En principe, on distingue deux types d'iléus selon leurs causes : l'iléus paralytique et l'iléus mécanique.
Dans le cas d'un iléus mécanique, un obstacle externe ou interne entrave partiellement ou totalement le transit intestinal naturel. L'intestin grêle est nettement plus souvent touché que le côlon. Les facteurs pouvant déclencher un iléus mécanique sont les suivants :

On parle d'occlusion intestinale mécanique en cas d'obstruction intestinale © psdesign1 / Fotolia
En revanche, l'iléus paralytique est un trouble fonctionnel et non structurel. Le transit intestinal s'arrête alors en raison d'un manque de mouvements intestinaux. Cette absence de péristaltisme intestinal peut par exemple être la conséquence d'occlusions vasculaires.
L'occlusion aiguë d'un vaisseau irriguant l'intestin est également appelée « infarctus mésentérique » par les médecins. Une telle occlusion mésentérique touche généralement les personnes âgées souffrant de maladies cardiovasculaires.
Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin, telles que la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse, peuvent également provoquer un iléus paralytique. Il en va de même pour certains médicaments, comme les antidépresseurs ou les opiacés, ainsi que pour diverses toxines. Les toxines peuvent par exemple être excrétées par des agents pathogènes responsables de maladies diarrhéiques.
Un iléus paralytique d'origine réflexe peut être provoqué par
.
Des troubles de l'équilibre électrolytique ou des maladies rénales graves peuvent également entraîner une paralysie de la musculature intestinale.
Dans le cas d'un iléus paralytique, certaines parties de l'intestin sont complètement paralysées, de sorte qu'il n'y a aucun signe de motilité intestinale. Aucun bruit intestinal n'est audible et l'intestin est en outre fortement distendu.
Si l'occlusion intestinale entraîne une péritonite, la paroi abdominale est dure et nettement sensible à la pression. On parle alors d’abdomen en tambour. Outre des douleurs diffuses dans la cavité abdominale, les patients souffrent également de hoquet. En revanche, il n’y a ni selles ni flatulences. À un stade plus avancé de la maladie, des vomissements en jet viennent s’ajouter.
En cas d'occlusion intestinale mécanique, l'intestin présente en revanche plutôt une hyperactivité. L'hyperpéristaltisme vise à faire passer le bol alimentaire au-delà du rétrécissement intestinal. Pour le patient, cela se traduit par des douleurs de type colique.
À l'auscultation au stéthoscope, le médecin peut percevoir
- des bruits
- sifflants
- sifflants
au niveau de l'occlusion.
L'obstruction intestinale entraîne une accumulation accrue de gaz, ce qui donne un aspect gonflé à l'abdomen. Les gaz intestinaux ne pouvant toutefois pas s'échapper, il en résulte une occlusion fécale et une occlusion gazeuse.
De fortes nausées et des vomissements importants font également partie des symptômes caractéristiques d'un iléus mécanique.
En cas de suspicion d'occlusion intestinale, le médecin demande, lors de l'examen des antécédents médicaux (anamnèse),
- la localisation exacte de la douleur,
- la dernière selle et
- les éventuels facteurs déclenchants, tels que des opérations ou des maladies sous-jacentes.
L'auscultation, au cours de laquelle le médecin écoute l'abdomen à l'aide d'un stéthoscope, fournit d'autres indices d'un iléus.
En cas d’iléus mécanique, on entend des bruits de cliquetis ou de gémissements, tandis qu’en cas d’iléus paralytique, aucun bruit intestinal n’est perceptible. Les médecins appellent cet état le « silence de mort dans l’abdomen ».
L'occlusion intestinale peut également être diagnostiquée à l'aide de radiographies. Quelques heures seulement après l'apparition de la maladie, on observe déjà des anses intestinales distendues. Si l'occlusion se situe dans le côlon, un examen radiographique avec produit de contraste peut également être réalisé. Le produit de contraste est introduit dans l'intestin par lavement.
La localisation précise de l'occlusion intestinale est possible par échographie. Celle-ci permet de visualiser aussi bien de grandes quantités de gaz que des accumulations de liquide.
Si le diagnostic ne peut pas encore être établi avec certitude après ces examens, la tomodensitométrie spiralée apporte des éclaircissements.
Une occlusion intestinale est toujours potentiellement mortelle et nécessite donc un traitement médical d'urgence. Le type de traitement dépend à la fois de la cause et de la localisation exacte de l'occlusion intestinale.
Afin de réduire la pression dans l'intestin, une sonde intestinale est introduite dans l'intestin du patient par la bouche. Ce petit tube spécial, relié à une pompe d'aspiration, permet d'évacuer le bol alimentaire accumulé.
En cas d’iléus paralytique, un lavement permet souvent de stimuler le transit intestinal.
Pour que le bol alimentaire puisse à nouveau passer dans l'intestin, l'obstacle qui provoque l'occlusion doit être retiré chirurgicalement en cas d'iléus mécanique. Les tissus intestinaux nécrosés sont également retirés lors de l'opération. Les segments intestinaux sains sont ensuite reconnectés entre eux.
Si l'iléus dure plus de quelques heures, le médecin administre en outre des antibiotiques. Il prévient ainsi une inflammation de la cavité abdominale ou une septicémie d'origine bactérienne.
Le pronostic est le plus favorable en cas d'iléus mécanique provoqué par un événement bénin. Si l'occlusion intestinale mécanique persiste, elle peut toutefois évoluer vers un iléus paralytique.
C'est pourquoi un diagnostic rapide suivi d'un traitement précoce est très important. En effet, plus le diagnostic est posé tôt, plus le pronostic est favorable.
En revanche, une occlusion intestinale non traitée peut entraîner de graves complications. Le contenu intestinal peut ainsi percer la paroi intestinale et se répandre dans la cavité abdominale. Cela conduit généralement à une grave inflammation du péritoine, qui peut se propager dans tout le corps (septicémie).
En cas d'occlusion, ce n'est pas seulement le transport des aliments qui est limité. La fonction d'absorption de l'organe est également altérée. La perte de liquide et d'électrolytes peut ainsi entraîner un choc circulatoire. Le manque d'électrolytes peut également perturber la conduction cardiaque et entraîner des troubles du rythme cardiaque.