La phlébographie est un examen d'imagerie radiologique des veines des bras et des jambes. Elle permet au médecin d'évaluer le système veineux superficiel et profond. Il peut ainsi vérifier leur circulation et détecter des signes de pathologies. Le texte suivant explique ce qu'est la phlébographie, comment elle est réalisée et quelles maladies elle permet de diagnostiquer.
Vous trouverez ici des informations complémentaires ainsi qu'une sélection de spécialistes en phlébographie.
Qu'est-ce qu'une phlébographie ?
Une phlébographie est un examen radiologique permettant de diagnostiquer des maladies veineuses. Elle relève du domaine de la radiologie. « Phlébos » signifie « relatif aux veines » et « graphie » signifie « représentation ».
Pour une meilleure visualisation, un produit de contraste est administré avant la radiographie. La phlébographie permet aux médecins
- les veines des bras et des jambes ainsi que
- la veine cave de la cavité abdominale ou du haut du corps
. Ce dernier cas est toutefois plutôt rare. Cette technique permet de bien visualiser les veines. Elle permet ainsi de mieux évaluer s’il
La phlébographie est utilisée en phlébologie.
Que signifie la phlébologie ?
La phlébologie est la « science des maladies des veines ». La « phlébologie » est une mention complémentaire au titre de médecin spécialiste. Elle indique que le médecin concerné a suivi une formation complémentaire en phlébologie.
Les médecins spécialistes en médecine générale, en chirurgie ou en dermatologie peuvent obtenir cette mention complémentaire.
Quelles sont les indications d’une phlébographie ?
La phlébographie permet de visualiser les veines avec une telle précision que
- les obstructions (thromboses)
- des fuites et des reflux (varices) ou
- des dilatations (anévrismes)
. Cet examen peut par exemple être réalisé en complément d'une tomodensitométrie, d'une angiographie par résonance magnétique ou d'une échographie. Il arrive parfois, bien que rarement, que ces techniques ne soient pas suffisamment concluantes. Dans ce cas, une phlébographie peut s'avérer utile.
La phlébographie est généralement réalisée en cas de suspicion de maladie veineuse ou d’obstruction du flux sanguin.
Mais l'implantation d'un stimulateur cardiaque ou d'une dérivation de dialyse nécessite également une connaissance précise des conditions de drainage veineux. Une phlébographie des veines du bras peut permettre de préparer ces interventions.
Il arrive parfois que le résultat de l'examen d'imagerie veineuse nécessite des examens complémentaires. Citons par exemple une analyse sanguine en laboratoire. Si aucune cause veineuse n'explique la présence d'un caillot sanguin, certaines caractéristiques du sang peuvent en être responsables.
De même, une tomodensitométrie complémentaire peut être recommandée. Elle permet de visualiser les zones veineuses en aval, telles que les veines pelviennes.

Une phlébographie permet de visualiser les valvules veineuses défaillantes qui entraînent des varices © Solarisys | AdobeStock
Comment se déroule une phlébographie ?
Une radiographie classique ne permet pas de distinguer suffisamment clairement les veines des tissus environnants. Un produit de contraste iodé injecté dans la veine améliore la visualisation de celle-ci.
L'examen se déroule en position allongée. Le produit de contraste est injecté dans la veine à l'aide d'une fine aiguille, par le dos de la main ou du pied. À cet effet, comme lors d'une prise de sang, on applique un garrot, un bandage compressif ou un brassard afin que les veines se remplissent et que le produit de contraste injecté lentement s'accumule d'abord dans les zones veineuses profondes avant de se répartir dans les veines superficielles et de drainage. Un appareil de radiographie permet de visualiser le flux du produit de contraste.
L'examen est à peine douloureux et, sur ce point, comparable à une injection classique. Une sensation de tension ou une légère douleur peuvent apparaître, mais elles disparaissent rapidement.
Pendant la phlébographie, le patient est invité à effectuer certains exercices de respiration. Cela permet de détecter d'éventuels dysfonctionnements des valvules veineuses.
Cette technique d'examen est également bien adaptée à la documentation de l'extrémité à différents stades de mouvement et dans différentes positions du patient.
Une phlébographie dure en moyenne 5 à 10 minutes, mais peut parfois prendre 15 à 20 minutes. Le dernier repas, boissons comprises, doit remonter à 2 à 4 heures.
Que se passe-t-il après la phlébographie ?
La phlébographie est réalisée en ambulatoire. À l'issue de l'examen, le patient doit bouger abondamment le membre examiné – bras ou jambe – et boire beaucoup. Cela accélère l'élimination et l'excrétion du produit de contraste administré.
Votre médecin vous indiquera si un examen de suivi est nécessaire et dans quelle mesure.
Quels sont les risques liés à une phlébographie ?
La phlébographie fait partie des examens médicaux de routine. Son utilisation est donc bien éprouvée. L'examen comporte toutefois quelques effets secondaires et risques :
- des saignements peuvent survenir au niveau du site de ponction, ou une cicatrice peut apparaître par la suite
- une infection peut rarement survenir
- lors de l'injection, la paroi veineuse peut être perforée accidentellement
- le produit de contraste injecté peut provoquer une sensation de chaleur passagère dans le corps.
- Comme pour tous les examens radiologiques, il y a ici aussi une exposition aux rayons X.
- De plus, le produit de contraste sollicite les reins.
La phlébographie n'est pas possible chez certains patients. Les contre-indications peuvent être liées à des caractéristiques physiques particulières ou à certaines maladies antérieures. Voici quelques exemples de contre-indications :
- Intolérance au produit de contraste (ou allergie à l'iode)
- Stase lymphatique chronique
- hyperthyroïdie
- inflammations aiguës au niveau du pied ou de la jambe, ainsi que dans la région de l'épaule et du bras, et
- en cas de grossesse avérée ou probable.
Le produit de contraste sollicite les reins. C'est pourquoi les patients souffrant d'une maladie rénale doivent se renseigner auprès de leur médecin traitant sur les risques individuels.
Une analyse de sang complémentaire visant à contrôler les fonctions rénales et thyroïdiennes est recommandée.
Lors d'un entretien d'information, le médecin discute avec le patient des détails de l'examen. Cela inclut également la discussion des risques éventuels. Apportez à ce rendez-vous
- les résultats d'examens éventuellement pertinents ainsi que
- les coordonnées des autres médecins qui vous traitent
. Un tel entretien préliminaire approfondi permet d’écarter en grande partie les risques éventuels.
Autrefois, les personnes présentant une intolérance aux produits de contraste pouvaient parfois subir des chocs allergiques accompagnés de difficultés respiratoires et de problèmes circulatoires. De nos jours, cela n’arrive plus que très rarement. Les produits de contraste radiographiques couramment utilisés aujourd’hui sont mieux tolérés.
De plus, une dose de produit de contraste plus faible qu'auparavant suffit aujourd'hui pour obtenir une image de bonne qualité.
Existe-t-il des alternatives à la phlébographie ?
Certaines personnes doivent renoncer à la phlébographie pour des raisons de santé. Elles peuvent alors recourir à d'autres méthodes d'examen veineux sans rayonnement.
Les alternatives bien adaptées à la phlébographie sont
- l'échographie sous forme de doppler couleur ou de doppler duplex, ainsi que
- l'imagerie par résonance magnétique (IRM) et
- la tomodensitométrie (TDM).
Les conditions requises pour les examens veineux sont très individuelles. C'est pourquoi les médecins traitants décident quelle méthode d'examen alternative est la plus prometteuse dans chaque cas.
Quelles sont les chances de réussite du traitement ?
Le succès d'une phlébographie dépend des résultats obtenus lors de cet examen veineux et du traitement qui en découle.
La phlébographie permet ainsi de confirmer ou d'écarter une suspicion de thrombose. En conséquence, le médecin retire le caillot sanguin détecté ou recherche une autre cause aux symptômes.
De même, cette méthode d'examen, réalisée à plusieurs reprises, permet de contrôler l'évolution d'un traitement de la thrombose. En cas d'opération prévue des varices, la radiographie documente l'état des veines et facilite la planification de l'intervention.
Conclusion
La phlébographie est une technique d'imagerie informative et généralement bien tolérée. Cependant, elle nécessite une ponction veineuse et l'injection d'un produit de contraste iodé, ce qui comporte des risques et présente de nombreuses contre-indications. C'est pourquoi on privilégie aujourd'hui l'échographie, qui permet de répondre à la plupart des questions phlébologiques. Dans de rares cas, on a recours à la tomodensitométrie. La phlébographie, autrefois plus courante, n'est aujourd'hui utilisée que dans des cas exceptionnels.
