Parmi les principales affections de la sclère, on compte surtout les modifications inflammatoires, en particulier la sclérite et l’épisclérite. Alors que l’épisclérite est généralement bénigne, la sclérite est une inflammation grave qui peut s’accompagner de symptômes plus sévères et de complications.
Ces deux pathologies sont souvent liées à des processus inflammatoires généraux et à des maladies systémiques sous-jacentes.
Vous trouverez ci-dessous de plus amples informations ainsi qu’une sélection de spécialistes des maladies de la sclère.
Définition
La sclère fait partie de la membrane externe de l'œil et recouvre environ 80 % du globe oculaire. Elle est constituée de tissu conjonctif ferme et confère à l'œil sa stabilité. Elle protège également les structures sous-jacentes contre les agressions mécaniques. Les muscles oculaires externes s'y attachent, permettant ainsi la mobilité de l'œil dans l'orbite.
L'épaisseur de la sclère varie entre 0,4 et 1,2 millimètre selon la zone. Elle est particulièrement marquée à l'arrière du globe oculaire, là où le nerf optique en sort. À l'avant, la sclère se prolonge par la cornée, qui joue un rôle central dans la réfraction de la lumière. Cette proximité anatomique explique également pourquoi les processus inflammatoires de la membrane externe de l'œil doivent être soigneusement évalués.

La sclère est l'enveloppe externe de l'œil. Elle peut être touchée par des blessures et des inflammations © bilderzwerg | AdobeStock
Causes et facteurs de risque
Les maladies de la sclère sont principalement d’origine inflammatoire. On compte notamment la sclérite, une inflammation profonde, et l’épisclérite, une forme superficielle. Ces lésions sont rarement d’origine exclusivement locale. Elles se développent souvent en lien avec des maladies systémiques qui, au cours de leur évolution, touchent également la sclère.
Parmi les causes principales figurent les maladies auto-immunes et les processus inflammatoires chroniques. On peut citer par exemple les rhumatismes, la goutte, les collagénoses ou les inflammations vasculaires. Des infections peuvent également être en cause, par exemple la syphilis, le zona ou la borréliose.
C'est surtout dans le cas de la sclérite que la recherche de la cause sous-jacente joue un rôle important, car le traitement en dépend largement.
Dans le cas de l'épisclérite, la cause concrète reste souvent incertaine. Bien qu'elle survienne parfois en association avec des maladies sous-jacentes, elle est souvent observée sans facteur déclenchant clairement identifiable. Elle se caractérise généralement par des récidives à intervalles assez espacés.
Outre les causes inflammatoires, la sclère peut également être touchée par des blessures, par exemple suite à des accidents. Une coloration jaunâtre de la sclère peut également apparaître dans le cadre d’une jaunisse (ictère), sans qu’il y ait nécessairement d’inflammation primaire.
Symptômes
Les symptômes diffèrent nettement entre l'épisclérite et la sclérite.
Sclérite
La sclérite peut se manifester de manière circonscrite, c'est-à-dire localisée, ou diffuse, c'est-à-dire étendue, au niveau de la sclère. Cette inflammation entraîne souvent des complications et évolue de manière chronique. L'âge moyen des personnes touchées est de 52 ans.
La cause précise est généralement difficile à déterminer. Une sclérite survient toutefois en lien avec des inflammations chroniques dans le cadre de certaines maladies ou infections.
Le plus souvent, le foyer inflammatoire se situe dans la partie antérieure de la sclère. Seuls 5 % des cas présentent une localisation postérieure dans la sclère.
Le traitement de cette affection consiste en premier lieu à traiter la maladie sous-jacente, généralement à l'aide de médicaments anti-inflammatoires.
Des complications peuvent survenir en raison
- la réapparition de la maladie (fort taux de récidive) et
- la destruction de la sclère (nécrose).
Épisclérite
L'épisclérite est une inflammation de l'épisclère, une structure située entre la sclère et la conjonctive. Elle peut
- diffuse,
- localisée à certains secteurs ou
- nodulaire
dans la sclère de l'œil.
Les causes de cette affection de la membrane externe de l'œil sont généralement inconnues. Elle survient le plus souvent en association avec d'autres maladies sous-jacentes ou des processus inflammatoires. Les patients sont généralement âgés de 40 à 60 ans.
L'épisclérite touche la sclère à intervalles réguliers, les périodes d'intervalle pouvant être très longues. Contrairement à la sclérite, elle n'entraîne que rarement des complications.
Diagnostic
Le diagnostic commence par un examen ophtalmologique approfondi. En ophtalmologie, il est avant tout déterminant de savoir s’il s’agit d’une épisclérite superficielle ou d’une sclérite plus profonde.
La description des symptômes fournit déjà des indications importantes. Une légère irritation et une rougeur limitée suggèrent plutôt une épisclérite. Des douleurs intenses et des signes d’inflammation profonds suggèrent plutôt une sclérite.
L'examen permet d'évaluer l'étendue et la localisation de la rougeur, ainsi que d'éventuelles altérations associées. Il est également important de déterminer s'il existe une maladie sous-jacente. C'est pourquoi, selon les soupçons, un examen complémentaire en médecine interne ou en rhumatologie peut s'avérer nécessaire.
En cas d'inflammations récurrentes ou prononcées, une évaluation purement locale ne suffit pas. Il est essentiel de distinguer clairement cette affection d'autres causes de rougeur oculaire. Toutes les rougeurs ne sont pas bénignes : en cas de douleurs intenses, de photophobie ou de baisse de la vision, il faut toujours envisager une inflammation grave de la sclère.
Traitement
Le traitement dépend du type, de l'étendue et de la cause de l'inflammation. En cas d'épisclérite, un traitement symptomatique suffit souvent, car cette affection est généralement spontanément résolutive. L'objectif est avant tout de soulager les symptômes et de surveiller l'évolution. Comme la maladie peut récidiver, il convient, en cas d'épisodes fréquents, de vérifier s'il existe un lien avec des maladies inflammatoires sous-jacentes.
La sclérite nécessite généralement un traitement plus intensif. La priorité est donnée au traitement de la maladie sous-jacente, dans la mesure où celle-ci est identifiée. Des médicaments anti-inflammatoires sont utilisés en complément. En cas de causes infectieuses, un traitement ciblé de l'agent pathogène est nécessaire.
C'est précisément dans les cas chroniques et graves qu'une prise en charge interdisciplinaire est recommandée, afin de traiter de manière appropriée tant l'inflammation locale que la cause systémique.
Évolution
L'épisclérite a généralement une évolution favorable ; elle disparaît souvent en peu de temps et entraîne rarement des complications. Elle peut toutefois réapparaître à intervalles réguliers. Les périodes sans symptômes peuvent être longues.
La sclérite, en revanche, a souvent une évolution plus grave. Elle peut devenir chronique, réapparaître à plusieurs reprises et, dans les cas graves, entraîner une destruction des tissus. Les formes chroniques sont particulièrement problématiques.
C'est aussi pour cette raison qu'un diagnostic précoce est important : plus la cause sous-jacente est identifiée et traitée rapidement, plus il est possible d'influencer favorablement l'évolution de la maladie.
En résumé, l'épisclérite est généralement la forme la plus bénigne, tandis que la sclérite est nettement plus grave. Des symptômes récurrents, des douleurs intenses ou une détérioration de la vision doivent toujours faire l'objet d'un examen rapide.
Spécialistes
Les interlocuteurs pour les maladies dans ce domaine sont principalement les ophtalmologues ayant de l'expérience dans les lésions inflammatoires de la membrane externe de l'œil. En cas de suspicion de sclérite ou d'une maladie systémique sous-jacente, une collaboration avec d'autres spécialités est souvent utile ; par exemple la rhumatologie, la médecine interne ou l'infectiologie.
Il est particulièrement important pour les personnes concernées de consulter un spécialiste lorsque les symptômes sont intenses, récurrents ou qu'ils altèrent la vision. Cela permet de distinguer à un stade précoce s'il s'agit d'une épisclérite relativement bénigne ou d'une inflammation de la sclère nécessitant un traitement.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la sclère de l'œil ?
La sclère est l'enveloppe externe solide du globe oculaire. Elle forme la partie blanche visible de l'œil et assure sa stabilité.
Quelle est la différence entre l'épisclérite et la sclérite ?
L'épisclérite touche la couche superficielle située entre la conjonctive et la sclère et son évolution est généralement bénigne. La sclérite est une inflammation plus profonde, accompagnée de douleurs plus intenses et présentant un risque de complications plus élevé.
Quelles sont les causes des inflammations de la sclère ?
Les causes possibles sont les maladies auto-immunes, les maladies rhumatismales, les infections ou d'autres maladies inflammatoires sous-jacentes. Dans le cas de l'épisclérite, la cause reste souvent incertaine.
Quels sont les symptômes typiques ?
Les symptômes typiques sont des rougeurs, une sensation d'irritation et de pression, ainsi qu'un larmoiement. Dans le cas de la sclérite, on observe souvent des douleurs intenses, une sensibilité à la lumière et parfois une détérioration de la vision.
Quand faut-il consulter pour un œil rouge ?
Un œil rouge doit faire l'objet d'un examen médical, en particulier en cas de douleurs intenses, d'inflammations récurrentes ou de baisse de la vision.
Comment traite-t-on les maladies de la sclère ?
Le traitement dépend de la cause et de la gravité. L'épisclérite est généralement traitée de manière symptomatique, tandis que la sclérite nécessite souvent un traitement ciblé de la maladie sous-jacente.
Partager l’article
