Le syndrome de Dunbar est un syndrome de compression rare dans lequel le tronc cœliaque est comprimé par le ligament arqué médial, qui passe généralement en profondeur. Cette particularité anatomique peut altérer le flux sanguin dans l'artère de la partie supérieure de l'abdomen et entraîne souvent des douleurs postprandiales dans cette région, des nausées et une perte de poids. Les symptômes étant non spécifiques, le syndrome de Dunbar est souvent diagnostiqué tardivement et initialement confondu avec des troubles gastro-entérologiques ou fonctionnels. La combinaison de la compression, des symptômes et des résultats diagnostiques typiques, tels que l'examen du tronc cœliaque par échographie duplex ou échographie Doppler couleur, est caractéristique. Le traitement consiste généralement en une section chirurgicale du ligament responsable de la compression, souvent par une technique mini-invasive, afin d'obtenir une amélioration durable de la circulation sanguine.
Aperçu rapide :
Aperçu des articles
- Qu'est-ce que le syndrome de Dunbar ?
- Comment le syndrome de Dunbar se développe-t-il ? (Physiopathologie)
- Symptômes typiques du syndrome de Dunbar
- Distinction par rapport à d'autres causes de douleurs dans la partie supérieure de l'abdomen
- Causes et facteurs de risque
- Quand un traitement est-il nécessaire ? (Indication chirurgicale)
- Examen et diagnostic
- Diagnostic en détail – comment détecter le syndrome de Dunbar ?
- Options thérapeutiques et spécialistes compétents
- Minimalement invasive ou ouverte : quelle intervention choisir ?
- Suivi – que se passe-t-il après l'opération ?
- Évolution et pronostic
- Conclusion : peu fréquent, mais à prendre au sérieux
- FAQ : questions fréquentes sur le syndrome de Dunbar
Qu'est-ce que le syndrome de Dunbar ?
Dans le syndrome de Dunbar, un ligament fibreux partant du diaphragme appuie sur le tronc cœliaque, une artère abdominale centrale. Ce ligament fait normalement partie de l'anatomie normale, mais chez certaines personnes, il est situé si bas qu'il comprime l'artère.
Conséquence : la circulation sanguine est entravée. Les personnes concernées le remarquent surtout après les repas, lorsque le tractus gastro-intestinal a besoin d’un apport sanguin accru. Dans de nombreux cas, le syndrome de Dunbar provoque de fortes douleurs abdominales, souvent associées à une perte de poids, car les patients évitent de manger par crainte de la douleur.
Ce syndrome étant très rare, il n’est souvent diagnostiqué que tardivement. De nombreux patients reçoivent d’abord d’autres diagnostics, tels que le syndrome du côlon irritable ou des troubles psychosomatiques.

Représentation en 3D du tronc cœliaque dans la partie supérieure de l'abdomen avec compression par le ligament arqué – situation anatomique typique du syndrome de Dunbar.
Comment le syndrome de Dunbar se développe-t-il ? (Physiopathologie)
Le syndrome de Dunbar résulte d’une particularité anatomique dans laquelle le ligament arcué médial – généralement situé trop bas – comprime le tronc cœliaque à travers le ligament. Cette compression du tronc cœliaque et du plexus cœliaque environnant entraîne une diminution du débit sanguin dans l’artère cœliaque. Il est caractéristique que cette compression s'intensifie souvent après les repas. Il en résulte des douleurs épigastriques, des nausées, une sensation de satiété ou des nausées et des vomissements. Le syndrome de Dunbar est causé par la compression du ganglion cœliaque par le ligament fibreux. Cette combinaison de perfusion réduite et d’irritation neurogène explique les symptômes typiques. Le syndrome de Harjola-Marable (également appelé syndrome du ligament arcué) survient plus fréquemment chez les patients minces et sportifs. Important : une compression anatomique seule ne suffit pas – le syndrome de Dunbar ne se développe qu’à partir de la combinaison d’un rétrécissement anatomique et de symptômes corrélés.
Symptômes typiques du syndrome de Dunbar
Les symptômes du syndrome de Dunbar apparaissent souvent après les repas et leur intensité peut varier. Parmi les symptômes les plus fréquents, on trouve :
- des douleurs abdominales dans la partie supérieure de l'abdomen, souvent décrites comme lancinantes ou brûlantes
- Nausées et sensation de ballonnement
- Perte d'appétit
- Perte de poids, souvent involontaire
- Plus rarement : maux de dos ou diarrhée
Bon nombre de ces symptômes peuvent également se manifester dans le cadre d'autres maladies gastro-intestinales, ce qui rend le diagnostic difficile. Le lien entre les symptômes et l'alimentation est toutefois particulièrement caractéristique du syndrome de Dunbar.
Distinction par rapport à d'autres causes de douleurs dans la partie supérieure de l'abdomen
Comme le syndrome de Dunbar provoque des symptômes similaires à ceux de nombreuses autres maladies, il est essentiel de bien le distinguer. Il est souvent confondu dans un premier temps avec une gastrite, des ulcères, une gastroparésie, un syndrome du côlon irritable ou des troubles psychosomatiques. Les maladies des voies biliaires peuvent également provoquer des nausées, de la diarrhée ou des douleurs après les repas. Ce n'est qu'en établissant une corrélation entre les symptômes et la compression du tronc cœliaque qu'il est possible de mettre en évidence un syndrome de compression cliniquement significatif. Le diagnostic ne peut être posé que si le rétrécissement anatomique est présent et que les symptômes postprandiaux typiques sont observés.
Causes et facteurs de risque
Le syndrome de Dunbar est dû à une position trop basse du ligament arcué. On ne sait pas encore exactement pourquoi cela se produit chez certaines personnes. Des facteurs génétiques ou une posture particulière pourraient jouer un rôle.
Les facteurs de risque possibles sont les suivants :
- les personnes minces ou sportives, car elles possèdent moins de tissu adipeux protecteur autour des vaisseaux
- des particularités anatomiques au niveau du diaphragme
- Selon des études, les jeunes femmes sont plus souvent touchées que les hommes
Il ne s'agit toutefois pas d'une maladie causée par des facteurs externes tels que l'alimentation ou le mode de vie.
Quand un traitement est-il nécessaire ? (Indication chirurgicale)
Un traitement est nécessaire lorsque la compression du tronc cœliaque devient cliniquement significative. L'intensité des symptômes et leur lien avec l'alimentation sont déterminants. Les indications chirurgicales typiques sont les douleurs épigastriques, une perte de poids importante, des nausées ou une altération de la qualité de vie. Le diagnostic est confirmé par la mise en évidence du rétrécissement et de son impact hémodynamique à l'aide de techniques d'imagerie. Ce n'est que lorsqu'une signification clinique claire ressort de la corrélation entre les symptômes et les résultats de l'échographie Doppler que les sociétés spécialisées recommandent un traitement chirurgical – souvent mini-invasif (laparoscopique) – considéré comme un traitement de première intention.
Examen et diagnostic
Les symptômes du syndrome de Dunbar étant non spécifiques, un diagnostic ciblé est nécessaire pour établir clairement la maladie.
L'examen comprend généralement :
- Échographie Doppler : le médecin mesure ici le débit sanguin dans l'artère concernée
- Tomodensitométrie (TDM) ou imagerie par résonance magnétique (IRM) avec produit de contraste en position d'inspiration et d'expiration : les vaisseaux sont mis en évidence en vue latérale à l'aide d'un produit de contraste et la configuration typique en forme de crosse de hockey du tronc cœliaque est représentée en phase d'expiration.
Il est important d'examiner le rétrécissement en relation avec les symptômes – une compression anatomique seule ne suffit pas pour établir le diagnostic. Ce n'est qu'en présence de symptômes que l'on parle d'un syndrome de Dunbar cliniquement significatif.
Diagnostic en détail – comment détecter le syndrome de Dunbar ?
Le diagnostic du syndrome de Dunbar nécessite une combinaison d'évaluation clinique et de techniques d'imagerie. L'examen du tronc cœliaque par échographie Doppler est particulièrement important, car il permet de visualiser les vitesses d'écoulement et les différences de pression. En complément, on utilise l'angiographie par tomodensitométrie ou IRM, les examens Doppler à codage couleur (échographie Doppler) et les enregistrements fonctionnels en inspiration et en expiration. Le coude en « crosse de hockey » au niveau du tronc cœliaque est caractéristique. Un rétrécissement purement anatomique ne suffit pas : il n'est pertinent sur le plan diagnostique que s'il explique les symptômes. Les techniques de diagnostic modernes facilitent également la planification chirurgicale en permettant de déterminer l'étendue, la localisation et l'atteinte éventuelle du plexus et du réseau nerveux.
Options thérapeutiques et spécialistes compétents
Le traitement du syndrome de Dunbar dépend de la gravité des symptômes. Dans les cas graves, seule une intervention chirurgicale est généralement efficace.
L'objectif du traitement est de soulager la compression. Pour ce faire, le médecin sectionne chirurgicalement le ligament qui provoque le rétrécissement. Cela peut se faire de deux manières :
- Chirurgie ouverte par incision abdominale
- Chirurgie mini-invasive (technique du trou de serrure), souvent par laparoscopie
Dans certains cas, un système de soutien vasculaire (stent) est également mis en place afin de maintenir le tronc cœliaque ouvert.
Ces interventions sont principalement prises en charge par des spécialistes en chirurgie vasculaire ou en chirurgie viscérale (chirurgie abdominale). Le pronostic après une opération réussie est généralement très bon : de nombreux patients rapportent une nette amélioration de leurs symptômes.
Minimalement invasive ou ouverte : quelle intervention choisir ?
Le traitement consiste en une section chirurgicale du ligament responsable de la compression, ce qui améliore la circulation sanguine et réduit les symptômes. En tant que traitement de première intention, on recommande aujourd’hui une approche mini-invasive – généralement par laparoscopie. Cette technique permet une décompression précise et préserve le plexus cœliaque. Les interventions ouvertes par laparotomie sont particulièrement indiquées en cas de fortes adhérences ou lorsqu'un soutien vasculaire supplémentaire (stent) est nécessaire. Dans les cas graves, un stent est posé en complément afin de maintenir le tronc cœliaque et le tronc ouvert en permanence. Le choix de la technique dépend des symptômes, de l'anatomie et des diagnostics antérieurs.
Suivi – que se passe-t-il après l'opération ?
Après le traitement chirurgical, de nombreux patients n'ont besoin que d'une courte période de convalescence. Des contrôles précoces sont importants pour garantir le succès de la décompression. Une échographie Doppler permet de vérifier si le rétrécissement a été éliminé et qu'aucun nouveau tissu cicatriciel ne se forme. Les symptômes s'améliorent généralement en quelques semaines, en particulier les douleurs postprandiales. Les complications sont rares, mais peuvent inclure des saignements, de nouveaux rétrécissements ou des irritations du plexus cœliaque. Un suivi structuré améliore le succès à long terme, en particulier en cas de symptômes abdominaux préexistants prononcés.
Évolution et pronostic
Non traité, le syndrome de Dunbar peut entraîner une altération durable de la qualité de vie. Les douleurs et la peur de manger limitent fortement de nombreuses personnes touchées.
Avec un traitement efficace – en particulier une intervention chirurgicale – les symptômes s'améliorent nettement dans la plupart des cas. Des études montrent que 60 à 90 % des patients ne présentent plus de symptômes ou constatent une nette amélioration après l'intervention.
Une récidive est rare, mais possible – par exemple si du tissu cicatriciel se forme à nouveau ou si le tronc cœliaque reste instable.
Conclusion : peu fréquent, mais à prendre au sérieux
Le syndrome de Dunbar est une maladie rare, mais traitable. Si vous souffrez fréquemment de douleurs abdominales, de nausées ou d’une perte de poids après les repas, vous devriez consulter un médecin pour en déterminer la cause – en particulier si d’autres diagnostics ne permettent pas de résoudre le problème.
Les spécialistes en chirurgie vasculaire ou en chirurgie abdominale sont compétents en la matière. Le diagnostic est généralement posé à l'aide de techniques d'imagerie qui permettent de visualiser le flux sanguin dans l'aorte abdominale. Une intervention chirurgicale peut traiter de manière ciblée la cause des symptômes et aider de nombreux patients à retrouver une meilleure qualité de vie.
Glossaire
- Truncus coeliacus : artère principale de la cavité abdominale, irriguant l'estomac, le foie et la rate
- Compression : rétrécissement ou compression d’un organe ou d’un vaisseau
- Ligament arcué : ligament de tissu conjonctif reliant le diaphragme à la colonne vertébrale
- Chirurgie vasculaire : spécialité qui traite du traitement chirurgical des vaisseaux sanguins
- Syndromes de compression : affections dans lesquelles les tissus ou les vaisseaux sont affectés par une pression externe
FAQ : questions fréquentes sur le syndrome de Dunbar
Quelles sont les causes du syndrome de Dunbar ?
Le syndrome de Dunbar est causé par une compression du tronc cœliaque par le ligament arqué médial. Cette particularité anatomique exerce une pression simultanée sur le plexus cœliaque et peut ainsi altérer la circulation sanguine et provoquer des douleurs épigastriques. Le syndrome de Dunbar résulte généralement d'une combinaison de rétrécissement mécanique et de dysfonctionnement du ganglion cœliaque dû au ligament fibreux.
Quels sont les symptômes du syndrome de Dunbar ?
Le syndrome de Dunbar provoque des symptômes tels que des douleurs postprandiales dans la partie supérieure de l'abdomen, une sensation de satiété, des nausées, une perte d'appétit et souvent une perte de poids. Certains patients rapportent également des douleurs dorsales, des nausées et de la diarrhée ou des gênes dans l'ensemble de l'abdomen. Il est essentiel que ces symptômes soient en corrélation avec la compression du tronc cœliaque.
Comment diagnostique-t-on le syndrome de Dunbar ?
Le diagnostic comprend l'examen du tronc cœliaque par échographie duplex, échographie à codage couleur et échographie Doppler pour évaluer le flux sanguin et le rétrécissement. Une angiographie par tomodensitométrie ou IRM en inspiration et en expiration permet de confirmer la présence du rétrécissement typique. Ce n'est qu'en établissant une corrélation entre les symptômes et le rétrécissement qu'un diagnostic cliniquement pertinent peut être posé. Le diagnostic sert également à la planification chirurgicale, par exemple pour visualiser le tronc cœliaque par échographie duplex et évaluer l'atteinte du plexus nerveux.
Quelles complications peuvent survenir ?
Sans traitement, un syndrome de compression du tronc cœliaque cliniquement significatif peut entraîner des douleurs chroniques, une malnutrition ou des troubles fonctionnels tels qu'une gastroparésie. Des complications vasculaires, telles qu'une réduction marquée du flux sanguin ou des irritations du plexus cœliaque, surviennent rarement. Après l'opération, les complications sont rares et comprennent la formation de cicatrices, de nouveaux rétrécissements ou des troubles dans la région abdominale.
Quel traitement est considéré comme efficace dans le syndrome de Dunbar ?
Le traitement consiste en une section chirurgicale du ligament responsable de la sténose, généralement réalisée par laparoscopie, et est considéré comme un traitement de première intention. L'objectif est d'obtenir une décompression durable et une amélioration du flux sanguin au niveau du tronc cœliaque et des tissus environnants. Dans certains cas, la pose d'un stent peut s'avérer nécessaire si un rétrécissement vasculaire important persiste malgré la suppression de la compression. L'intervention peut être réalisée par laparotomie ou par chirurgie mini-invasive, en fonction de l'anatomie et des antécédents médicaux.
Quelles sont les chances de succès après une opération ?
Le pronostic est très bon : dans 60 à 90 % des cas, les patients rapportent une disparition significative ou totale des symptômes. Il est important de procéder à des contrôles par échographie Doppler afin de détecter précocement une nouvelle sténose. Une récidive est rare, mais elle survient parfois en cas de tissu cicatriciel important ou d’irritations neurogènes du plexus. Dans l’ensemble, cette procédure est considérée comme un traitement sûr et efficace du syndrome de compression de l’artère cœliaque.
Qu'est-ce que le syndrome de Harjola-Marable ?
Le syndrome de Harjola-Marable est une autre appellation du syndrome de Dunbar et décrit le même tableau clinique. Ce terme est particulièrement utilisé dans la littérature internationale et met l'accent sur le lien entre la compression due au syndrome du ligament arqué et les symptômes typiques dans la région épigastrique.
