter afin que nous puissions discuter ensemble de toutes les options thérapeutiques possibles.
Leading Medicine Guide : Lorsqu’une patiente reçoit un diagnostic de fibrome, que doit-elle faire ? Est-il judicieux de se rendre simplement à l’hôpital le plus proche ou vaut-il mieux s’adresser à un centre spécialisé ?
Dr Garri Tchartchian : Je conseille vivement de se rendre dans un centre spécialisé, car c'est là que l'on trouve le plus d'expérience. Chaque centre en Allemagne a sa propre spécialité. Notre centre dédié aux myomes est spécialisé dans les interventions mini-invasives pour le traitement des myomes.

Leading Medicine Guide : Peut-on également venir vous consulter au MIC Berlin en tant que patiente de la sécurité sociale ?
Dr Garri Tchartchian : Bien sûr, nous acceptons toutes les caisses d’assurance maladie et nous proposons des consultations spécifiques pour les cas difficiles – les « Difficult Cases ». On peut également nous solliciter pour un deuxième avis sur un diagnostic et un plan thérapeutique – c’est-à-dire en tant que « Second Opinion ». Cela nous amène de nombreuses patientes venant de l’extérieur. Parmi elles, on compte environ 400 patientes par an à qui une incision abdominale avait été proposée – mais que nous pouvons ensuite traiter par une approche mini-invasive. Une grande incision transversale dans le bas-ventre ou une grande incision longitudinale endommage fortement la paroi abdominale et est extrêmement pénible. Grâce à nos petites incisions, le risque d’adhérences est considérablement réduit, les patientes ont moins de douleurs, se remettent plus vite, sans parler des aspects esthétiques.
Leading Medicine Guide : Autrefois, lors d’interventions pour des myomes, on procédait souvent à l’ablation totale de l’utérus. Quelle est votre position à ce sujet ?
Dr Garri Tchartchian : Heureusement, cette époque est révolue chez nous. Je pense qu’il faut respecter profondément le souhait d’une femme de conserver son utérus, même à un âge avancé. Nous avons été les premiers à pratiquer des interventions préservant l'organe, même en cas de myomes volumineux et chez des patientes âgées. Le plancher pelvien et la région intime restent ainsi intacts, et les femmes se remettent plus rapidement.
Dr Tchartchian, merci pour cette interview passionnante !
Qu'est-ce qu'un myome ?
Les myomes sont des tumeurs bénignes qui peuvent se former dans la couche musculaire de l'utérus. La plupart du temps, ils passent inaperçus. Ce n'est que lorsqu'ils provoquent des symptômes tels que des saignements abondants ou une infertilité persistante qu'on les remarque. Grâce à un examen palpatoire et à une échographie, le médecin peut déterminer leur emplacement et leur taille. Seule une intervention chirurgicale permet d'éliminer complètement les myomes. Le risque de récidive est d'environ 15 %.
Fibromes utérins : aide à la décision
Si vous avez reçu un diagnostic de myome et que vous ne savez pas quelle décision prendre concernant votre traitement, cette page pourra peut-être vous aider :
Vous pouvez contacter directement le Dr Tchartchian via sa page de profil.
Sources des images : nerudol, Erica Smit, Tierney – Adobe Stock.
