Un bref moment d'inattention, un trébuchement sur le trottoir ou une chute pendant une activité sportive : et le mal est fait. Par réflexe, nous essayons d'amortir la chute avec la main. Mais la force de l'impact peut être trop importante pour nos os, et une fracture du poignet en est la conséquence douloureuse. Cette blessure compte parmi les fractures les plus courantes et touche des personnes de tous âges, de l'enfant actif à la personne âgée. Mais que se passe-t-il exactement au niveau du poignet lorsqu’il se fracture ? Une opération est-elle toujours nécessaire ou un plâtre suffit-il ? Dans cet article, vous apprendrez tout ce qu’il faut savoir sur le diagnostic, les méthodes thérapeutiques modernes telles que l’ostéosynthèse par plaque et comment retrouver la mobilité de votre main le plus rapidement possible.
Anatomie et causes : en cas de fracture du radius
Le poignet est une articulation complexe composée des deux os de l'avant-bras, le radius et le cubitus, ainsi que des huit os du carpe. En cas de fracture du poignet, c'est le plus souvent la partie distale, c'est-à-dire la partie la plus éloignée du corps, du radius qui se fracture. C'est pourquoi les médecins parlent généralement de fracture distale du radius. Cette fracture représente environ 25 % de toutes les fractures chez l'adulte et est donc la fracture osseuse la plus fréquente chez l'être humain.
La cause classique est une chute que l'on tente d'amortir avec la main. Chez les personnes plus jeunes, ce sont souvent des accidents de sport ou des chutes d’une hauteur importante (traumatisme à grande vitesse) qui en sont responsables. Dans ce cas, des forces énormes s’exercent sur l’os, ce qui entraîne souvent des fractures ouvertes complexes ou des lésions associées au niveau des ligaments et des tissus mous.
Chez les personnes âgées, en revanche, un traumatisme mineur, comme un trébuchement à la maison, suffit souvent. La raison en est souvent la structure osseuse. Les personnes âgées, en particulier les femmes ménopausées, souffrent souvent d’ostéoporose. Chez les personnes atteintes d’ostéoporose, la densité osseuse est réduite, de sorte que l’os peut se fracturer même sous une faible contrainte. Vous trouverez plus d’informations sur les causes et le traitement de cette maladie dans notre article sur l’ostéoporose.
Symptômes : gonflement et déformation
Une fracture du poignet se remarque généralement immédiatement. La main touchée est très douloureuse, surtout lors des mouvements. Un gonflement important apparaît rapidement, souvent accompagné d'un hématome. Un signe certain de fracture avec déplacement est une déformation visible du poignet, souvent décrite comme une position en baïonnette.
De plus, des troubles sensoriels tels que des fourmillements ou un engourdissement des doigts peuvent survenir si le gonflement ou des fragments osseux déplacés compriment les nerfs. Il s'agit d'un signal d'alarme qui doit faire l'objet d'un examen médical immédiat. Une limitation des mouvements est également typique ; il est alors pratiquement impossible de saisir ou de tourner l'avant-bras.
Diagnostic en orthopédie et en chirurgie traumatologique
Le diagnostic passe d'abord par un entretien clinique et un examen de la fonction de la main, de la circulation sanguine et de la sensibilité. Pour confirmer le diagnostic et déterminer précisément le type de fracture, une radiographie en deux plans est indispensable. La radiographie permet de déterminer s'il s'agit d'une fracture simple, d'une fracture comminutive ou d'une atteinte articulaire.
En cas de fractures complexes, en particulier lorsque la surface articulaire est touchée, une tomodensitométrie (TDM) est également réalisée. Cette imagerie en coupe permet une planification précise du traitement de la fracture, car elle représente en trois dimensions la position des différents fragments osseux. Dans de rares cas, par exemple pour exclure des lésions ligamentaires, une arthroscopie (examen de l'articulation) peut également s'avérer utile.
Traitement conservateur : plâtre et immobilisation
Toutes les fractures du poignet ne nécessitent pas une intervention chirurgicale. Si la fracture est stable et que les fragments osseux ne se sont pas déplacés ou ne l'ont fait que de manière minime, un traitement conservateur est la solution privilégiée. Un traitement conservateur est également indiqué chez les patients dont l'état général ne permet pas une intervention chirurgicale.
Dans ce cas, la fracture est d'abord remise en place (réduction), si nécessaire, par traction et pression. Le poignet est ensuite immobilisé dans un plâtre ou une attelle rigide. L'immobilisation dure généralement de 4 à 6 semaines. Des contrôles radiographiques réguliers sont importants pour détecter à temps tout nouveau déplacement de la fracture dans le plâtre.

Anatomie de la main humaine @ Alila Medical Media /AdobeStock
Traitement chirurgical : quand faut-il opérer ?
Si la fracture est instable, si les fragments osseux sont fortement déplacés ou si la fracture s'étend jusqu'à la surface articulaire, la fracture du poignet est généralement traitée par voie chirurgicale. L'objectif de l'opération est de rétablir précisément l'anatomie afin d'éviter une arthrose (usure articulaire) et des déformations ultérieures.
Ostéosynthèse par plaque La référence en chirurgie de la main est aujourd’hui le traitement par ostéosynthèse avec plaque à angle stable. Une plaque en titane est vissée sur le péroné via une incision cutanée afin de stabiliser la fracture. L'avantage : le poignet est souvent immédiatement stable à la mobilisation et ne doit pas être immobilisé pendant une longue période.
Agrafes de Kirschner et fixateur externe Dans certains types de fractures, souvent chez les enfants ou lorsque l'os est très malléable, des agrafes (agrafes de Kirschner) peuvent également être insérées pour assurer la stabilisation. En cas de fractures ouvertes ou de lésions graves des tissus mous, on utilise souvent un fixateur externe. Il s'agit d'un cadre métallique fixé à l'extérieur de l'os qui maintient la fracture stable sans qu'il soit nécessaire d'opérer directement dans la zone lésée.
Pour en savoir plus sur les possibilités de traitement chirurgical de la main, consultez notre rubrique Chirurgie de la main.
Suivi et rééducation
Qu'il s'agisse d'une intervention chirurgicale ou d'un traitement conservateur, le suivi est déterminant pour la réussite. Si le poignet est immobilisé pendant une longue période, il a tendance à se raidir. C'est pourquoi il convient de commencer rapidement des exercices de mobilisation. La kinésithérapie et une thérapie manuelle spécifique apportent un soutien dans ce cadre.
Dans un premier temps, l'accent est mis sur la réduction du gonflement et le maintien de la mobilité des doigts. Viennent ensuite des exercices visant à renforcer la musculature et à rétablir la pleine fonctionnalité du poignet et de la main. Selon la gravité de la fracture, il faut compter entre 3 et 6 mois avant que le poignet puisse à nouveau supporter une charge normale.

Traitement d'une fracture du péroné avec plaque en titane @ Henrie /AdobeStock
FAQ : les 8 questions les plus importantes sur la fracture du poignet
Combien de temps dure la guérison d'une fracture du poignet ?
La consolidation osseuse dure généralement environ 6 semaines. Cependant, il faut souvent compter entre 3 et 6 mois avant que la pleine capacité de charge et la mobilité soient rétablies. Après une opération avec ostéosynthèse par plaque, les exercices de mobilisation peuvent généralement commencer plus tôt qu'avec un traitement conservateur par plâtre.
Quand une opération est-elle nécessaire ?
Les fractures instables, celles où les fragments osseux sont déplacés (luxation) ou celles qui touchent la surface articulaire sont traitées chirurgicalement. De même, en cas de lésion des nerfs ou des vaisseaux sanguins ou s'il s'agit d'une fracture ouverte, une opération est inévitable pour éviter les déformations et la perte de fonction.
Puis-je conduire avec un plâtre ?
Non, avec un plâtre ou une attelle au poignet, vous ne pouvez pas conduire en toute sécurité. En cas d'accident, l'assurance peut refuser de prendre en charge les frais. Vous ne devriez reprendre le volant que lorsque votre main est à nouveau pleinement fonctionnelle et capable de supporter une charge.
Qu'est-ce qu'une fracture distale du radius ?
La fracture distale du radius est le terme médical désignant la fracture classique du poignet. « Distal » signifie « éloigné du corps », « radius » désigne le radius. C'est donc l'extrémité du radius, qui forme directement le poignet, qui se fracture. Il s'agit de la fracture du radius la plus fréquente.
Quelles complications peuvent survenir ?
Les complications possibles sont une limitation de la mobilité, des douleurs chroniques ou une déformation si l'os ne se soude pas correctement. Des lésions nerveuses (par exemple, le syndrome du canal carpien) ou la rupture d'un tendon sont également possibles. Une complication rare mais grave est le syndrome de Sudeck (CRPS), un trouble douloureux de la circulation sanguine et du métabolisme.
Faut-il retirer le matériel métallique ?
Les plaques et les vis en titane peuvent souvent rester dans le corps si elles ne gênent pas. Toutefois, si elles irritent les tendons ou font pression sous la peau chez les patients très minces, elles peuvent être retirées lors d’une petite intervention une fois la consolidation osseuse terminée (généralement au bout de 6 à 12 mois).
Quelles sont les lésions associées ?
Souvent, ce n’est pas seulement le péroné qui se fracture. Il arrive fréquemment que l’apophyse styloïde du cubitus (ulna) se rompe également. Les ligaments du poignet, tels que le ligament scapho-lunéaire, ou le disque triangulaire (une sorte de ménisque du poignet) peuvent également être lésés. Ces lésions associées des tissus mous doivent être identifiées et traitées afin d’éviter toute instabilité. Pour en savoir plus, consultez également l’article sur la lésion du TFCC.
L'alimentation favorise-t-elle la guérison ?
Oui, une alimentation équilibrée, riche en calcium et en vitamine D, favorise la consolidation osseuse. Cela est particulièrement important chez les patients atteints d'ostéoporose afin d'améliorer la qualité osseuse et de prévenir d'autres fractures. Le tabagisme, en revanche, peut retarder la consolidation osseuse et doit être évité.
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